‹ Manipulations chimiques (volume 2)Chapitre 55 sur 74 · X.a precipitation est un moyen précieux de · texte numérisé non relu

X.a precipitation est un moyen précieux de

Î>arer les aubfitances les unes des autres; elle consiste à es {aire passer de Tétat soluble à l'état insoluble en changeant les rapports qui existent entre le dissolvant et hà substance en dissolution. Tantôt on y parvient en altérant la nature du dissolvant , comme lorsqu'on ajoute de Teau à une dissolution de résine dans TalecH hol 9 ou de l'akohol à une dissolution de gomme dans Teauy tantôt en modifiant la substance en dissolution » comme lorsqu'on verse de l'acide sulfurique dans une dissolution de baryte pour en précipiter la base» on de l'ammoniaque dans la dissolution d'un sel ferru^^in^ox pour en précipiter Tos^ide. La précipitation est souvent employée pour rendre sensible la présence d'un corps , et forme une partie essentielle des procédés d'analyse et des manipulations qui ont pour objet la découverte , la séparation et la détermination des quaur tités relatives des diverses substai^es qui composent un corps. Les matières qui déterminent la séparation d'une substance en dissolution et la fout paraître à l'état solide , portait en général le nom àe précipitant j et la substance séparée celui de précipité,

469. La plupart des vases employés dans les ma« nîpulfttionsy tels que verres (313 )| bassins (344) , fleûsoBf en cristal ^ ballons ( 346 , 347 ) , ont déjà

été décrits; mais il y en a deux qui méritent une mention particulière. L'un est une cloche à pied ayant euTiron un ^^ v:C>' pouce de diamètre , et deux et demi de hauteur : elle est très-utile pour examiner les précipités formés dans les eaux minérales , ou les dissolutions; on doit donc en avoir un assortiment de deux ou trois douzaines dans un laboratoire. L'autre vase est du genre de ceux connus sous le nom d'éprouvettes de Phillips. Il a la forme d'un cône tronqué, comme on le voit dans la figure ; il est surtout avantageux pour la formation des précipités , par la facilité qu'ont les particules solides à tomber au fond du liquide, puisque le précipité, en descendant, ne rencontre aucun obstacle de la part des parois du verre, dont il tend même plutôt à s'éloigner. Il faut en avoir de deux ou trois grandeurs différentes, pouvant contenir, par exemple , deux , quatre et huit onces. Nous avons déjà décrit des vases de cette forme (343).

470. Lorsque dans le courant d'une recherche on a besoin de connaître si une substance en dissolution sera précipitée par certains réactifs , il peut arriver qu'après l'addition de ce réactif la séparation se produise immédiatemeilt : dans ce cas la question est résolue; dans le cas contraire, il ne faut pas la regarder comme décidée négativement , et abandonner le mélange. Mais , après l'avoir laissé reposer pendant quelques heures, on l'examinera de nouveau. Si l'on n'aperçoit aucun signe de précipitation , on devra l'exposer à une chaleur de f 00^ environ : la précipitation se produira peut«ètre par cette élévation de température; s'il en était autrement^ il faudrait encore attendre que le mélange fût revenu à la iempératare

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ordinaire, et l'observer alors pour la dernière fois. Faute d'avoir pris tous ces soins, on a souvent jugé impossibles des précipitations qui auraient pu avoir lieu. C'est ainsi qu'on a souvent regardé comme inexacte la méthode par laquelle le docteur Yollaston reconnaît la présence de la potasse dans l'eau ; ce qui tient uniquement à la précipitation avec laquelle l'opération a été répétée.

471. Les substances capables de produire des précipités dans certaines solutions étant supposées connues , les instructions sur ces sortes de manipulations doivent se borner uniquement à indiquer les précautions à prendre pour obtenir ces précipités, et assurer^a séparation complète de !a substance en dissolution. Les éprouvettes de Phillips (469) sont, comme nous Tavons dit, les vases les plus convenables pour ce genre d'opération.

472. 11 est souvent nécessaire , lorsqu'on verse un précipitant dans une dissolution , d'en ajouter jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'effet produit. Il est facile de juger la formation du précipité aux premiers niomens de cette addition ; mais lorsque le liquide devient laiteux et épais ,c l'opérateur ne peut plus reconnaître si les portions qu'il ajoute augmentent ou non le précipité : sitôt que cela arrive, on doit cesser d'ajouter du précipitant, et, après avoir agité le mélange, on le laissera reposer pendant quelques minutes; la partie supév rieure du liquide s^'éclaircira , et l'on pourra alors en enlever une petite portion , soit en le décantant dans un petit verre (369), soit en y plongeant une tube au moyen duquel ou en placera une goutte ou deux sur un plateau de verre (61). Il suffira ensuite d'ajouter un peu du précipitai)t dans le )iqu|de ainsi séparé, el de re«

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marquer s'il a'y produit quelque trouble : si la liqueur n'est pas troiiblée , c'est une preuve qu'on en arait ajouté suffisamment dans la dissolution. Dans le cas Goniraire , il faut réunir la portion enlevée à la masse totale, ajouter une nouvelle portion du précipitant, et après avoir agité comme ci-dessus, examiner de nouveau le liquide jusqu'à ce qu'on se soit assuré qu'il ne se produit plus de précipité.

473. Si le précipité ne se sépare que lentement, il n'est pas nécessaire d'attendre que le liquide de la surface soit parfaitement clair ; car, lors même qu'il serait encore opalescent , on peut presque toujours observer l'0(lfet produit par une nouvelle addition du précipitant* Ce n'est que lorsqu'on approche du point où le précipité est en quantité suffisante, que le liquide qu'on essaie doit être parfaitement clair. Lorsque le précipité se dépose rapidement, on n'a pas besoin d'enlever da liquide pour l'essayer séparément; le liquide étant clskir ou à peu près sur une hauteur de un à deux pou* ces, il suffira pour l'essayer de plonger un tube da verre dans le précipitant» et de le porter ensuite à la suriace du liquide ; la petite quantité de réactif ainsi enleyée indiquera , en descendant à travers le liquide dair^ ai une nouvelle addition est nécessaire.

474. La dissolution contient quelquefois tant de matière à précipiter > qu'avant d'avoir ajouté le précipitant en quantité suffisante, on obtient une masse épaisse , même pâteuse. Dans ce cas , il faut délayer le tout) car non - seulement la partie liquide est ea quantité tellement petite, par rapport à la partie solide , qu'elle n'en peut être séparée par le(& moyens ordinadk res/miais, en raison de la consistance du mélange , on n'turail pas la certitude que le réactif ajouté ttkK uni-

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formément répandu dans toute la masse. Sî, par quel* ques circonstances particulières, on voulait éviter d'augmenter le liquide , il faudrait prendre un peu du mélange, que Ton délaierait dans un petit verre, et qu^on essaierait comme ci-dessus; ia quantité d'eau qui âera ajoutée à la masse totale lorsque la partie essayée lui sera réunie ne pouvant être d'aucune im* portance.

475 et 476. Les précautions que nous venons dln-^ dîquer , relativement à Taddition de précipitant , ne se rapportent qu'aux cas où l'on veut connaître exactement son rapport avec la substance précipitée, ou lorsque le précipitant est précieux , ou enfin lorsqu'un excès de ce dernier rendrait plus difficiles les opérations subséquentes. Si Ton avait en solution un sel de baryte , et qu'on voulût en obtenir l'acide pur en précipitant la base par Tacide sulfurique, le plus petit excès de ce dernier au-delà de la quantité rigoureusement nécessaire pour neutraliser la baryte altérerait l'acide que Ton recherche. Il faut donc dans ce cas ne négliger aucune des précautions ci-dessus citées; et, lorsqu'on approche du point précis de saturation, il est préférable d'étendre d'eau le précipitant (qui dans l'exemple choisi serait Tacide sulfurique ) , pour être plus sûr de ne pas en ajouter trop à la fois.

477 et 478. Lorsqu'on se sert de baguettes de verre pour agiter des mélanges qui contiennent des substances précieuses ou dont on veut connaître le poids, il faut laver la baguette , et faire tomber le liquide adhérent , puis réunir cette eau à la dissolution , afin de ne rien perdre : ce lavage s'effectue au moyen de la bouteille à laver. Si l'on doit agiter à différentes reprises , il faut dans les intervalles placer la baguette debout , l'extré-

2iO MAMIPULATlOIfS CHIIIIQUE9«

I mité inférieure dans un petit verre ;, et laver ensuite le

[ verre et la baguette comme nous venons de le dire.

.# 479. Il n'arrive que rarement que les précipités

aient besoin de la chaleur pour se former ou se séparer, mais , dans quelques cas particuliers , il est très-utile de l'employer; on se sert pour cela de capsules (3 4 4) , de ballons, etc. (346). L'on peut opérer la précipitation d'une substance dans une capsule, lorsque le précipité doit être immédiatement exposé à l'action de la chaleur; mais $i l'on fait usage d'un ballon, il est plus commode de précipiter d'abord dans un verre ou dans une cloche, et de transvaser ensuite le liquide dans le ballon. La chaleur du bain de sable est généralement suffisante pour ces opérations.

480. Quelques précipités présentent des phénomènes particuliers qu'il n'est pas inutile de signaler ici. Le chlorure d'argent, qui se produit en versant du nitrate d'argent dans d^ l'acide muriatique , se sépare plus facilement. en agitant le liquide et le versant à différentes reprises d'un verre dans un autre; il se réunit alors en flocons qui se précipitent immédiatement, au fond du vase en laissant le liquide surnageant presque clair; cet effet ne se produirait <Jue' beaucoup plus lentement si l'on ne prenait pas cette . précaution. Le dépôt se faisant plus promptement lorsque le liquide contient du nitrate d'argent en excès ou un peu d'acide nitrique, il est parfois avantageux d'y en ajouter une petite quantité. La chaleur favorise aussi la précipitation.

481. La chaleur et un petit excès d'acide nitrique, lorsqu'on peut en ajouter sans inconvénient, hâtent encore singulièrement la précipitation du sulfate de ^arytç.

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