‹ MandrinChapitre 240 sur 266 · Ducis, p · texte numérisé non relu

Ducis, p

commis des douanes. Antoine Mandrin lui met le pistolet sous la gorge : « Il n'est plus question de tabac, lui dit-il, il nous faut mille livres ou la vie1. » C'est l'esprit nouveau. Il paratt cependant qu'Antoine Mandrin avait conservé quelque chose des formes élégantes de son frère aîné. « II avait bonne grâce en parlant, dit Joseph Rendu dans son « plaintif » et c'est avec la même bonne grâce qu'il m'a volé2 ».

La femme du notaire, nommée Claudine, n'a pas laissé d'accourir et malgré l'heure indue — deux heures du matin, — elle a considéré le bandit avec attention. La description qu'elle en fait est empreinte d'une évidente sympathie :

« Antoine Mandrin, dit-elle, est un homme d'environ 5 pieds et demi, les épaules larges, hautes et carrées ; cheveux d'un blond ardent, attachés avec un ruban rouge, le visage large et plein, un peu plat, le nez relevé et large ; les yeux bleus et couverts, les sourcils fort épais, de la même couleur que les cheveux, aussi bien que la barbe, avec quelques rousseurs dans le visage. »

Antoine Mandrin et son frère atné, Louis, avaient visiblement un air de famille.

La dame poursuit : « Il n'avait rien d'affreux dans la physionomie et une voix douce et la bouche riante en parlant. »

Oui, Madame, il était charmant.

Claudine Rendu a également examiné son costume : « Il était vêtu d'un drap tirant sur le fauve foncé. Une veste de drap blanc à la bavaroise, laquelle était fort courte, sur laquelle il avait une ceinture de buffle, à laquelle il y avait un sabre courbe à poignée jaune et plusieurs pistolets11. »

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