Archives de la Haute-Savoie, E 97. Ducis, p
ménager, à lui et aux siens, la sympathie des habitants et du gouvernement de la Savoie. En janvier 1737, Piémontais, Didier (qui avait été son second lors de l'assassinat de Le Roux de La Motte), Maréchal et quelques autres, défendirent le Pont-de-Beauvoisin, contre Claude Mandrin et ses adhérents qui y voulaient mettre le feu et piller les entrepôts *, Par ces faits, et par d'autres, on voit oe qu'avait été Louis Mandrin, du moins on voit ce que devinrent les contrebandiers du jour où il ne fut plus au milieu d'eux pour les diriger. Le 26 juin 1756, Piémontais en tète, les compagnons dévalisèrent le château de Chenereilles, près Montbrison, extorquant au propriétaire, M. de Groseiller, 40 louis d'or, pillant son argenterie, ses armes et son linge2. Chez un notaire de Valbonnais, ils enlevèrent des tasses d'argent, une croix en or, des boucles d'oreille3.
Ce6 bandes ont beau s'intituler oc les enfants de .Mandrin », porter un étendard avec le portrait du fameux contrebandier et cette devise : a Audacia, fortitudo, libertas » — déjà la devise de Danton; — ils ont beau donner aux receveurs des Fermes et aux buralistes des reçus semblables à ceux que Mandrin a rendus célèbres, et les sceller jnâme d'un cachet de cire rouge représentant une tète de mort4, — ce sont des enfants dégénérés.
Antoine Mandrin arrive dans la nuit du 3 au i mai i 759 chez M. Joseph Rendu, notaire collégial à Lancrans (près de Gex), qui cumulait les fonctions de notaire et celles de
1. Mémoire (11 ianv. 1757) du receveur des gabelles du Pont-de-Beauvoisin, part de Savoie, sur l'attaque à main armée opérée par Claude Mandrin le 8 janvier 1737. Archives de la Savoie G 662. — Crettet, commis au bureau des tabacs du Pont-de-Beauvoisin, à Dufraisse, son parent, lOjanv. 1757. Ibid.
2. Lettres aux fermiers généraux. 17,20 21 juill. 1756. Archives du Rhône G 213, f. 7.