Jbid
sa sœur et sa belle-sœur »> et la première se levait pour s'en retourner, quand elle aperçut que Ton menait la dame Vinoy chez François Mandrin, — il s'était répandu sur l'affaire de vagues propos, — ce qui l'« obligea » de dire à son frère et à sa belle-sœur :
« Allons voir ce que Ton fera et ce que Ton dira à Michelle Vinoy1. »
Et, frère, sœur, belle-sœur, d'emboîter le pas à Pierre Chillard qui conduisait Michelle Vinoy. Celle-ci portait un de ses enfants dans ses bras. Peu à peu, de droite, de gauche, des curieux se joignirent au cortège, qui s'était grossi jusqu'à quarante personnes quand on arriva devant la maison de François Mandrin. Ici c'était une autre scène. La petite Marie, en proie à l'une de ses crises, poussait des cris épouvantables, et, comme la demeure des Mandrin était envahie de tant de gens, qu'à peine les pouvait-elle contenir, Laurence Humbert, cousine de Mandrin, — une fille de vingt-cinq ans de qui la mère était boulangère, — prit une des mains de Marie, tandis que Mme Buisson prenait l'autre, et l'enfant fut ainsi emmenée à l'étage supérieur occupé par le notaire royal. A ce moment, le logis fut envahi par les trente ou quarante personnes qui poussaient devant elles la femme Vinoy1. Celle-ci était jeune, brune ; elle avait de grands yeux enfoncés dans la tête, où ils brillaient; une partie de ses cheveux, ramassés au-dessus de la nuque, s'étaient défaits et lui tombaient sur l'épaule; elle avait l'air hagard et tenait toujours son enfant dans ses bras. Autour d'elle, des gens exaspérés. C'était des vociférations, des menaces, des poings tendus. On lui criait d'ôter les sorcelleries qu'elle avait mises sur la petite Mandrin et