Relation de l'abbé d'Aurelle. Archives du Puy-de-Dôme
5. M. de Bochebaron à l'intendant d'Auvergne. An t. Vernière, p. 15.
« Mottet », « dont les billets commençaient à être en crédit1. »
A Montbrison, Mandrin eut une idée nouvelle :
« Nous faisons de l'argent, faisons aussi des hommes ' ! »
Aussitôt fait que dit. Le bandit se présente aux prisons de la ville et commande d'en ouvrir les portes. Il parle en maître.
« Qu'on m'apporte à l'instant le registre d'écrou et que l'on m'aille quérir un serrurier ! »
Par celui-ci, Mandrin fait dériver les fers à ceux des détenus qui n'étaient incarcérés que pour désertion, pour contrebande ou pour faux-saunage. Il recruta de la sorte huit braves, qui furent heureux de se joindre à la bande de leur libérateur. Les prisonniers de droit commun, voleurs, filous et assassins, furent laissés sous les verroux :
« Pour vous, leur disait-il, je ne suis pas votre sauveur. Vous méritez d'être pendus *. »
Quant aux fers, il les remit au geôlier, « Et ils ont rendu les fers, disant qu'ils étaient au roi », écrit M. de Rochebaron, commandant en Lyonnais et Forez4.
L'assesseur de la maréchaussée, nommé David, assista à cette levée d'écrou, en lui donnant par sa présence la consécration officielle qui lui était nécessaire ; puis il en dressa le procès-verbal '.
Pour sortir de France, Mandrin fit un brusque détour vers le Nord, sans doute afin de dépister ceux qui auraient pu s'attacher à ses traces. Il va toujours avec la rapidité du vent. Le voici déjà au 1er septembre sur les confins de la Bresse. Il y entre par les collines arrondies du Maçonnais, d'où la Bresse