DESSICCATION, PROCEDE DE M» ROBINET
qu'on place dans un entonnoir, pour les laisser 8*égoutter, des cristaux humides ou d'autres substances en fragmens , l'opération marche arec plus de rapidité si on fait passer dans la douille de l'entonnoir une bande de papier roulé qui touche aux cristaux par sa partie supérieure, et sorte de la douille à son extrémité inférieure : cette espèce de conduit hâte considérablement l'écoulement du liquide.
M. Robinet a perfectionné ce mode de dessiccation des cristaux en faisant passer un courant d'air dans l'entonnoir. Après avoir mis dans la douille un peu de coton cardé, pour retenir les cristaux , il place l'entonnoir sur un dès goulots d'un flacon à deux tubulures , et adaptant un tube à l'autre , fait passer dans le flacon de l'air, qui , pour s'échapper, est obligé de traverser les cristaux, et enlève ainsi Thumidité qu'ils avaient retenue à leur sortie des eaux-mères de manière à sécher en peu de temps ceux qui sont le plus imprégnés de liquide.
2^ iHKtnrvLàjion* chiiiiqqk$.
SECTION xn.
Papiers réactifs colorés ^ neuiraUsatfoH.
582. Les substances chimiques comprises sous les deuomluations d'acides et d*alkalis jouissent à Tétat libre de la propriété d'opérer des changçmens constans dans la teinte de certaines couleurs végétales. La facilité avec laquelle ces changemens se produisent, et peuvent être constatés , à été mise à profit pour reconnaître la présence des acides ou des alkalis, soit à Tétat libre, soit combinés en excès avec d'autres corps. Les matières colorantes, dont on fait continuellement usage dans les laboratoires , s'emploient soit en dissolution , soit fixées sur le papier; on leur donne dans ce cas le nom àe papiers réactifs »
583. La seule substance de ce genre dont l'emploi en dissolution soit peut-être préférable , est l'infusioa acide de chou rouge : on la prépare de la manière suivante. Après avoir coupé en morceaux un ou plusieurs choux , on verse dessus de l'eau bouillante aiguisée d'un peu d'acide sulfurique , on agite bien le mélange, on le couvre, puis on le maintient chaud aussi long-temps que possible, soit en l'enveloppant, soit en le tenant exposé pendant une heure ou deux dans un vase de cuivre ou de terre à Taction de la chaleur, de manière qu'il reste un peu au-dessous du point d'ébuUition. L'eau doit être en quantité suffisante pour recouvrir les choux, et doit contenir de l'acide sulfurique dans la
proportion d'une demi-once d'acide concentra poiiu^ çbaqae chou. Cette infusion terminée , on décante Ip liquide, et Ton verse sur le résidu une nouvelle quantity d'eau contenant un peu moins d'acide , on opère comme la première jfoisi et aprè9 le refroidissement on ajoute le produit de cette seconde infusion à celui de la pre^ mière, et Ton jette le résidu. On fera ensuite évaporer }e liquide jusqu'à réduction de moitié ou du tiçrs âp 9on volume , et après l'avoir laissé déposer, on le tirera à clair; puis versant de l'eau sur le dépât, évaporant et tirant de nouveau à clair, on mélangera ce liqui4f avec le premier, ou l'on s'en servira séparément. Cettf infusion, enfermée dans des bouteilles, peut se conr server pendant une année. Quand on voudra s'en scr* vir, il faudra cQmmencer par neutraliser l'acide , non par Tammoniaque , mais par la potasse ou la soude caus* tique; elle sera alors d'une belle teinte bleu foncé, et il faudra presque toujours l'étendre de douze à quçi* torze fois son volume d'eau. Le liquide rouge des choux confits au vinaigre peut ^ci besoin remplace^ l'infusion de chou rouge; mais il faut également en neutralisejf l'acide.
â84. Les papiers réaetifs sont d'un emploi beaucoup plus commode que les dissolutions ; ceux dont on se sert le plus généralement, à cause de leur sensibilité, sont le papier de tournesol et celui de curcuma. Pour préparer le premier on pulvérise du tournesol dans un mortier avec de l'eau chaude, on verse le mélange dan^ un vase évaporatpire , et l'on y ajoute de l'eau chaude dans la proportion d'une demi-pinte pour chaque oncç de tournesol; laissant reposer, on tire le liquide à clair, puis on lave le dépôt aussi long- temps qu'il ifoumit de la couleur. La première eau étai^t mise dç
384 MÀNIPOLITIÔNS CHIMIQUES.
côté , Ton réunit les autres , et on les fait évaporer jusqu'à ce qu'en y plongeant un morceau de papier à filtrer on le retire suflisamment coloré.
585. On y trempera alors du papier blanc non collé, afin que la teinte soit bien prononcée , et que le liquide le pénètre facilement. Le papier collé présente une teinte pluà agréable; mais il est moins sensible. Il faut néanmoi^is qiié le papier soit assez fort pour lie pa% être transparent quand il sera mouillé ; et l'on doit s'assurer pr^éalablement qu'il ne contient point de matières terreuses ou alkalines, surtout du carbonate de chaux. On suivra pour le choix du papier les recommandalions faites pour le papier à filtre (503).
586. ' On divisera les feuilles de papier en morceaux de grandeur à pouvoir être plongés dans le liquidé. On versera la dissolution de tournesol dans un plat ou une assiette à soupe , et l'on y passera les morceaux de papier l'un après l'autre de manière a ce que le liquide les recouvre ; les laissant ensuite égputter pendant quelques minutes ^ on les fait sécher dans un endroit convenable en les plaçant sur un fil ou une ficelle. Il faut avoir bien soin de les garantir des vapeurs acides et de celles du charbon , qui en altéreraient le couleur, et de les retirer aussitôt qu'ils sont secs. La teinte doit être d'un beau bleu foncé; si elle n'est que bleu clair , il faut s'assurer qu'elle est néanmoins franche et prononcée , en examinant si la teinte rouge qu'ils prennent en les plongeant en partie dans un acide très-faible est vive , et tranché bien avec la teinte bleue qui se trouve au-'dessus. Si l'infusion était tellement faible que la teinte fût trop claire , on tremblerait le papier de nouveau; mais il faut autant que possible ne pas avoir recours à ce moyen qui exige
PAPIERS AE4CJIF5 y PAPIER PE CURCUMA. 285
pour sécher le papier une seconde exposition à lair. 537. Lorsque des parcelles de tournesol restent en suspension dans Tinfusion, et lui donnent ui^ aspect louche , on ne doit pas s'en inqtiléter, puisque ces par^ ticules sont elles-mêmes des réactifs aussi sensibles au9 le papier coloré.
588. Lorsque, le papier est d'une couleur convenable et parfaitement sec y on, le ploie et on Téntoure de papier à enveloppe ^ de manière à le garantir de Tac: tion de l'air et de, la lumière: celle-ci en détruirait la couleur; l'acide carbonique et les autres . substances que contient ^'air pourraient en altérer la teiïitej,e^ par conséquent la sensibilité.
., S89. Lp papier de curcuma se prépçire de la même manière,* Après avoir fait bouillir une once de curcuma pulvérisé avec dix a douze onces d'eau pendant une demi-heuxe , et aypir passé le mélange à travers uiî ^nge.9 pn y plon^ge.du papier semblable à celui doEit il a,été question (585). L'infusjon doit communiquer au papier un^ belle couleur jaune quand il est desséché. Pendant son exposition à l'air^ pour le faire sécher,, il suffira de le garantir des vapeurs acid(es etalkalines, qui en diminueraient l£^.sensibilité. .
. '^90. Cç papier doit être coupé çn morceaux de six pouces de longueur sur un demi-pouce de large, ot renfermé dans un bocal entouré de papier noir, ou ]|ii|BUX, encore dans un papier fort; dans ce cas il faut avoir soiUj de laisser dépasser d'environ un pouce des bouts deis.papiers réactifs, ^fin de. pouvoir, saisir facil^fn^t celuidppjt on a besoin. .
, .,691. . I^orsqu'on.se sert de ces p^ipiers pour reconnaître si un liquide contient un acide ou un alkali', il
suffit dç les mouiliçr avec le liquide , et d observer le
iib IIAtflt^tLATlOifïS CHlIin^ÈS.
changement qui s'opère dans sa couleur. Si le liquide est acide, la couleur bleue du tournesol tournera aussitôt au rouge; si au contraire il est alkalln» la couleur jaune du papier de curcuma passera au brun, ï^our mouiller le papier on le plonge ordinairement dans le liquide ; mais il vaut mieux en porter une goutte sur le papier au moyen d'un tube de Terre (348), ce qui n'expose pas à salir le liquide aree le j^apier, et n'exige qu'une fort petite quantité de liquide à la fbis.
692. Ces essais doivent se feiire dé jourt les variations' produites par des petites quantités d'acide oti â'adkali pouvant difficilement être saisies à la lumière artificielle. L'intensité de la teinte produite par Tâcide ou Talkali ^tant en raison de la quantité de ces substances dans le liquide , il faut apporter à Ferpérienûé une attention d'autant plus scrt^pulensë qu'elles sont en fnoindre quantité. On doit aussi s'assurer que les chaugemens de teinte ne sont pas produits seulement par l'action dé l'eau, ce que Von constate en dppliiquant une goutte d'eau distillée à côté de la portion qui aura été colorée par le liquide.
593. Quoiqu'on emploie le plus ordinairement le papier de tournesol pour connaître là présence dtt acideis , et le papier de curcuma pour recoianattre celle dès alkalis , on peut faire servir le premier à cette der* nière opération; il suffit pour cela dé le rougir préala* blement en ^exposant à Tair, ou i la Vapeur de l'acide muriatique. Ainsi préparé , le papier décèle la présence â*un alkali lorsque plongé dans ce liquide il reprend sa teinte bleue primitive. La manière la plus coi^mode de rougir le papier de tournesol , lorsqu'on veut s'en servir au lieu de papie;r de curcuma, est de verser àeux ou trois gouttes d'acide muriatique dans tcne
PAPIERS RÉACTIFS^ NÉUTRALISATIOIf. ^^t
grande cloche, et de présenter le papier à son ouverture, ou de l*y tenir suspendu pendant un temps suffisant. Il ne faut pas employer trop d'acide à cette opération , car Iç papier deviendrait beaucoup moins sensible, en raison de la quantité d'alkali nécessaire pour le neutraliser et faire reparaître la couleur bleue. C*est pour un motif semblable que nous avons recommandé de n^employer que du papier qui ne contint pas d'alkali ou de carbonate de chaux (58i)) , car ces substances s^ combinant avec une certaine quantité d'acide )c neutralisent, et le rehdent moins sensible^ à Taction de ces réactifs.
694. La.meilleure manière d*efTectuer les neutralisa* tions est de les faire à chaud, surtout si Ton se sert d'un carbonate , et s'il doit en résulter un précipité : dans le prehiier cas , tout l'acide carbonique se trouve dégagé , et dans le second la combinaison est plus rapide et plus parfaite. Les Vases évaporatoires (344) sont trèscommodes pour des opérations de ce genre, en ce qu^on peut facilement agiter les matières qu'ils contiennent; la baguette que l'on emploie pour remuer peut aussi servir à porter les gouttes de liquide sur le |
papier réactif. Les dissolutions à neutraliser ne doivent pas être trop concentrées; et si Ton veut opérer avec exactitude , on devra étendre d'eau la substance que l'on y verse (474), lorsqu'on approchera du point de saturation , par les raisons déjà données. Les différens essais se feront sur le bord du papier, et oii les comparera de temps en temps avec l'effet produit par l'eau froide (593). Dans des opérations délicates cette comparaison devra se faire avec de Teau chaude. Il faut éviter, pendant toutes ces opérations, que le papier réactif ne soit en contact avec des vapeurs acides, ce qui pourrait iûduire en erreur.
595. On précipite quelquefois une substance d'qne dissolution neutre , en y versant un alkali ou un carbonate alkalin; dans ce cas il faut que celui-ci s'y trouve dans le moindre excès possible. On se sert alors de papier de curcuma y et Ton fait Topéralion à chaud comme on Ta dit ci-dessus ; mais au lieu de verser peu à peu le précipitant dans la dissolution , jusqu'à ce qu'il se manifeste un léger excès d'alkali, il vaut mieux mettre à part une petite portion de la dissolution , fs^ire passer tout d'^i coup le reste à Tctat alkalin , et ajouter ensuite par partie la portion mise eu réserve , jusqu'à ce qu'on ait atteint le point de saturation y ce dont on s^assurera au moyen du psipier de curcuma. Ce qui restera de liquide non saturé pourra l'être postérieurement , en prenant toutes les précautions indiquées ^ et sera ï*éuni à la dissolution.
596. Il y a quelques substances qui exercent sur la couleur des papiers réactifs, principalement sur le curcuma , une action tout-à-fait indépendante de l'acide où de l'alkali libre qu'elles contiennent , et qui , si l'on n'en est prévenu , pourrait induire en erreur. C'est ainsi que la dissolution d'acide iodique , faible ou concentrée, agit peu à peu sur le papier de curcuma et lui donne une teinte semblable à celle qu'il prend avec un alkali : les teintes rouges ou rouge brun qu'elle produit sont encore plus vives s'il se trouve quelques autres acides dans la dissolution. Lçs borates, surtout s'ils sont mêlés avec des acides , agissent de la même manière ^ et quelques-uns des changemens qu'ils produisent ressemblent beaucoup à ceux opérés par des alkalis. L'acide sulfurique concentré et lé gaz acide muriatique rougissent le papier de curcuma'; mais l'eau seule fait disparaître cette teinte roujg;e. Le j[az
PAPIERS RÉACTIFS 9 ALKiUiIllÉTRn:* «ff^
ammoniac au contraire ne rougit le. papier de cur^umii qu'autant que ce dernier contient a$3ez d'eau pour dissoudre le gaz. Les sels de fer, d'etain, d'orane, les muriates de zircone de zinc, d'antimoine, de mangar nèse 9 et le nitrate de bismuth , en dissolutions suffisaoïr ment concentrées, affectent le papier de curcum^iL de la même manière que les alkalis (1). Nous deTOQS égd^ lement prévenir ceux qui , pour se mettre à l'abri d'uiie pareille incertitude , font usage de papier jaune teint arec de la rhubarbe, que ce dernier présente des an^ roalies analogues , quoique plus rarement, ce qui n'emr pêche pas que dans certains cas ce soit un exçeUent réactif pour reconnaître la présence des alkalis. ■
587. L'alkalimétrie est fondée sur la neutralisation , et l'emploi des papiers réactifs : son objet est de déterminer la proportion d'alkali libre ou de carbonate contenu dans une substance. Decrpisilles,, le premier, imagina de se servir pour cela de la capacité de saturation ; mais on a depuis perfectionné et étendu son procédé , ainsi qu'on peut le voir dans 1^ ouvrages modernes (2).
598. Dans un tube fermé à Tune de ses extrémités , ayant trois quarts de pouce environ de diamètre intérieur , et neuf pouces et demi de longueur, jpese^trèsej^actement 1000 grains d'eau, et divines;, ^l'e^p^ce qu'elle comprendra en 100 parties égales , 4'^prf<s}e procédé indiqué (116, etc..),; numérotez les cliyisiona de dix ^ dix, à partir du haut. A la divi;iiofi',23,i4 ^pu 'l^fSèf çn paiXtaQt idu bas, faites, du càté ppci^se^a ]a graduation , un trait ayec une pointe de oif n^ant
(i) QiurUrl? jowiul of tciencet , XIII , 3i5 ; XIV ,234-
(a) Ur«^ Di<ttiottiiair« de <^imie, i&trodacfiQji, p. xin. ^"Hearj! ElAsêtu <fo
lAI^ iliflif^Li^IOKtl CHIMIQUES.
(tl8)) & côte duquel Toils écrirez lë mot sbnttg ; Xxh peu du-dessous, au point correspondant à la diviliôn 46,96^ tous tracerez un second trait , et le mot jiéAMir/ TÎs-à-TÎs la dÎTÎsion 54,63, un Irofeième traît iTec \t mot carb. de soude; et enfin à la diTision 65 txh quart, celui de carb. de potasse. Il faut remarquer que les diTisions correspondant à chacune de ces substances ibttt dans un ordre înTcrse de leurs nombres équÎTalèhs , et par conséquent proportionnelles aux quantités â*t»h acidé doilné , qui neutralisent des poidis égaux dé ées âlkàlis ou de leurs carbonates. L'ouTcrture du tube doit être telle ^ qu'on puisse la boucher parfaiiement aTCC le pouce.
599. On pt'éparera, d'autre part, de l'acide sulFuri- ^ûc qu'on étendra conTénablement , pour le ramènera 1,141 dé pesanteur spécifique, ce qui s'obtient en khélàht une partie d'acide à 1,849 de densité aTCc ijuiitré parties d'eau. Aprèscomplet refroidissement, là |>è5ànteur spécifique du liquide sera à très-peu de chose près 1 ,141 : il couTlent même ai s'en assurer aTant de s'en serrir. Admettant le mélange fait dans les propoi^tîôni Voulues, on trouvera que les quantités d'acide Ëàrl*éà|)ondahtes à chacun des quatre traits du tube pect- "^lit nëàtraliker 100 graifas de rdlkali ou du carbonatts dbht lë nàm est à côté. Par conséquent, si après avoir mfe èààslèttibédéràcidesulfurique àld densit'é de 1,141,
'jtîsqtf'S Tun des traits indiquée, on y ajoute de l'éâU jiisqU'à'te que Ife niveau du liquide^oit à Ik divisioù lÔO , J^tl'bn agite soignèusehieht-tè rtiélârigè j l^n aàrti 'tnië liqueur dont une division saturek'a «fii*ébisé(tient un grain de la substance alkaline dont le nom correspondait i|ii niveau dtâ Tàcide employé.