‹ MandrinChapitre 241 sur 266 · Ducis, p. il · texte numérisé non relu

Ducis, p. il

3. Déposition de Claudine Rendu. Archives de la Haute-Savoie, E 97.

À en croire le Mercure historique S Marianne Mandrin» qm avait été la sœur préférée de Louis* aurait fait, elle aussi, de la contrebande armée et aurait commandé la bande qui, le 2ë avril 1757, dévalisa l'abbaye de la Grâce-Dieu en Bourgogne. Le fait est très douteux. Le rapport de l'intendant de Bourgogne, du 4 mai 1757, qui relate l'événement avec détail, ne parle pas de Marianne1, non plus que M. de Chaignon, correspondant en Suisse du ministre -des affaires étrangères français. C'est de Suisse que les contrebandiers étaient partis et ilfr y retournèrent après l'expédition-*.

En juillet 1*755, peu après le supplice de son frère Louis, Marianne avait épousé l'un des principaux de la bande, Jacques Delaucourt, dit Coconnier. Celui-ci était alors un homme de trente-trois ans. Marianne en avait vingt-deux. Il était originaire de la paroisse de laBeauche, à une lieue des Échelles en Savoie. Les signalements le représentent comme un bel homme, aux longs cheveux noirs, à la barbe fournie. H était un des plus riches parmi les contrebandiers, sa fortune étant estimée à 30 000 livres. Marianne, de son côté, lui apportait les biens laissés en Savoie par son frère Louis4.

Aussi ne doit-on pas s'étonner de l'éclat que les contrebandiers voulurent donner à ce mariage. Une lettre, en date du 10 juillet 1755, de M. de Saraceny, officier du roi de Sardaigne, commandant aux Échelles, fait voir les plus importants de nos compagnons, Broc, Manot, Jaussaud dit l'Associé, Saint-Pierre l'aîné, Pélegrin et autres, arrivant de divers côtés pour <c la noce de la Mandrin qui est ici

1. Le Mercure historique et politique, juin 1757, nouvelles de France, lettre de Paris, p. 442.

Page 1