SAINS DE VAPEUR
349. Si Ton avail absolument besoin de vapeur d'èau et qu'on n'eût pas de cliaudiere à sa disposition , on pourrait y suppléer par une bouilloire à thé cont^enant environ une pinte d'eau , à laquelle on peut , lorsqu'oi^ n'a pas besoin d'une pression supérieure à celle de Tat* mosphère, adapter des tubes faits avec du papier à cartouche huilé roulé deux ou trois fois sur lui-même . auxquels on donne un pouce de diamètre , et qu'on lie avec du fil oii de là ficelle. Il faut avoir soin de leur donner une légère inclinaison pour éviter que l'eau ne puisse y sqourner. Il convient de plus de les entourer d'un second tube depapier fort, ayîyit à peu près un demi-ppuce de diamètre déplus, et leul* servant pour ainsi dire d'enveloppes y afin de s'opposer à la perte de la chaleur et à la condensation de la vapeur dans le tdyau intérieur.
250. Le docteur lire a imaginé un appareil à vapeur fott commode. II consiste en une boite de fer-blanc
d'environ 18 pouces de longueur sur 12 E\ de large çt 6 de profondeur; dans la partie inférieure sç trouve une ouverture légèrement conique, de 6 pouces de diamètre, à laquelle est soude un tube de fer-blanc» de 3 à 4 pouces de long* Ce tube est disposé de manière a s'ajuster hermétiquement dans l'ouverture supérieure d'une vbouillôii'e à thé. Le couvercle de la boite doit être percé de J>lùsieiirs trous circulaires de. divers diamètres, dans lesquels on place les capsules d'évaporation, en platine, en verre, en porcelaine, etc. Lorsque Ton chau£fe l'eau de la bouilloire , après avoir ferm^ l'ôiivarture du bec , la vapeur se répaind dans la boite supérieure , échauffe les capsules , et retombe dans la bouilloire après la condèiisatioh, pour s^élever de nouveau» Lorsque quelques-
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uns des orifices ne servent pas, on les ferm« avec dès couvercles de ifer-blanc. Si Ton a à sécher un filtre ecutenant un précipité ^ on Iç place dans un entonnoir de verre dont rextrémité est bouchée , et Tentonnoir luitnémé est introduit dans une djes ouvertures; pour faire sécher des pétales de violette ou autres sub« stances végétales , on emploie une çi^sule carrée m fer-blanc très-peu profonde , qui s'adapte exactement sur le dessus de là boite, dont on laisse alors lesorificeii ouverts.
25 1 • L'on peut quelquefois remplacer avec ayantagf le bain-marie par un bain de vapeurs. S'il s'afit.^ par ei^emple» défaire évaporer une dbsolutionàune tempéh rature qui n'excède pas lOO""! l'on prend deux capsule^ d*un diamètre peu différent , l'on place la plus grande àu-'dessus de la plus petite, et dans cette dernière on met une certaine quantité d^eau; on y applique ensuite la chaleur d^une lampe ou d'un bain de sable. L'eau entre en ebullition , échauffe la partie inférieure de la capsule qui se trouve placée au-dessus^ communique sa chaleur au liquide qu^elle renferme , et l'excédant de vapeur qui n'est pas condensé se dégage à l'extérieur par les ouvertures qui existent entre les deux vases {voyez la Jig. en marge).
253. Il est souvent avantag.eux de réunir en un seul appareil le baiù de vapeur et le bain d'eau. Lafigure^pa
marge donnera une idée assez exact^ de cet appareil sans qu'il soil nécesr sake de le décrire avec beaucoup dei détails : il consiste en un poêlon cpift tenant une petite^quantiié d'eau; il Ç8|| . fermé par une plaque percée pour recevoir le c^L d^
matras ; Toa voit que cette d&i]>osiiâ(m ^st panieiiliè% remeni; convenable dans les caa où ttne.]p4uft'^a&do quantité d'eau ferait surnager les ¥aaes> et les^tpes*' rait. à être ballotés par l'effet 4^ VébuUilim du U^ôida ^ c'est pourquoi Von s'en âert souyfiiA pour les'disfill»! tions qui doiyent être opérées à une température 'qttt n'excède pas 100®.
253. Dans des etpérienced délicates sur la force élastique des vapeurs , de même que pour déterminer les différentes températures auxquelles oerjains liqi^ides passent à l'état de fluides élastiques, il est souve^^t utile» pour pouvoir observer l'appareil immergé dans i'eau^ d'employer des vaisseaux de verre; mais comme on âe peut pa^y appliquer directement le feu, et qu'ils oiU cependant besoin d'être maintenus pendant quelque temps à une certaine température , il convient de iaire arriver la vapeur dans le bain même , au moyen 4'uB tube qui descend au fond du liquide* Il est nécessaire alors d'employer une chaudière fermée , à cause de la pression à laquelle la vapeur est soumise. De petite^ chaudières à expériences, de quatre à cinq poue^ d# diamètre, sont suffisante^ pour cet usage, et peuyetti être facilement placées sjur une lampe. Le tu^e que l'on emploie ne doit plus être en papier, mais biep en métal ou en verre. L'on doit aussi , pour s'opposer au* tant que possible à l'évaporation, couvrir la surface du bain d'une légère couche d'huile; il faut même entoO:* rer le vase avec du linge ou du papier toutes 1^ ^iois qu'u n'est plus nécessaire d'observer les objets placés dans son intérieur. L'on s'oppose ainsi à la perte de çha^ leur. Dans de semblables expéri^ces l'on doit toujours avoir deux ou trois thermomètres dans le bain, afin de prendre la température d'un grand nombre de painit/
1S2 HANIFtLA.tlOKâ CHIMIQUES»
el d^ reconnaitre les dtfi^rences qui peuvent exister, ee.q[tti ne manque jamais d'avoir lieu lorsque les surf!M^ en contact avec Tair sont si grandes, les causes da^scCrdidissementsi puissantes , et que la source de la okaleur se troo^ponr ainsi dire appliquée en un seiilpoint. ' '
Du thermomètre. *
254. Le thermomètre étant un instrument que Ton emploie .constamment pour évaluer les degrés delà température dans de certaines limites , il est indispensable de^ faire connaître ici les erreurs auxquelles il peut donnèl* lieu y les moyens de les corriger , et les «ausea générales qui peuvent influer sur ses indications. Nous ne décrirons point la manière de conttraire cet instrument; car, en raison des applications nombreuses que l'on en fait journellement, il en existe une c^uahtité si considérable dans le commerce , qu'il serait difficile d^imaginer un endroit où ron pût s'occupêr de chimie, et où Ton ne p&t se procurer un thermomètre. D'une autre part, la construction du thermomètre, quoique très- facile à comprendre et même à décrire, est pourtant très-difBcile à exécuter, et l'on ne peut en faire même un médiocre , sans avoir Une grande habitude et une certaine dextérité ; ainsi une simple deiscriptibtt, quelque détaillée qu'elle fût, serait toujours insuffisante pour celui qui ne saurait pas déjà souffler et manier le verre. Nous nous contenterons donc seulement d'indiquer les moyens de vérifier ceux, que l'on trouve à acheter , ce qui sera d'autant plus nécessaire, quails sont presque toujours inexacts, et ponrrident quelquefois donner lieu à des erreurs
THERMOMETRE* 153
très-gravés, bien qu'on 'puisse cependant s'en servir pour les usages vulgaires.
255. Le thermomètre le plus en usage est le thermomètre à mercure, bouché hermétiquement à son extrémité supérieure. 11 doit être parfaitement purgé d'air; pour s'en assurer on le renverse de manière à placer la boule en haut; on lui imprime alors brusquement deux ou trois secousses, à l'efTet de faire descendre le mercure dans le tube. Si l'espace occupé dans le tube par le mercure est primitivement fort petit, TeQet fiera peut-être difficile à produire , et l'on y parviendra plys facilement en dilatant un peu le mercure par l'action de la chaleur, de manière à lui faire occuper un plus grand espabc dans le tube. Dans ce cas, la secousse imprimée à l'instrument devra faire descendre le mercure jusqu'à l'extrémité effilée du thermomètre; mais à mesure que le mercure descendra ainsi dans le tube, •il laissera dans la boule un espace vide correspondant, où peut-être il se divisera dans le tube même , et une portion seulement du métal descendra vers l'extrémité. Dans l'un ou l'autre cas , Ton en pourra toujours conclure que la partie supérieure du tube était sensiblement privée d'air, puisque le mercure a pu parcourir librement toute la longueur du tube , et parvenir, ou à peu prèSj jusqu'à son extrémité inférieure. Au contraire, si le mercure ne changeait pas de place, ou s'il ne s'abaissai,t que d'une petite quantité malgré toutes les tentatives, l'on devrait en conclure que lé thermomètre n'est pas entièrement privé d'air. La présence de r*air dans cet instrument occasione dans ses indications des anomalies qu'on ne peut déterminer avec précision qu'en le comparant avec un thermomètre reconnu exact.
iSi MANIPULATIONS CHlMlQUtd.
^50. Lorsqu'on s'est assure que le thermomètre e$X purgé d'air, il faut vérifier alors l'exactitude de la graduation. Les thermomètres sont, en général » gradués en marquant sur la tige deux points principaux correspondans, Tun à la fusion de la glace ^ l'antre à Tél^ultition de Teau pure à la pression ordinaire. L'on diyise ensuite Vespace compris entre ces deux points en un certain nombre de parties égales que l'on appelle degrés. Ces degrés sont au nombre de 180 dansl'^* chelle de Fahrenheit , et de 100 seulement pour le thermomètre centigrade ; l'on continue ensuite la graduation en portant au-dessus et au-dessous de ces points extrêmes des divisîpns égales en longueur aux degré! précédemment déterminés. Pour vérifier le pointde32* de Fahrenheit ( Û, de centigrade), l'on prend unecer^ taine quantité de glace pilée ou de neige que l'on mêle avec une suffisante quantit^é d'eau pour en faire une pâte claire , dans laquelle on introduit là houle d^ thermomètre ; on l'agite pendant quelque temps , jusqu'à ce qu'on aperçoive que le mercure est parfaite* ment stationnaire ; et si le point auquel il s'arrête est précisément celui marqué 32 , on peut le regarder comme exactement déterminé. Pour vérifier ensuite le jpoînt marqué 212® (100<> cent.), l'on met de l'eatt dans un vase métallique ; on la porte à l'ébuUion , et , lorsque la vapeur se produit en abondance , oh plongé la boule du thermomètre dans la vapeur, à peu de dis* tance de la surface du liquide , ou dans le liquide luimême y mais à une très-petite profondeur. Quand le mercure , après s'être successivement élevé , indiquera le maximum de chaleur , il devra , pour être exact , se trouver précisément au point marqué 212®. Il est nécessaire f dans cette expérience , que le v^e que l'oii
TÉRI?ICATIOI«a DBS THBRHOllilAES. 1$5
emploie soit couvert y mais pas cependant assez hermétiquement , pour que la Tapeur ne puisse s'échapper librement; car alors, elle atteindrait un degré de chaleur supérieur à celui qu'elle doit indiquer. Enfin, pour vérifier si les degrés sont égaux dan^ toute retepdue de Téchelle, Von séparera une petite portion de la colonne de mercure qui se trouve dans • le tube, en renversant l'instrument et lui imprimant une secousse brusque , comme nous l'avons dit tout * à l'heure. L'on promènera ensuite cette petite colonne de métal dans toute l'étendue du tube; ce qui se fait en inclii:iant légèrement celui-ci, et en aidant au mouvement de la colonne de mercure par quelques légères secousses; si , dans toutes ses positions, le métal occupe toujours le même nombre de degrés , la graduation est exacte, mais s'il en est autrement , les degrés n'ont pas tous la même étendue, et le thermomètre manque de précision.
257. Il est souvent très-difficile, quelquefois même impossible , de séparer ainsi à volonté une portion de la colonne de niercuré : le moyen qui reste alors est de le comparer dans sa marche avec un instrument sur Texactitude duquel on puisse compter, et qui aurait été vérifié lui-même par la méthode que nous venons d'indiquer, ou qui aurait été divisé préalablement en parties égales au moyen d'une bulle de mercure introduit^ dans son intéri^ir, et portée successivement dans toute son étendue. Si, en comparant les deux instrumens , on observe unie correspondance parfaite entre un certain nombre de degrés , et que d'ailleurs les divisions soient égales entre elles,, on peut considérer celui que l'on essaie comme exact.