‹ Manifestations A Distance Dans Le ZonaChapitre 49 sur 55 · ALTO · texte numérisé non relu

ALTO

La paralysie faciale accompagne rarement une attaque d'herpès zoster de la face. Il y eût guérison au 28° jour après l’apparition de l’herpès.

La douleur d'oreille et du voisinage siégeait je pense dans le nerf facial.

Cette douleur était augmentée par une pression derrière le pavillon et l'angle de la mâchoire, mais les mouvements imprimés à l'oreille ne causaient aucune douleur. La paralysie pouvait avoir une origine réflexe, mais à cause de la nature des douleurs, je pense qu'il s'agissait d’une névrite.

L'éruption s’étendit donc du 4% espace intercostal jusqu'à la joue. La date d'apparition de la paralysie n’est pas connue ici d'une facon précise, nous savons seulement qu'elle ne survint pas aprés le huitième jour. Il y eut guérison le vingt-huitième jour de l’herpès.

OBsERvATION XLIIT (RaBBë) (1)

Le nommé X... vient le 4 janvier 1855 à la consultation de l'hôpital Saint-Louis, pour une éruption vésiculeuse apparue sur la joue droite. Le diagnostic est fait de zona de la branche sous-orbitaire du maxillaire supérieur, on indique un pansement à la poudre d’amidon.

Le 8 janvier il s’est produit une modification considérable et voici ce que nous observons.

Il y a cinq jours, il se trouva un peu souffrant, mal à l'aise avec de l’anorexie, un sentiment de dégoût pour les aliments, des nausées, de l’affaiblissement musculaire.

Il continua son travail malgré sa fatigue et au bout de trois jours ces phénomènes disparurent.

Dès le premier jour, il s'était purgé avec 30 grammes de sulfate de magnésie.,

La veille de sa présentation à Saint-Louis, c’est à dire avanthier (le 3) il éprouva, dans la moitié droite du visage, une douleur vive, surtout au-desssus de l'œil et dans la région sus-orbitaire. Cette douleur s’accompagnait d’une exagération de la sensibilité cutanée, car le moindre frottement sur le front ou la

(1) Ragge. Contribution à l'étude de la paralysie faciale dans le zona. Thèse de Paris, 1896.

joue de ce côté était douloureux. En même temps, il remarqua un peu de rougeur sous forme de points espacés et séparés sur la joue.

Le lendemain, l’éruption s'était développée et les vésicules étaient a la période d'état.

Lors de notre examen, nous voyons sur la partie moyenne dela joue droite, un groupe d’une trentaine de vésicules isolées les unes des autres, formant un placard irréguliérement triangulaire à base supérieure. Cette éruption s’arrête en haut, un peu au-dessous de la paupière inférieure, en bas elle dépasse l'extrémité inférieure du nez.

En dedans elle s’avance tout près du sillon naso-génien. En dehors, elle s’étend jusqu’à la partie moyenne de la joue. Toute cette surface est rouge, avec, par-ci par-là, quelques ilots de peau saine irrégulièrement découpés. ce qui tient à ce que les aréoles, confluentes en certains points, ne le sont pas en d’autres. Les vésicules sont claires, transparentes, d'apparence nacrée, du volume d’un grain de chénevis. Leur centre est aplati et même légèrement concave ; l'aspect de ces vésicules est absolument caractéristique et le diagnostic de zona s'impose.

Dans la journée d'hier, le malade a commencé à souffrir de l’œil du même côté et s’est aperçu que cet œil était rouge.

Cematin, cette rougeur est très nette,la conjonctive oculaire et palpébrale est très hypérémiée, légèrement tuméfiée ; mais en outre près du bord externe de la cornée se voit nettement une vésicule très analogue aux précèdentes quoique de volume un peu moindre.

Sur la conjonctive oculaire, près de cet élément, il y ena un deuxième, plus gros. Tous deux sont remplis d’un liquide clair et transparent, ce qui indique la date récente à laquelle elles sont apparues. Les paupières sont légèrement œdématiées. Le malade souffre de l'œil, il a la sensation de corps étrangers, de grains de poussière roulant entre la paupière et l'œil : il tient ce dernier fermé et ne peut supporter la lumière.

L'examen du viscère ne révèle rien d’anormal : Poumons sains, urine non albumineuse.

La lésion oculaire nous fait luiconseiller d’aller consulter un oculiste pour que le traitement puisse être dirigé de façon à éviter autant que possible les complications oculaires si fréquentes au cours du zona ophtalmique et qui en font la gravité.

fl se présente à la clinique des Quinze-Vingts, où nous le retrouvons.

Les manifestations oculaires du zona Cédèrent rapidement et sans complication à des pulvérisations d’iodoforme et à des collyres à l’atropine mais, fait plus important, au quatrième jour qui suit l'apparition du zona nous remarquons un léger degré de paralysie faciale. Le malade d’ailleurs attire notre attention sur ce point. Il avait remarqué ce matin 8 janvier, que sa bouche était de travers, et que certains mouvements étaient impossibles. Il ne pouvait par exemple ni souffler ni siffler, etc.

Nous notons une déviation de tout le visage vers le côté gauche.

La commissure droite est plus rapprochée de la ligne médiane.

Les sillons naso génien. etc., sont moins marqués du côté droit. que du côté gauche.

Le côté droit du visage semble plus lisse, plus étendu, il est plus antérieur. Les mouvements d'ouverture de l'œil droit se font très bien ; mais l’occlusion n’est qu'incomplèie. L’odorat et le goût ne sont nullement altérés. En somme ce malade est atteint d'une paralysie faciale du côté droit : cette paralysie estincomplète, car sous l'influence de la volonté des contractions légères peuvent encore se produire dans les muscles de cette moitié de la face.

L'état de l’œil s'améliore, les vésicules rompues ont laissé: quelques exulcérations superficielles. Le même traitement est continué.

Le malade nous dit ne pas s'être exposé au froid ces jours. derniers ; il s’enveloppe très chaudement pour venir à la consultation et ne sort pas pendant la journée.

Nous ne trouvons aucune explication de cette paralysie faciale que nous sommes contraints de considérer comme une complication de l’herpès zoster. On n’applique aucun traitement à la paralysie.

Quatre jours après nous revoyons le malade qui n'a plus en fait de zona que les croûtes violacées avec une auréole légèrement pigmentée.

Les excoriations cornéennes et conjonctivales ont disparu : iris normal réagissant très bien à l’atropine. Il n'existe autour

de la cornée aucun cercle vasculaire symptomatique d'iritis, mais seulement un peu d'injection générale de la conjonctive.

La paralysie faciale ne s’est pas modifiée, elle persiste sans croitre ni diminuer.

Sur notre demande, il vient nous revoir le 28 janvier, 1l est alors complètement guéri.

: Pas de traces de lésions oculaires, pas la moindre rougeur de la conjonctive.

Sur la joue droite, il y a encore les macules brunâtres, dont la pigmentation est d’ailleurs peu accusée.

La paralysie faciale est entièrement guérie : le visage est parfaitement symétrique et aucune déviation ne se produit dans les actes précités.

L’occlusion de l’œil est parfaite.

C’est le cinquième jour que la paralysie débuta, elle dura vingt Jours. |

L'observation de Spencer (1) (Klippel et Aynaud) concerne une femme de 60 ans, portant des stigmates de rhumatisme et ayant été atteinte, deux jours après l’apparition d’un zona cervico-occipital du côté droit, d’une paralysie faciale du même côté. Cette paralysie était limitée aux muscles superficiels ; il n’y avait pas de troubles sensitifs, mais 1} y avait de la raideur de la lange. La guérison de la paralysie fut assez longue à se produire ; elle ne survint qu'au bout de trois ou quatre mois.

Olaf Frich (2) rapporte le cas d’un homme de 75 ans atteint de zona, occupant le côté droit du couet de la face en bas, (nerfs, petit occipital, grand auriculaire, souscutanés du cou et sus claviculaire). Au bout de dix ou

(1) Bells Paralysis occurring with herpès zoster. The Lancet, o mai 1894. 5

(2) Olaf Frich. Norck Magazin, nov. 1896.

douze jours, au cours d’une crise douloureuse survint une paralysie faciale, totale du même côté. La galvanisation prolongée deux à trois semaines eut raison de la paralysie et des douleurs.

OBSERVATION AOL EVE

En 1897 (3), Grassmann rapporte l'observation que voici : une femme de quatre vingt-un ans, après avoir eu des douleurs sur le territoire du plexus cervical du côté droit, présente sur les branches de ce plexus une éruption d’'herpès zoster. Pendant la durée de l’éruption, un œædeme se produisit sur la joue droite et onze jours après l’apparition du zona la malade est atteinte d'une paralysie faciale du même côté qui disparaît au bout de six semaines, en laissant après elle une névralgie persistante du plexus cervical. De plus, chez cette femme, en‘dehors des phénomènes de paralysie et d’irritation vaso-motrice, il y eut des troubles sensitifs : elle avait de l’hypo-acousie à droite et elle accusait une sensation de fadeur lorsqu'on déposait sur la moitié droite de sa langue une substance aigre ou salée.

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