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Nuits de Paris, p

<t Tremblez, leur criait-on, vous qui avez sangsuré les malheureux ! »

Le mot fit fortune et, dans les années qui vont suivre, il ne cessera de retentir.

On sait que les premières émeutes révolutionnaires furent dirigées contre les octrois de Paris. Les recettes de la Ferme furent pillées, les registres furent lacérés. <c Le 14 juillet, écrit Arnault, j'arrive à la barrière de la Conférence : elle était en feu. Le peuple s'amusait à brûler les bureaux et les registres des commis, faute de pouvoir les brûler eux-mêmes1. »

Dès le 5 mai 1789, les trois ordres réunis, clergé, noblesse, Tiers-Etat, avaient demandé l'abolition de la Ferme, et, le 23 septembre 1789, fut aboli le tribunal d'exception, la Commission de Valence, que Louis XV avait eu la faiblesse d'accorder aux financiers ; enfin l'institution des Fermes elle* même fut difinitivement supprimée par l'Assemblée constituante le 20 mars 1791. La liquidation en fut confiée à six des anciens titulaires : Delaage, Saint-Amand, Delahante, Puissant, Couturier et Bracde la Perrière. On supposait aux fermiers généraux des fortunes fabuleuses.

La Convention succède à la Législative. On sait l'esprit dont elle était animée. Le 26 février 1793, Carra propose la nomination d'une commission chargée de rechercher les crimes et délits commis par les financiers au préjudice de l'Etat. « Pourquoi la nation, s'écrie-t-il, ne prendrait-elle pas sa fortune dans les mains de ceux qui l'ont dilapidée? » Il rappelait la chambre de justice de 1716 contre les financiers voleurs des deniers publics; il rappelait les ordonnances

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