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mer le complément jusqu'à concurrence de 15000 livres. L'heure était venue pour eux d'aller déjeuner. A leur retour, l'après-midi, ils ne retrouvèrent plus la dame bellesœur qui s'était enfuie. Ils la recherchèrent partout, jusque dans les maisons voisines dont ils forcèrent les portes. Enfin, après s'être assurés qu'il n'y avait réellement plus d'argent au logis, ils se décidèrent à reprendre une partie de leur tabac et à se remettre en route.
Avant de partir, l'une de ces brutes bourra encore d'un coup de crosse la malade dans son lit, tandis que des camarades houspillaient les servantes. Ils avaient dénoué aux deux pauvres filles leurs longs cheveux et les tiraient comme des cordons de sonnette.
Trois heures de l'après-midi tintaient à l'horloge de la ville, au moment où les Mandrins enfourchaient leurs chevaux.
Dans la soirée, le président en l'élection, avec son procureur et son greffier, revinrent afin de dresser un procèsverbal de ce qui s'était passé. Ils trouvèrent dans la cour de l'entrepôt vingt-deux ballots de tabac : 200 livres en « Saint- Vincent », 1411 livres en « Hollande », et 619 livres en « Brésil à fumer1 ». Les contrebandiers avaient également laissé à Mme du Hamel, en témoignage de l'argent qu'ils lui avaient pris, un reçu signé « Mottet ». Ce détail est à noter, car ces reçus sont généralement acquittés au nom de Mandrin lui-même. Terrier de Cléron indique que celuici ne voulut pas s'associer en cette circonstance à la manière dont les compagnons s'étaient comportés.
Ce Mottet — de son vrai nom « Le Clerc de Champmartin » — était originaire de Varzy en Nivernais. L'inten-