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II. — Explication des accidents à distance

Même après que M. Landouzy (1) eut rendu classique l'autonomie du zona infectieux, de nombreux observateurs

se sont ingéniés à ramener au moins théoriquement les

lésions nerveuses à l’unité. Le problème se résumait à ceci. Etant donné un zona et les symptômes du trouble de fonctionnement de deux nerfs,'trouver une lésion qui rende compte de ces divers symptômes. La paralysie faciale zostérienne est la manifestation qui a le plus intrigué les auteurs. Même ceux qui ont vu coïncider avec cette paralysie des troubles du goût et de l’ouie ont voulu se rattacher à l’idée d’une lésion unique. La chose était d'autant plus tentante que dans le cas précis le facial leur semblait touché en un point absolument déterminé, -dans sa portion intra-pétreuse. Ceci expliquait tout sauf bien entendu l’éruption et la douleur. Il s'agissait de voir le lien entre les deux symptômes, M. Klippel (2) a ramené à quatre le nombre des théories émises dans la circonstance.

“THÉORIE RÉFLEXE. — D'abord la théorie réflexe (3), très ancienne et quisemblait expliquer à merveille l’amblyopie et l’altération pupillaire d'un zona ophtalmique. D'autre part, M. Letulle (4) a pu admetter que l'irritation d’une branche sensible, le trijumeau puisse par action sur les

(DProcreu. N

(2) Loc. cit.

(3) Suzzer. Contribution à l'étude du zona ophtalmique. Thèse, Paris, 1898.

(4) Archives de physiologie normale et pathol. 1887. p. 162.

He

centres nerveux déterminer la paralysie du nerf moteur de la même région, le facial. Jusqu'ici cette théorie est très acceptable, elle peut même rendre compte des cas où les réactions électriques impliquaient non seulement de la parésie musculaire, mais encore de lamyotrophie. M. Klippel ({) rapproche ces cas de ceux où une lésion périphérique, siègeant au niveau des articulations peut entrainer des amyotrophies consécutives. Il a même montré en 1888 que, dans les centres nerveux correspondants, les lésions peuvent aller jusqu’à l’atrophie. « Et depuis cette époque disent M. Klippel et Aynaud, grâce à la méthode de Nisl qui permet de déceler les plus fines altérations de la cellule nerveuse, on a pu établir que les lésions de la périphérie retentissaient presque toujours, fut-ce d'une manière peu profonde sur les éléments centraux ».

Il n’est donc pas douteux qu’un certain nombre de cas pourraient à bon droit être justiciables de la théorie réflexe. Mais il nous faut une explication qui puisse rendre compte de tous les cas. Or, que la paralysie, que l’atrophie siègent loin de la lésion initiale, la théorie

réflexe perdra toute valeur : (les amyotrophies réflexes

sont très généralement en rapport avec l’altération des centres nerveux d’un territoire très précis. » Et dans nos observations, il y eut une fois une kératite interstitielle sur l’œil du côté opposé à un zona ophtalmique, il

y eut huit fois des paralysies faciales sans zona de la face 5

etcomment expliquer par des réflexes les vésicules disséminées sur tout le corps.

La seconde théorie est celle de la propagation.

(1) KzrppeL et Aynaup. Loc. cit.

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