Dépositions de Ph. Duruf et de J. Madelan
camarade, Pierre Garnier dit l'Amour. Ils entrèrent avec lui et tous trois s'attablèrent de leur côté.
On but chopine sur chopine, et Ton allait se lever pour sortir du cabaret l quand Destenave rappela à Mandrin qu'il était venu pour lui régler sa créance. Mandrin n'entendait pas. Destenave insista*. Alors Mandrin se leva tout en colère :
« Tu es un J... F... Va quérir ton billet, canaille, coquin, et je te paierai s » !
Et il se dirigea vers la cheminée, où il se baissa pour prendre de la braise afin d'en « éclairer » sa pipe*.
Destenave s'apprêtait à sortir :
« Je ne demande que cela, d'être payé ; mais c'est vraiment à toi, un sot, un pillard, à m'insulter * » !
Mandrin se redressa, laissa tomber sa pipe. Il « sacrait et jurait le saint nom de Dieu6 ». Il se jeta sur Destenave, le prit au cou, voulant l'étrangler ; il le saisit par les cheveux et, le jetant à terre, il lui laboura le visage, les côtes et le ventre à coups de pieds. Le sang coulait. Il allait le tuer7. Destenave revenait de la foire de Roybon où il avait vendu un lot de mercerie8. Il avait de l'argent dans ses poches. L'un des coups de pied que Mandrin lui donna, fit sauter la bourse de son gousset et les pièces de monnaie se répandirent sur le plancher.
Philippe Duruf intervint, ainsi que Pierre Garnier. La cabaret ière, à laquelle se joignit une autre jeune femme, Louise Curt, accourue du seuil de sa maison qui se trouvait