Delahante, I
2. Paul Boiteau, Etat de la France en 1789, * éd. 1889, p. 415.
de Paris, sans pousser un profond soupir : « Je voudrais pouce voir renverser cette immense et infernale machine qui saisit « à la gorge chaque citoyen. La Ferme est l'épouvantai! qui « comprime tous les desseins hardis et généreux. » Il termine par le vœu que la Révolution commençante puisse ruiner ce « corps financier, auteur de tant de maux et de tant de désordres ». En ses Nuits de Paris, Restif de la Bretonne s'exprime en termes identiques1.
Parmi les premiers pamphlets révolutionnaires, on trouve les plus virulentes attaques contre nos financiers. Le Don patriotique des fermiers généraux les passe successivement en revue : La Borde, « qui bâtit des palais plus magnifiques que ceux du Souverain » ; Delahante, « qui promène ses maîtresses dans des chars aussi superbes que ceux d'un triomphateur »; Lavoisier (l'illustre chimiste), <c qui possède une loge à tous les spectacles » ; Puissant, « chez qui l'on joue la comédie » ; Verdun, <c qui entretient une vingtaine de demoiselles »; Le Bas de Courmont, « de qui la table surpasse en délicatesse et en abondance celle des Apicius et des Vitellius ». Le pamphlet se résumait en ces mots : « Le financier doit prendre, le peuple doit payer, c'est l'ordre éternel des choses. »
Les employés mêmes des Fermes, de qui Goudar exprimait, dès 1755, en termes si pittoresques, les griefs et les doléances, joignaient leurs voix aux imprécations publiques : « Où trouver des mattres plus cruels? Ah ! s'il nous était possible de feuilleter les comptes fournis au gouvernement par les Fermes, que de mystères inconnus à l'État seraient révélés ! »
A l'usage des fermiers généraux on inventait un ingénieux néologisme :