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RÉSUMÉ

La paralysie postérieure des muscles de l'œil fut donc presque toujours dissociée, dans quatre cas seulement, le nerf moteur oculaire commun fut tout entier paralysé. Elle fut d’ailleurs bénigne. Celle qui atteignit le releveur fut la plus fréquente.

Néanmoins, la dilatation pupillaire ne présente qu'une observation de moins. Dans deux cas, la paralysie des muscles ciliaires a été d’une durée absolument anormale et a persisté un an et deux ans. à

Nous n'avons pas d'exemple où la paralysie ait porté sur les muscles de l'œil du côté opposé. Néanmoins, dans aucun des cas que nous avons réunis, une même lésion

nerveuse ne peut expliquer l’éruption et la paralysie.

B. Paralysie faciale du zona

4° ANALOGIES DE LA PARALYSIE FACIALE ZOSTÉRIENNE ET DE LA PARALYSIE FACIALE A FRIGORE

On ne peut décrire la paralysie faciale zostérienne sans être frappé des analogies qu’elle présente avec la paralysie faciale & à frigore ».

MM. Klippel et Aynaud (1), dans leur mémoire sur la question qui nous occupe, insistent sur cette ressemblance. Ils la constatent dans l’étiologie, dans les symptèmes, dans la marche et le pronostic des deux maladies. Dans toutes les deux on retrouve comme étiologie le froid, la prédisposition nerveuse et le germe infectieux cause déterminante.

Au point de vue du siège : les mêmes muscles sont atteints. Au point de vue des symptômes on retrouve l’unilatéralité, la variabilité, les douleurs, les anesthésies, les troubles sentoriels possibles dans les deux affections. Le pronostic est bon et la durée ne dépasse pas quatre mois.

Etudions en détail ces différents points :

Eiologie. — Le froid est admis par tout le monde comme cause occasionnelle du zona, depuis Neumann. Hardy a remarqué que le froid précédait presque toujours le zona.

La prédisposition nerveuse a été admise par Charcot

(1) KzippeL et Aynaup. Loco citato.

pour la paralysie Qà frigore » et par Letulle pour le Zona.

L'étiologie infectieuse établie par le professeur Landouzy pour le zoua et dont nous avons donné les raisons dans la première partie de ce travail, a de même été élevée en principe par Despaigne (1) pour la paralysie de Bell. Des symptômes généraux ont été observés dans certains cas de cette maladie par Bérard et Grisolle.

Siège. — L’unilatéralité est un grand caractère des deux maladies, nous l’avons toujours constaté sauf dans des cas absolument exceptionnels comme celui de Raymond que nous rapporterons plus bas. Là, il y eut diplégie zostérienne.

Les muscles de la face, seuls sont atteints en général, à l'exclusion des muscles profonds innervé$ par le facial.

Plus rarement, il y eût paralysie du voile du palais.

Symptômes. — Les symptômes sont ceux des paralysies périphériques. Ici ils sont d’abord remarquables par leur variabilité, dans les deux affections. « En ses degrés, disent MM. Klippel et Aynaud (2), elle est vraiment variable, Est-elle intense et de longue durée, les traits du visage sont nettement déviés et la déviation ne peut échapper à l'observateur. C'est alors qu'on note l'abolition des réactions électriques dans les muscles correspondants où la réaction de dégénérescence. La complication est-elle légère, les traits sont à peine déviés, et la volonté n'est pas complètement impuissante sur les muscles parésiés. Les malades n’accusent qu'une certaine gêne de la mimique. » Ces auteurs font encore remarquer que l’ædème de la paupière peut coïincider avec la para-

(1) DespaiGne. Thèse, Paris 1888.

(2) KzrppeLz et AynauD. Loc cit.

lysie et donner cet aspect assez surprenant au premier abord de l’occlusion de l'œil accompagnant une paralysie périphérique.

La douleur peut presque être dite un symptôme commun des deux maladies.

D'après Despaigne, puis Klippelet Aynaud, de nombreux auteurs (1) en donnerent des exemples dans la paralysie « a frigore. »

Webber, de Boston, estimait qu’il y avait des douleurs dans la moitié des cas et Testaz (2) croyait que ce rapport était inférieur à la vérité.

Cette douleur apparait 1c1 encore avant la paralysie, elle dure autant qu'elle, elle peut durer davantage.

L’anesthésie succède parfois à la névralgie comme on le voit dans um cas de Millard (Despaigne).

Les troubles sentoriels accompagnent parfois l’une ou l’autre affection, ils consistenten troubles du goût, de l’'odorat, de l’ouie et même en des vertiges.

La marche de la paralysie faciale zostérienne s'est comportée comme celles des autres paralysies de cette maladie. La paralysie à débuté dans les premiers jours qui ont suivi l'apparition des vésicules. Rarement, elle est survenue à peu près en même temps (Strubing, Testaz, Raymond).

Le pronostic à été bon : la guérison a été la règle après un minimun de temps que MM. Klippel et Aynaud fixent à quatre Jours ou un maximum qui est de quatre

mois.

MM. Klippel et Aynaud se basent sur tous ces carac-

(1) BéRauD, EULEMBURG, ERB, GRASSET, DUCHENXE, de Boulogne, DIEULArOY, BERNHARD, TESrAZz.

(8) TesrAz. Loc: cit,

tères communs et aussi sur la dissociation bien remarquable des symptômes dans le zona pour se demander si l'absence de vésicules crée entre les deux affections une Séparation absolue. La vésicule peut-elle manquer dans le zona comme manquent les autres symptômes et même la douleur ?

Dans ce cas, où placera-t-on là distinction entre la paralysie à frigore et la paralysie faciale zostérienne ?

Ainsi en faisant ce parallèle, nous avons décrit la para- Jysie faciale du zona. Comme différences entre les deux affections, nous ne trouvons que la possibilité de paralysie du voile du palais par l'infection zostérienne et les récidives qui se produisent parfois de la paralysie de Bell. Ces récidives sont rares si l’on songe que Despaigne

n'a pu enréunir que quinze cas. Elles ont d’ailleurs une ressemblance avec les récidives du zona ; elles se produisent à des intervalles très courts, chez des individus atteints de tares nerveuses, ou bien, au contraire elles surviennent un nombre assez grand d’années après. la première atteinte.

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