Touchard-Lafosse, la Loire historique, I
2. Lettres citées par Ducis, les Mandrins en Savoie (Ghambéry, 1890, in-*), p. 13.
D'un hourgeois de Rodez, Mandrin apprit qu'on avait saisi, sept ou huit jours auparavant, à quelques contrebandiers, une grosse carabine et cinq fusils, déposés dans la Maison de Ville. Il en écrivit à M. de Séguret, juge-mage et subdélégué, pour réclamer ces armes, qui lui revenaient évidemment. Mandrin s'exprimait le plus courtoisement du monde, tout en prévenant M. le juge-mage que si, dans un temps raisonnable, il ne recevait pas la carabine et les fusils, il se verrait contraint de faire mettre le feu à sa demeure. Comme on ne savait plus où Ton avait mis les cinq fusils;. M. de Séguret s'empressa d'en faire acheter de tout neufs et il fit astiquer proprement la carabine, qui avait été conr servée. Les armes furent portées à Mandrin qui se trouva avoir trois fusils de trop. Qu'en faire ? — Mandrin n'hésita pas. Il les envoya chez l'exempt de la maréchaussée en lui demandant un billet de dépôt, car il les viendrait reprendre à son prochain voyage. Les bandits confient leurs fusils à la garde des gendarmes. Les brigands d'Offenbach eux-mêmes,, qui deviendront célèbres par leurs capricieuses drôleries, n'oseront pas aller jusque-là.
Le directeur des Fermes de Rodez, qui avait saisi, en 174B, à Espalion, un lot de contrebande, et les chevaux qui la portaient, dut lui aussi, bon gré, mal gré — mal gré plutôt — restituer le prix des marchandises et celui des chevaux, et les intérêts composés depuis 1745 — comme de juste.
Mandrin agissait en « capitaine général des contrebandiers » selon le titre que lui donne dès lors la Gazette de Hollande l.
Enfin, comme il se trouvait chargé d'une grande quantité de monnaie d'argent et de billon, qui n'était pas d'un trans-