‹ MandrinChapitre 26 sur 266 · Mémoire de Fontanieu, Bibl. nat., ms. fr · texte numérisé non relu

Mémoire de Fontanieu, Bibl. nat., ms. fr

6. Mémoire du colonel de la Morlière au ministre de la guerre, s. d. (mai 1755), A. G., ms. 3 406, n* 239.

les sociétés formées pour le développement de leurs entreprises1.

Le gouvernement publiait des ordonnances pour enjoindre aux habitants des villes et des villages « de sonnerie tocsin » à l'approche des margandiers et de « leur courre sus comme à des ennemis8 ». Voilà des ordonnances qui étaient bien reçues ! « Tous ces contrebandiers sont protégés dans le pays, où ils versent des sommes considérables », lisons-nous dans une lettre émanant de l'Intendance du Dauphiné (7 décembre 1724) 8. ce II n'est point de village, écrit Fontanieu (intendant du Dauphiné), qui puisse entreprendre d'arrêter les contrebandiers, ni leur refuser retraite... outre qu'on ne doit pas cacher que tout le pays est pour eux*. » Les troupes mises en ligne contre les margandiers sympathisaient avec leurs adversaires. « Le soldat, écrit Fontanieu, favoriserait le contrebandier s'il n'était contenu, parce qu'il pense comme le peuple. »

En devenant permanente sur la frontière du Sud-Est, la contrebande en était arrivée à se donner une organisation ferme et précise, qui avait de singuliers rapports avec celle des célèbres flibustiers du Nouveau Monde, les grands flibustiers français qui remplirent le xvii0 siècle de leurs exploits tumultueux ; non que flibustiers et contrebandiers se fussent fait mutuellement des emprunts, mais parce que des condi-

1. La Morlière au ministre de la guerre, 23 mai 1755. A. G.y ms. 3406, n* 261.

2. Lettre de Marcieu, gouverneur du Dauphiné (1754, 30 nov.,) publ. par Simian, Revue des Alpes, 21 avr. 1860, p. 340.

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