LE PRIX DU SANG 5W
« Je ne cesserai de former des vœux pour la continua* tion du bonheur de vos jours.
« J'ai l'honneur, etc.
Signé : « La Morlière1. »
La Révolution éclate. La Morlière ne songe plus à solliciter la Du Barry. Il prête tous les serments civiques possibles et désirables. Il méprise bruyamment la corruption de l'ancienne Cour, il exalte les immortels principes; aussi est-il nommé commandant en chef de l'armée du Rhin le 1er juin 1792; commandant de la 15e division le 48 septembre suivant.
Il fut admis au traitement de réforme le ⣠.pluviôse an VI (11 février 1798) et mourut en 1799 : une belle carrière, bien remplie et qui peut être proposée en Modèle aux bons citoyens.
La carrière de Fischer fut plus honorable.
Durant la guerre de Sept ans, il fit les campagnes d'Allemagne, où il fut chargé de diriger le service des espions, sans doute à cause de sa connaissance de la langue allemande. En 1762, un de ses gens le trahit auprès du prince Ferdinand, ce qui occasionna à l'armée française un revers sensible. Les maréchaux d'Estrée et de Soubise lui en firent des reproches violents. Ils allèrent jusqu'à l'accuser de trahison. Sa vie entière avait été celle d'un soldat, remplie par l'accomplissement du devoir. L'affront lui fut si rude qu'il en tomba malade et en mourut passés quelques jours *.