‹ MandrinChapitre 37 sur 266 · Remontrances de 1775, éd. or., p · texte numérisé non relu

Remontrances de 1775, éd. or., p

2. Notes communiquées par M. l'abbé Cochet de S.-Etienne-de-S.-Geoirs.

LES GAPIANS 61

pas la moindre contrebande. Au nom de Bocquillon, adjudicataire des Fermes, il fut soutenu que Bariod n'avait fait que son devoir, que les marchandises prohibées descendaient le Rhône en grandes quantités, que les employés ne pouvaient forcer les gabarres à aborder qu'en tirant sur les mariniers du moment où ceux-ci n' « arrivaient » pas au premier cri, qu'il était d'ailleurs indifférent de savoir s'il y avait dans le bateau de Segond des marchandises prohibées ou non, vu que Bariod l'ignorait. Par jugement du 19 juin 1754, l'employé fut acquitté, Bocquillon mis hors de cause et les plaignants furent déboutés de leurs revendications et condamnés aux frais.

Ces mêmes brigades d'employés, qui tiraient si adroitement sur des mariniers inoffensifs, se montraient d'une timidité extrême vis-à-vis des contrebandiers en armes. C'est l'intendant du Dauphiné qui le constate : « Les contrebandiers les méprisent, en quelque nombre qu'ils soient1. » Mais à la vue de paysans qui travaillaient dans les champs, leur audace reparaissait. M. de La Tour- Gouverne t, commandant au Pont-de-Beauvoisin, en écrit, le 10 avril 1755, au gouverneur du Dauphiné : « C'est leur façon d'agir (aux employés des Fermes) vis-à-vis des gens qu'ils ne craignent pas. On dit que, depuis le jour de l'affaire où il resta deux paysans sur le carreau, il en mourut encore un hier et un autre qui est à l'extrémité. Ces messieurs battent et assomment impunément. » M. de Moidieu, procureur au Parlement de Grenoble, écrit au ministre de la Guerre, le 4 mai de la même année : « Les employés des Fermes ont tué à coups de fusil, il y a quelques jours, deux habitants de Saint-Geoirs

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