‹ MandrinChapitre 46 sur 266 · Déposition de Laurence Humbert · texte numérisé non relu

Déposition de Laurence Humbert

naire aux jeunes gens » . Il aperçut la pauvre Michelle à genoux au milieu de la chambre. « Elle ne disait mot ». Machinalement elle essuyait ses larmes avec ses cheveux défaits. La femme Buisson éteignait le feu épars autour de la chambre en y répandant de l'eau. « Elle se fâchait en disant si on voulait la faire brûler dans sa maison '. » Enfin l'intervention énergique de Veyron-Lacroix termina la scène qui avait duré de neuf heures du soir à onze1.

Tandis qu'on cherchait à brûler la <c sorcière », François Mandrin, en compagnie d'un peigneur de chanvre, Etienne Saint-Jean, s'en était allé à Brezins, quérir Antoine Vinoy, le mari s. Ils trouvèrent Vinoy qui travaillait chez Marguet, maître cordonnier, mais celui-ci, qui avait beaucoup d'ouvrage, ne voulait pas le laisser partir.

« Vous paierez bien chopine », lui dit François Mandrin.

Et tous quatre, Marguet, Mandrin, Vinoy et Saint-Jean, de s'installer au cabaret, où, tout en buvant, Mandrin tira à part Marguet et lui dit :

« Faites-moi le plaisir de laisser aller Vinoy. J'ai ma fille qui est ensorcelée. Je compte que c'est Michelle, la femme de Vinoy qui l'a ensorcelée. Ainsi, s'il vient, il la fera désensorceler, autrement, s'il ne le fait pas, je ferai parler de ma vie et tuerai plutôt Michelle 4. »

Mandrin avait encore été poussé à cela par sa femme, qui lui reprochait de demeurer à bayer aux corneilles comme un lambin, tandis que sa fille était mangée par le diable.

Marguet laissa donc aller Vinoy.

Tout en cheminant, sur la route de Saint-Etienne-de-Saint- Geoirs, Mandrin faisait la leçon au cordonnier. Il s'agissait

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