Ibid, p
Il est très juste de vous donner une décharge ; tenez, voici un billet par lequel le soussigné Mollet certifie des violences que Ton a exercées pour vous contraindre à délivrer cette petite somme, en vous laissant de notre bon tabac ».
Il arriva que le maire, M. Calemard de Montjoly, mis de mauvaise humeur sans doute pour avoir été réveillé dans le milieu de la nuit, s'avisa de faire des observations à Mandrin sur le métier qu'il exerçait. M. le maire osa même présenter ces observations avec vivacité et sans se munir de ces précautions oratoires qui sont essentielles à la politesse ; ce qui obligea Mandrin à exiger de M. le maire de Craponne 50 louis, en sus de la somme reçue pour le faux tabac, en amende des propos malsonnants où il s'était oublié !.
« Rien n'est comparable à la hardiesse et à l'insolence que cette bande a affecté de montrer », écrit le 4 septembre, M. de Saint-Priest, intendant du Languedoc, à son collègue, M. de la Michodière, intendant d'Auvergne2.
Le 29 août, trois escouades de Mandrins, de trente-cinq à trente-six hommes chacune,entrent dans Montbrison-en- Forez, « le bonnet à la hussarde retroussé sur l'oreille gauche3 ». L'entreposeur des tabacs, M. Antoine Faure, dut accepter pour 5 532 livres de tabac de contrebande, à raison d'un petit écu la livre pesant \
Comme le malheureux déclarait ne pas avoir d'argent :
« Indiquez-nous les personnes qui en ont, nous vous en ferons prêter de gré ou de force1. »
L'entrepreneur reçut à son tour une quittance du nommé
4. Registre des délibérations de la communauté de Villefrancbe en Beaujolais ; — Gazette d'Avignon, n* 93.