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LES OBSERVATIONS DE PARALYSIE FACIALE

ZOSTÉRIENNE.

MM. Klippel et Aynaud ont réuni dix-sept cas de paralysie faciale zostérienne. Nos recherches ne nous ont fait rencontrer qu'une observation de Remack.et une de Olaf Frich qui leur ont échappé. Si nous ajoutons celles de Lannois, de Gaucher et de Sottas parues depuis leur mémoire, et enfin une observation inédite recueillie dans le service de M. Thibierge, nous en porterons le

nombre à 29

Le premier cas en date est celui de M. Letulle, paru en 1880.

OBsErRvATION XXXVI (LeruLLe) (1)

Sur un cas de zona ophtalmique gangréneux compliqué de paralysie faciale.

Pepostier Jules, cuisinier 51 ans, entre le 25 avril 1880 dans le service de Velpeau à la Charité.

Le 19 avril, en se levant il ressentit, dans toute la région frontale droite et au niveau de l’angle externe de l'œil droit, une douleur vague, sorte de gêne et de pesanteur qui persiste toute la journée pendant son travail.

Le 20. — La douleur était devenue très vive, insupportable, elle occupait toute la région fronto-pariétale droite, irradiant dans la paupière supérieure dont le bord était le siège d’une sensation de cuisson très pénible.

Depuis ce jour, jusqu'à son entrée à l’hêpital, cette douleur diffuse n’a fait que s’accroître, elle est devenue atroce ; hier enfin une éruption vésiculeuse à commencé à se produire au niveaudes régions douloureuses.

Etat actuel. L'éruption constituée par des vésicules jaunesbrunâtres, légèrement affaissées et réunies en plaques, occupe sur la région frontale droite un espace parfaitement limité : à gauche par la ligne médiane, à droite par une ligne verticale passant par le milieu du sourcil.

La racine du nez du côté droit, la paupière supérieuredroite, au niveau de l’angle interne de l'œil, sont également le siège d’une éruption vésiculeuse. Le cuir chevelu est respecté. Tout le reste de la région frontale droite, les deux paupières et la presque totalité de la joue droite sont le siège d’une douleur très vive et d'une desquamation épidermique. Ces régions érythémateuses sont envahies par un œdème très notable qu’on constate également mais moins vif dans la région pariéto-temporale droite. Sur l’aile droite du nez se voiten outre un autre ilot de vésicules contenant un liquide incolore.

L’œil droit s'ouvre difficilement à cause du gonflément des paupières. Les conjonctives sont rouges et gonflées, la cornée

(1) Archives de Physiologie normale et pathologique. 80.

et l'iris sont normaux. Pas de photophobie. Rien dans la cavité buccale. La sensibilité semble diminuée dans le voisinage de plaques herpétiques.

Dès le surlendemain de son entrée, la douleur a presque entièrement disparu : la pression surles points d’émergence des nerfs sus et sous-orbitaires est encore pénible.

Les ganglions sous-maxillaires droits sont engorgés et douloureux ; à gauche d’ailleurs, les ganglions sous-maxillaires sont douloureux aussi, et légèrement tuméfiés, mais moins que du côté du zona.

20 avril. Abondante suppuration sous les croûtes formées par l'éruption. Sous les croûtes, on découvre quelques plaques gangréneuses.

1° mai. L'œdème des joues à diminué, suppuration abondante.

4 mai. Cicatrisation rapide, la conjonctive est toujours injectée.

7 mai. Quelques douleurs dans la face dans la région du susorbitaire et du nasal qui se répètent le 9 mai.

10 mai. La cicatrisation est complète. En regardantle malade, on s’aperçoit qu’il est atteint d'une paralysie faciale incomplète du côté droit, Hier il s’est aperçu tout à coup en buvant, que le liquide s’échappait de sa bouche par la commissure labiale. Les aliments s’accumulérent dans le sillon gingivo-labial. L'orbiculaire des paupières droites ne peut oblitérer complètement l’orifice palpébral ; cependant la paupière supérieure droite et légèrement abaissée. Les rides ont disparu à droite. Le voile du palais, ja langue sont intacts : l’ouïe est normale à droite.

11 mai. La paralysie faciale s’accuse. Diminution de la contractibilité faradique des muscles.

13 mai. L'orbiculaire de la totalité des muscles de la face du côté droit ne réagissent plus du tout sous la faradisation.

L’anesthésie persiste là même dans les régions signalées, (territoires du sus-orbitaire et du sous-orbitaires droits.)

La paralysie faciale diminue à partir du 21 mai et le 30 mai le malade quitte l'hôpital presque guéri.

in résumé : zona des deux premières branches du trijumeau. Paralysie faciale au 20° jour de la maladie et

qui dura tfois semaines.

OBsERvATION XXXVII

Ueber complication von Herpes Zoster occipito-collaris mit gleichseitiger schiwerer peripherer Facialis paralyse (1) (Ecourtée).

Ouvrier âgé de 44 ans, entré le 14 septembre. 11 tombe malade le 9 septembre, en présentant des douleurs à la nuque, au côté gauche du cou, dans la fosse auriculo-mastoïdienne et à la face. Il a eu, paraît-il le même jour quelques petites taches rouges dans les régions douloureuses.

Le 11 septembre, il présenta à son réveil de l’asymétrie de la face et le lendemain survint la paralysie au même degré où elle paraît aujourd’hui. En même temps ; goût amer dans la moitié gauche de la langue, surdité et bourdonnements dans l'oreille gauche.

Par son métier d'étameur, il est souvent exposé à des variations de température, mais il ne se souvient pas d’avoir subi de refroidissement qui eut occasionné la maladie actuelle.

Il a eu une pleurésie il y; a 6 ans.

Etat actuel. Paralysie faciale complète avec lagophtalmie sans ectropion. Pas de déviation du voile du palais, celui-ci se lève symétriquement dans la phonation. Pas de dysphagie.

Pas de différence de gout à l’'expérimentation dans les deux moitiés de la langue, cependant dans la moitié gauche, sensation obtuse.

Le bruit d’une montre n’est pas perçu par le malade à un pouce de l'oreille.

A l’examen de l'oreille on trouve un bouchon de cerumen avec otite moyenne chronique.

Le malade entend double les sons de musique, surtout les tons hauts, et quand on parle haut, il perçoit deux voix.

Eruption fraiche d'Herpès par groupes d’une :argeur de ? à 3 centimètres.

(L'auteur décrit l’éruption et termine en la définissant: zona occipito-collaris de Barensprung ou zona de la nuque et du cou de Hébra.)

(1) Obs. de Remacx rapportée par VorGr, Saint-Pétersbourg. Med. Vochenschrift, 1885 n° 45.

À la recherche objective de la sensibilité, on trouve une légère analgésie à gauche. Pourtant, à l'épreuve du compas du tact, il n’y a pas de différence. L'examen électrique du facial a été fait, On à trouvé pour le facial droit : contraction minime à 29 millimètres ; pour le facial gauche à 10 millimètres.

Il s’agit donc ici d’un cas de paralysie faciale avec évolution caractéristique des symptômes électriques.

Nous pouvons localiser la lésion nerveuse du facial avec une certitude mathématique par la participation du goût et de l’ouïe et la non participation du voile du palais, entre la naissance du nerf grand pétreux superficiel et le trou stylo-mastoïdien.

Ici zona occipito-collaris. Paralysie deux jours après avec troubles du goût et de l’ouie.

Chez le malade d’Eulemburg (1) des douleurs précédèrent également l'éruption, il siégeait du côté gauche au niveau de l’artièulation temporo-maxillaire et du trou stylomastoidien et s’étendait au cou. La paralysie se montra après l’éruption et il y eut diminution des réactions électriques des muscles paralysés; et légère déviation de la langue.

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