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L' An ti- financier, p

LES GAPIANS 55

C'est une chanson du Forez.

On disait aussi « gabian ».

Le gâpian est un oiseau de mer, goéland ou courlis, qui, planant dans les airs, semble veiller sur les côtes, en scruter les moindres criques, les calangues, le creux des rochers1.

Aujourd'hui le peuple dit « les gabelous ».

Ainsi, selon l'observation de Necker, s'était développée dans le pays une véritable guerre civile, devenue permanente, entre gâpians et contrebandiers.

Vingt-quatre mille gâpians! Us étaient commandés par des capitaines, en partie d'anciens officiers; bien que ceux-ci montrassent de la répugnance à se mettre au service des financiers. Il fallait leur offrir une forte solde2. Necker estime que les troupes entretenues par la Ferme lui devaient coûter neuf millions par an.

Les gâpians se payaient en outre sur les saisies qu'ils faisaient, car le tiers leur en revenait à titre de prime.

Les « employés » ou gâpians devaient prêter main-forte aux « commis », que les fermiers chargeaient du recouvrement de leurs droits. Employés et commis étaient confondus par le peuple en une commune malédiction. Comme les « employés », les commis recevaient, outre .leurs [émoluments fixes, le tiers des confiscations et des amendes qu'ils faisaient prononcer.

Employés et commis étaient recrutés d'une manière déplorable. L'ordonnance de 1680, qui réglait leur condition, portait qu'ils seraient reçus au serment « sans information de vie et de mœurs3 ». On ne demandait aux candi-

1. Frédéric Mistral, lou Trésor doit Felibrige, au mot « gabian ».

2. L'intendant du Dauphiné au contrôleur général, 9 mai 1739, Biol. nat., ms. franc. 8466, f. 202.

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