AÉROMÈTRE
la difficulté avec laquelle il s'enfonce ou s'ëlèye au point où son véritable poids le fixerait , que par la plus gprande adhérence du liquide autour de la tige. Si le fluide est trouble et bourbeux , ce n'est plus la pesanteur spécifique du fluide lui-même qu'on obtient^ mais celle du mélange. Il y a des précipités qui sont plusieurs jours et même plusieurs semaines à se déposer , et qui sont cependant assez pesans pour augmenter sensiblement la pesanteur spécifique du tout ; et M. P. S. Girard a reconnu (1) qu'il existe une espèce d'attraction moléculaire entre les particules contenues dans le fluide , et qu'elle est suffisante pour repousser l'aéromètre par une force non*seulement égale à l'augmentation de densité ^ mai» beaucoup plus considérable. Les brasseurs et autres fabricans ont souvent besoin de connaître la pesanteur spécifique d'un mélange de matière «olide et liquide , afin de juger par l'enfoncement plus ou moins considérable de l'instrument des quantités relatives de matières solides et liquides sur lesquelles ils opèrent ; mais si l'effet jdont nous parlons ici existe^constamment , il doit y avoir une cause d'erreur dont ils ne tiennent pas compte , à moins toutefois que les instrumens dont ils se ser* vent n'aient été gradués sur des fluides de la même nature que ceux qu'ils veulent examiner. 11 est pro bable néanmoins que cette erreur est assez légère pour n'être d'aucune importance dans des opérations qi^i exigent aussi peu de précision que les leurs.
93. Dans toutes les expériences faites par l'aéio- •mètre ,1e liquide s'élève autour de la tige , comme nous
. (l)JDc9 fttmospbères licfoiâes «t de leur influence sur l«s pariicules solides qu'ils cnYcloppeot. (Mémoires de l'Académie royale des sciences, iv, iSjQ, 1820.) ^ '
rayons déjà dit (76) , ce qui occasione une courbure dans sa surface. Quelques personnes observeot sur la tige le degré qui coïncide avec le milieu de cette courbe, d'auU'Cs avec le haut , d'autres avec le bas. Il est nécessaire , pour obtenir des résultats comparables , de prendre toujours le degré à la même partie de la courbe* Si rinstrument a été gradué par une suite d'expériences i et les divisions marquées sur la partie de la courbe 9ur laquelle on les observe ensuite, les indications de rinstrum^nt auront toute l'exactitude désirable sous ce rapport.. Comme la force qui cause l'élévation du fluide ftutiour de la tige tend à enfoncer Vinstrument, en se rapprochera plus de la vérité en prenant le degré indiqué par la partie inférieure de la courbe qu'en prenant celui qui correspond à la partie supérieure. Mais rétendue de la courbe elle-même varie, non-seulement à cause des différences dans la pesanteur spécifique du liquide , mais encore en raison de sa viscosité.
d4. La ^considération de la température n'a. pas moins d^nfluence dans cette manière de prendre la pesanteur spécifique que lorsqu'on la prend en per sant le liquide dans un flacon.
95. Avant db se servir d'un aéromëtri^i il faut Teasayer dans des dissolutions dont la pesanteur spécifique a été déterminée par la balance. Il n'est pas nécessaire . ipour cela de faire beaucoup d'essais , il suffira de Tépreuve suivante. Assurez-vous d'abord avec deux fluides de pesanteur spécifique différente que le point indiqué à chaque extrémité de l'échelle est exact j suspendant alors l'aéromètre à l'un des plateaux d'une bonne balance, mettez-le dans une dissolution aussi légère et même plus légère qu'aucune de celles qa'op.
BOULES DE VÈERE PQUft L4 PBSANTBUA SPECIFIQUE^ 71
peut évaluer sur l'échelle | en le soutenant par dea poids placés dans Tautre plateau j de manière que la , surface du fluide, coupe Téchelle dans sa partie inférieure. Ajoutez successivement des poids égaux ^^.. plateau auquel est suspendu Taéromètre , «t observe^ de combien il descend chaque fois; sïî cette quantité csl . égale à celle marquée sur l'échelle , alors )es divi^ioufi sont égales en volume e^ la graduation est exacte; 9^, les distances sont inégales ^ la graduation est ine:^acte^ et ne correspondrait pas avec les résultats pbtenus au moyen de la balance. Plus les poi||ts ainsi dth serves sont nombreux , c'est4rdire plus le poids ajouté chaque fois est léger, plus Fépreuve est exacte et coa*? cluante (1).
96. On se sert fréquemment de boules de verre ^% pleine^ soit creuses , pour déterminer la pesanteur spécifique des fluides. Si une boule de verre susp^ndw^ à une balance est entièrement plongée dans un liquide | elle sera repoussée par une force égale au poids da liquide qu'elle déplacera j et son poids paraîtra dimi^ nué d'autant. En la plongeant successivement daM différens liquides , on connaîtra le poids d^ volumes égaux de ces liquides , car la boule déplace ch^M^e fois le même volume , Ton obtiendra facilement alors le» différentes pesanteurs spécifiques. Les précautions njé-* cessaires pour faire cette expérience sont les mêmes que celles dont nous avons prescrit l'observation j en parlant de la pesanteur spécifique des corps solid^ (.71-77). \ • ,