‹ Manipulations chimiques (volume 2)Chapitre 59 sur 74 · SECTION XL · texte numérisé non relu

SECTION XL

Evaporation^ dessiccation.

. 654. L'évaporation est une bpéradon si simple ^ on l'ej^écute si fréquemment , qu'elle est à la portée de tout le monde. Les ^ases employés le plus communément sont des terrines (344) , une ou deux bassines en argent et en plomb (345) , un creuset, des capsules de platine (345)| des ballons (347) , des capsules en verre, des verres de montre, etc. « tous vases qui ont déjà, été décrits au chapitre qyi traite de la dissolution.

àii. En parlant de lu cristallisation (JI38), il a été gestion de Tévâporation spontanée qui se prpduit à la température ordinaire, etTon a particulièrement insisté sur la nécessité de faire choix, pour placer les vases, d'un lieu propre et aéré, ou bien de les tenir couverts. On a considérablement perfectionné et accéléré ce procédé en employant des substances absorbantes : M. Leslie ( 1 ) a obtenu par ce moyen des effets qui surpassent tout ce '^u'on avait pu imaginer jusqu'à lui. Son procédé consiste à placer le liquide à évaporer dans un vase, de manière à présenter une grande surface, soUs le récipient d'une machine pneumatique , avec un autre vase contenant une substance

(t) Stippl^mrat â rEoéyclojtédie briUDUique , art. Froldl.

KTAPOBATlOIly DESSICCATION. 3^9

qtiiail; beaucoup d'affinité pour Teau / telle que Tacide ftulfurique concentré , et présentant une surface double ou triplé de celle du liquide à évaporer. Ces deux vases doivent être disposés de façon que le premier se trouve au-dessus de l'autre. On recouvre le tout d'une cloche , et après avoir fait le vide on abandonne Texpérience à elle-même. Par Tefifet de la soustraction de l'air^ l'eau émet une quantité de vapeur dont la tension est relative à sa température ; cette vapeur est rapidement absorbée par l'acide salfurique, et il s'en forme de nouvelles qui se trouvent absorbées comme la première. L'opération continue de cette manière , l'eau s'élevant en vapeur du vase supérieur, et revenant à Tétat liquide en se combinant avec l'acide sulfur iquc.

3 5 6 . Ce procédé d'évaporation , et par suite de dessiccation , est d'autant plus utile ,' que ilon-seulement on n'est pas obligé d'élever la température, mais qu'elle se trouve considérablement abaissée , ce qui est d'un bien grand avantage dans une foule de cas où L'on veut dessécha des substances organiques délicates que la moindre chaleur altérerait. Il suffit dans ce cas de remplacer le vase d'eau par la substance à dessécher, ou le filtre sur lequel on l'a recueillie , ou par la capsule qui contient le précipité. On emploie pour soutenir ces substances un petit trépied en verre , et que l'on place dans la capsule où se trouve l'acide sulfuriqne.

557. Pour que l'opération ait tout le succès désirable y il faut que la cloche s'applique bien exactement sur le plateau , de manière que la machine puisse tenir le vide pendant plusieurs jours. L'acide sulfurique exerce au premier abord une action très^énergique , mais qui va en s'affaiblissanf à mesure qu'il absorbe l'eau ; il ftipidra donc l'agiter de temp9 en temp t^^ ce

qui vnm miettx «ncNNré , le changer dèt qu'il m IMutwa éleiidu d*un quarl ou d'un cinquième de son poids d'eau. 11 ne faut pas que Tacide et les corps à dessécher soient jamais en contact ; ainsi lorsqu'on met Tacide pour la première fois, il s'en dégage aux premiers coupa de piston un peu d'air formant des bulles qui vienpent crever à la surface , et souvent projettent quelques gouttes hors du vase; il faut éviter avec soin que eea gouttes ne tombent sur la substance à dessécher.

558* Quoique la disposition que nous venons de décrire soit celle qui donne les meilleurs résultats , elte n'est pas toujours la plus commode. La substance à desaécbep peut encore être mise dans un verre ou un flacon f qu'on place au milieu de la capsule contenant I'acidOf Taeide lui-même peut être placé dans un verre ^ côté du premier; dans tous les cas l'acide doit présenter la plus grande surface possible ^ car si on le renferme dans un vase étroit , la portion qui se trouve à la surface s'af fai* hlissani promptem<»it n'a plus d'action sur la substance. D'une autre part, l'air restant dajis l'appareil» tendant par réffet même de l'opération à s'accumuler à la surface de l'acide , s'oppose à Tabsorption de k vapeur,^ ce qui retarde encore la dessiccation.

fi$9. M* Cooper a trouvé le moyen de disposer on appareil de manière à effectuer «n même temps plu* sieurs opérations en petit, i\ ajoute k eel effet au récipient des plateaux do verre semblables à ceux dont noua avons parlé (547), si ee n'est qu'ils portent ehaeun un petit trou à une distance du bord d'envircm le quart de leur diamètre. Après avoir enduit d'un peU de suif ou d'huile deux de ces plateaux , pour les &ire adhérer parfaitement ensemble» on les plaoe Tun om^re TeutiUkM ÛManltalneidev les tretus/M qm iaiaae ft

BS88IÇC4Tim f AVTÀIIKII^ »l Vf COOPBR. TU

Tair un pa9S9ge librç ; mais peur pou que l'on fasse tourner Tun des plateaux sur lufmémet les troua ne se trouvent: plus en regard , et le passage est intercepte* H* Cooper place sur le plateau de la machine pneumatique une cloche portant une ouverture usée à la meule , à sa partie supérieure , il pose dessus les deu^ plateaux , de manière à ce que les trous correspondent j et dispose la €apsnle d'acide sulfurique avec son verre et sa cloche sur le plateau supérieur. Mettant ensuite la pompe en mouvement I il fait le vide dans les deux cloches qui communiquent entre elles par les petits trous des plateaux; après quoi faisant tourner les plateaux Tun sur rautre^^de manière à.intercepter toute conimunicatioiiy il laisse rentrer Tair dans la cloche inférieure , puis enlève avec les plateaux la cloche supérieure et tout ce qu'elle contient /et la laisse en cet état pendant tm temps plus ou moins long. On peut supprimer la cloche inférieure, en plaçant les trous des plateaux immédiatement au^lessus de l'oij^verture de la machine.

£60. On peut jusqu'à un certain point se passer du secourt d'une machine pneumatique. On met penu^ ^la Vaoide et la substance à dessécher dans des vases eocàvenablea y sur un plateau de verre suffisamment grand 9 frotté avec du suif, et l'on recouvre le toot avec une cloche s'appliquent parfaiteoient sur le plateau; on introduit squs la cloche , en la soulevant un peu, une lampeàe^rit de vin, que l'on retire après quelques minutes en replaçant immédiatement la^lo4<he sur le plateau , de la même manière qu'on le pratique pour les ventouses; il se produit alors un vide, (|ui, JMiH cpt'impiirf&ii > Bt laivim paa 4e SM»iUiif la m«^tie 4» l'-«iiappratkm%

273 MANII^CLATIONS CHIMIQUES.

561, L'évaporation est également accélérée par la 'présence de substances absorbantes, lors même qu'elles sont placées dans un Taisseau où Von ne peut faire le Tide; cet effet se produit toujours mieux à vase clos qu*à vase ouvert, à moins qu'on ne tire parti d'un courant d'air. Les substances le plus fréquemment employées dans ce cas sont l'acide sulfurique , le. chlorure de calcium, le carbonate de potasse, la chaux vive, etc. Un précipité humide, placé au-dessus d'une capsule remplie de chaux , se desséchera en très-peu de temps , si l'on a soin de recouvrir le tout d'une cloche.

563. Quand il n'y a pas d'inconvénient à appliquer la chaleur, l'évaporation a lieu beaucoup plus rapide* ment. Cette opération se fait à l'aide d'un des nombreux moyens indiqués aux articles distillation et dissolution.

563. Si l'évaporation doit se produire au-dessous du point d'ébuUition , il faut employer un vase ouvert, tel qu'un poêlon (544), afin que , la surface du liquide communiquant librement avec l'air, ce dertiier se charge de la vapeur à mesure qu'elle se dégagera. Les croûtes qui se forment quelquefois à la sur&ce d'un liquide s'opposent au dégagement de la vapeur, puisqu'elles font Jes fonctions d'un couvercle, ou de la couche d'huile dont nous avons parlé (338) : cet effet, avantageux dans quelques cas, serait nuisible .dans celui-ci; il faut donc avoir soin de l'empêcher en brisant cette croûte à mesure qu'elle se forme.

564. Lorsqu'on veut évaporer jusqu'à sicci té, comme cela a lieu dans la plupart des analyses , il faut redoubler d'attention au moment où la 8cd>stance commenoe à prendre une consistance sirupeuse; car 1^ moudre-

EVAPORATION, PRÉCAUTIONS A PRENDRE. 273

ment y qui jusqu'alors avait lieu dans le liquide , commence à s'arrêter, en sorte qu'il arrive souvent que la partie qui touche le fond du poêlon est au-delà du point d'cbullition , avant que la partie supérieure y soit même parvenue. Il se produit dans ce cas des dégagemens subits de petites quantités de vapeurs qui simulent de petites explosions et qui projettent la sub- >stance au dehors. 11 faut donc continuellement remuer les matières , ce qui non-seulement préviendra la trop grande élévation de température au fond du vase, mais encore accélérera Tévaporation , en facilitant le dégagement de la vapeur. Si quelques parties de la substance s'étaient mises en grumeaux « on substitue un pilon à la baguette de verre , on les écrase à mesure qu'ils se forment , et on les mêle avec les parties plus humides , afin que la dessiccation s'effectue uniformément sur toute la masse. Dans les analyses, il faut avoir soin de ne rien perdre , et de détacher avec la spatule de platine tout ce qui pourrait adhérer à la baguette qui sert à agiter, ou au pilon ; on peut même les laver avec un peu d'eau , et ajouter plus tard ce liquide au. reste.

565. Lorsqu'on laisse évaporer sans les agiter des substances qui , comme le sel marin , passent à l'état^ solide, il se forme souvent une masse au-dessous de laquelle il se produit de la vapeur qui finit par acquérir, une force suffisante pour causer une explosion violent^/ briser quelquefois le poêlon, et projeter au jôiiji^.la^. substance. 11 suffit de re;muer fréquemment pour prévenir un semblable accident. Lorsque par la nàtiire dii sel on n'a pas à craindre cet inconvénient , et que l^ppération n'exige pas une grande exactitude , on peut se dispenser d'agiter, et il suffit de couvrir le vase évapo- 1. " 18

S74 iklAMIPULATIÔNS CHIMIQUES.

ràtoiré avec un autre pour empêcher toute dispersion de là substance. On maintiendra le vase supérieur à une température un peu élevée, en le remplissant de sable» afin de prévenir la condensation de la vapeur à sa surface, et son retour dans le vase inférieur, ce qui retarderait la dessiccation.

566. Lorsque TébuUition est indispensable pour opérer Tcvaporation , il n'est pas nécessaire de mettre ]à substance dans un vase ouvert , quoique l'opération s'y fasse toujours plus promptement; Ton peut alors se seHnr décapsulés ou de ballons : dans ce dernier cas, il éèl assez difficile d'en retirer la substance solide après l*évâporialiôn ; mais cet inconvénient se trouve quelquefois Compensé par de grands avantages. L'analyse des èàux minérales exige souvent qu'on agisse sur des massed considérables, et comme un seul vase ne pourrait contenir à ia.fois tout le liquide, on l'y introduit par portiohs successives; il faut prendre bien garde, dans ces sortes d'opérations qui sont très-longues, de ne rien perdre des matières, et en même temps de prévenir le contact de la fumée et d'autres substances étrangères. Les flacons de Florence sont alors les plus convenal^les ; cliaufTés au bain de sable, l'évaporation s'y fait trèstapîde'ment, et si l'on a soin d'ajouter de l'eau a mesure dù'elilè s'évapôrè, on finit par réduire le tout à un trèspetit volume. On décante alors le liquide , on lave le û^éûtXy et l'on traite le résidu suivant les procédés dfdMaÀ'ésl

Aôt.' ^our empêcher l'introduction de la poussière par îe col du flacon , on se sert d'un cornet de papier qUd Ton placé dans l'ouverture en guise de bouchon, Ott dont du Ik recouvre comme d'un éteignoir.

^è. Lorsque l^évaporatiôn se fait dans Un poêlon , à

la teibpérature de IVbulIition , un couvefcîte est tMàtt plus indispetisabley puisque le mouTetiient du liqtiidi6 peut facilement en projeter quelques p;arties au âeb6rSy et que la poussière et la fumëe ont un accès plus faè^. Le meilleur couvercle est un second poêlon placé pàf dessus f et maintenu chaud (565). Il faut t6njours , ainsi ijûe le recommande M. Berzélius, que 1« couvercle soit convexe en dessous, afin que le liquide qui se conden»> sera à sa surface retombe dans le vase / et tie puisse ô'écouier en dehors : les particules de matière eh distillation , lancées contre le couvercle, se réuniront alors à la masse , tandis que dans le cas contraire elles feraient perdues.

569. Au lieu d*un Qacotl de Florence, il est quet qnefois avantageu^^, pour Tévaporation des eaux minérales , de se servir d'un vase métallique , parce cpL*îl serait possible que par VefTet d'une longue ebullition il se détachât du verre des ' substances oui pourraient occasioner des erreurs dans l*analyse. A dé&ut de vases de platine , on peut âif besoin se servir de vases d argent ou d*un grand creuset de même iuétal. On lé t^ecouvrira, comme on Ta dit X 568 ) , aVec une capsule de platine ou d*ar gent , et Ton y Versera le Hquidf} par portion^ successives.

570. $1 )'on fait évaporer un liquide dans un poêlon au bain de sable, il faut prendre lès préi^aution^ iiidlquéé^ (355), et quand on juge à propos d*éni-

{>lpyer le chapiteau mobile (364), il faut s'assurer préaablemênt que l'intérieur en est parfaitement propre.

571.. Lorsqu*où fait évaporer au bain de sable ou à là dialeur 4'tine lampe des dissolutions de substances animales ou végétales jusqu'à siccité ou a peu près, il peut arriver vers la fin de Topération que la temp^era-

276 ttÀNIPUJLATlOMS CHllUQUES.

ture du fond.du poêlon s'élève au point de décomposer la substance. Il faut alors remuer constanjiment la dissoluûon dès qu'elle commence à s'épaissir , et comme oi^ ne peut faire usage d'un thermomètre pour reconnaître la chaleur du ifond du poêlon , chercher à s'en assurer par quelque autre moyen. Sir Humphrey Davy conseille de teijir en contact avec le fond extérieur du bassin quelques copeaux de bois : si la température s'élève au point de charbonner le bois, c!est un indic^ qu'elliç peut altérer la s^bstance9 et il faut aussitôt la retirer, du feu. A défaut de copeaux on peut se servir de-bandes de papier. Il faut prendre les mêmes précautions pour la dessiccation des substances organiques en poudre 'y et avoir soin de les remuer continuellement si, le fopd du vase dans lequel o^ les a placées est sus* ceptible de s'échauffer au point de les al^érçr.

572. Lorsque la sub;^tance que l'on dessèche au bain de cable ne peut être altérée par l'élévation tie ta température , on la couvre , afin de la garantir de la poussière , avec une feuille de papier, un plateau d^ verre ou un autre bassin; mais alors il faut décpi^vrir le vase de temps en .temps pour laisser échapper la vapeur, et avoir soin à chaque fois de faire sécher le couvercle avant de le replacer.

573. On a souveptbespin de s'assurer si la substance est complèten^^t desséchée, ou si elle fournit encore d^ la vapeur : un excellent moyen 4 y parvenir consiste à couvrir le vase qui la contient avec un plateau de verre froid : si l'on aperçoit quelque trace d'^humidité à la surface . c'est un indice qu'il se forme encore de la vapeur, il faiU laisser le plateau pendant au moins une minute^ pu au moius jusqu'à c^ qu'il soit chaud, afin d être, plus sûr qu'il n'y a plus ^e vapeur* C'est par ce

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