‹ Manipulations chimiquesChapitre 16 sur 58 · LUT DK WILLIS , LUT GRAS · texte numérisé non relu

LUT DK WILLIS , LUT GRAS

le mélange jusqu'à ce qu'il soit devenu plastique. Ce lut séchera sulBsamment en un jour ou deux, et on pourra alors se seryir de la cornue. Les cornues de terre ainsi préparées peuvent, dit-on , élre employées sans crainte plusieurs fois, en renouvelant chaque fois la couche de chaux et d'huile.

1016. En mélangeant le borax fondu et pulvérisé avec les luts d'argile ci-dessus décrits , ou avec l'argile commune , on peut former des flux qui sont souvent utiles pour vernir la surface des vaisseaux, afin d'en boucher les pores : il suffit d'ajouter à l'argile environ un dixième en poids de borax en poudre. Ce mélangç , délayé avec de l'eau, forme une pâte épaisse que l'on peiit appliquer avec une brosse. Il faut toucher le vaisseau avec précaution jusqu'à ce que la chaleur ait atteint le ronge , dans la crainte que la croûte, jusque* là légèrement adhérente , ne. tombe avant la fusionl , 1017. Lui gras : ^ s'applique aux jonctions des ap« pareils que l'on veut soumettre à une température élevée, pour empêcher les vapeurs corrosives d'en sortir (440). On le prépare en battant de l'argile desséchée, réduite en poudre fine (de la terre de pipe , ou de l'argile deCornouailles), avec de l'huile de lin siccative , jusqu'à ce que le mélange forme une pâte ductile. La partie sur laquelle il doit s'appliquer doit être préalablement bien séchée et bien essuyée , afin que l'adhérence soit parfaite. Si l'on a à craindre que le lut ne se ramollisse par l'effet de la chaleur, il faut le maintenir en l'entourant de bandes de vessie, que l'on fixe ensuite au môyeiiT de plusieurs tours de ficelle. Lorsque l'humidité ou les vapeurs se sont frayé un passage entre le lut et le vaisseau , il devient très-difficile de le boucher ; il est donc fort important que le

HT) MANlPflLATlonS CHIMIQUES.

joint ferme exactement dès le principe. On petit suppléer au lut gras par du mastic de vitrier.

1018. Ciment de Parker : c'est une poudre brune qu'il faut tenir dans le laboratoire à Tabri du contact de Tair. En la mêlant avec de l'eau on en fait une pâte claire qui se solidifie peu à peu, et finit par acquérir une grande dureté. On l'emploie-^Tcc avaiitage pour consolider les joints lorsqu'ils ne doivent être exposés qu'à une température modérée. On peut rendre ce lut tout-à-fait imperméable en l'enduisant , au moyen d'un pinceau, d'un mélange de parties égalés d'huile et de cire fondue. Ce ciment résiste même assez bien à une chaleur rouge pour pouvoir servir quelquefois pour les cornues ou les tubes.

I(ri9. Plâtre de Paris : mélangé avec de l'eau, de manière à faire une crème épaisse ou une pâte légère, il se prend et devient sdide en quelques instans. La meilleure manière de le mêler est de mettre un peu d'eau dans une tasse, d'y jeter le plâtre en poudre, et de remuer le mélange. On peut l'employer aux mêmes usages que le ciment de Parker ou ciment romain (440), auquel il est généralement supérieur par la facilité avec laquelle il peut être employé. On le rend imperméable à l'air de la même manière, c'est-à-dire en l'enduisant d'huile, ou d'un mélange d'huile et de cire. Il faut, aussi le tenir à l'abri du contact de Tair, lorsqu'il est çn poudre. Le plâtre de Paris, mêlé avec de la colle très-faible au lieu d'eau , exige un peu plus de temps pour se consolider , mais finit par former un lut trèsdur et très-solide.

1020. On peut faire chauffer sans danger un lut de plâtre de Paris jusqu'au rouge terne; mais lorsqu'il est enduit d'huile ou de cire pour intercepter le pas-

LUTS , CHAtX tm J CIM1BIVT tA PER. Ill

êag;e des Tapeurs , il ne peut supporter sans changement une température aussi élerëè.

1021. Chaax vive : mêlée avec diverses substances minérales et végétales en dissolution / elle donne un grand nombre de cimens et de luts, qui deviennent duré en séchant, et sont imperméables aux vapeurs. Lorsque la chaux'^est bien cuite , on y ajoute assez d'eau pour la réduire en poudre sèche , et on la conserve dans une bouteille bien bouchée jusqu'à ce qu'on eh ait besoin. On se procure un des cimens les plus solides en mélangeant cette chaux rapidement, et avec beaucoup de soin, avec un blanc d'œuf délayé dans son volume d'eau. On doit l'étendre immédiatement sur des bandés de toile que l'on applique sur les jointures des appareils, et lés saupoudrer ensuite avec dé la chaux sèche.

1023* L'on peut aussi commencer par appliquer d*abord le blanc d'œuf «eul , et y projeter ensuite de la ehaux en poudre.

1023. Au lieu d'un blanc d'oeuf on emploie quelquefois une dissolution de colle modérément saturée, ou le sérum du sang, ou même du sang délayé; d'autres fois on se sert d'un^mélange fait en écrasant dans un mortier du mauvais fromage avec de l'eau, jusqu'à ce qu'il ait la consistance de la crème.

1 024. Si pendant une opération un de ces luts vient à se fendre, et laisse échapper la substance que l'on veut retenir, on s'oppose à sa sortie en appliquant à l'issue une nouvelle portion du même lut, qui adhère à l'instant parfaitement , sans qu'on soit exposé à l'inconvénient que présente le lut gras.

1025. Ciment defer .* ce mélange s'emploie particufièrement pour réunir d'une manière permanente les

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surfaces des x^ses de fer. On triture dans un morii^ de la limaille de fer bien propre, on la passe au travers dun tamis grossier , puis on la mêle avec du sel ammoniac en pqudrCi du soufre» et assez d*eau pour humecter Je tout légèremenjt; on Tentasse ensuite avec 4^fibrt entre les joints y que Ton- rapproche aussi «exactçment que possible. Les proportions sont : 1 partie de soufre y 2 de sel ammoniac, 80 de fer : ce mélange ne doit se faire qu'au moment de «'en servir.

1026. Le blanc de plomb,, broyé avec de l'huile, étendu sur des bandes de toile, est très*utile pour unir solidement Jes joints , et surtout les tubes de métal, de verre y ou de tonte autre matière. Jl faut que le blanc de plomb .pénètre, bien la |;oiIe sur laquelle on rétend. On serre fortement les bandes autour du joint, puis on les fixe avec de la ficelle, en liant d'abord les deux, extrémités, et en assurant ensuite le milieu. Quelquefois , au lieu de toile , on emploie de la filasaç mélangée avec le blanc de plomb; il faut alors l'appliquer $ur les joints fi de manière à ce que les fibres se croisent obliquement , afin de donner au lut plus de force et de solidité. ''

1027. Fessie : on se sert constamment dans les la^)o- . ratoires de vessies humectées pour opérer une jonction parfaite. Lorsqu'on les à laissées tremper dans l'eau pendant quelque tenïps, jusqu'à ce qu'elles soit devenues visqueuses, elles sont très-adhérentes^ et s'adaptent très* bien au verre. Il faut les couper en bandes de dimensions convenables , que l'on applique sur les ouvertures qu'il s'agit de boucher. La vessie n'exige pas toujours , pour rester en place, le secours de la ficelle, de sorte que , si on le trouve plus commode^ on peut quelquefois se dispenser de l'attacher. Si, après l'avoir humectée, ^

VÛTS, KMPLOt 01 LA COLI^»' tT VU PAPIER. 1 IS

l'essuie avec un morceau de t<»le sèche, et qu^on passe sur la surface une couche de blanc d'œuf , on en augmente FadhérencCy et l'emploi de la ficelle devient alors tout-à-fait inutile.

1028. La colle de farine et le papier peuvent aussi servir à boucher les joints des appareils. Pour que la colle soit bonne y il faut qu'elle soir épaisse , et ait bouilli long- temps. Le papier brouillard est préférable au papier collé; la colle» le pénètre plus facilement, s'y incorpore mieux , et rend la jonction plus parfaite ; mais eu égard au peu de consistance de ce papier lorsqu'il est humecté, il faut apporter le plus grand soin pour manier les bandes imprégnées de coUe , et pour les appliquer. Si l'on emploie du papier côUé , il faut, pour bien le pénétrer de colle, le plier plusieurs fois du côté où la colle a été appliquée , et le laisser s'imbiber; de cette manière l'évaporation est très* lente , ^ la colle ainsi que le papier restent long-temps humides. Lorsqu'on veut s'en servir, il £iut, avant d'essayer de séparer les sur feces collées, couper le papier en bandes de la dimension voulue.

1029. Le papier qu'on a laissé sécher i^rès y avoir appliqué une couche de colle est fort utiledans les laboratoires ; il suffit , lorsqu'on veut s'en servir, d'en coup per une bande , de l'humecter , et de la laisser s'imbi* ber pendant quelques instans. On peut alor^ l'appliquer sur des tubulures de flacon ou à tout autre endroit convenable ; il est encore très«càmmode pour fidre les étiquettes que l'on met sur les flacons, verres, etc. (1196, 1221)

1030. On se sert aussi avec avantage de colle-forte appliquée sur le papier. Etendue sur la toile, elle forme un enduit trèa^soUde nue l'on peut rendre uraU

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til vâifirDlEiâ.'ciQiis caaiiQUSft.

à*fait imperméable en i*y ÂjontaBt une enveloppe extë? rieure.de papier» sur laquelle on applique avec ni| pinceau une couché d'huile siccative ordinaire» ou d'huile siccative et de cire (1018).

1031. Lafarine de graine de Un et la pâte d'amande, Hen battues avec de l'eaû jusqu'à Consistance convenable y fournissent un lut excellent pour luter à froid les appareils en verre (440) ou en métal. 11 faut l'appliquer en couche épaisse , et. il adhère assez bien alors pour former un corps dur, et résister à la plupart des vapeurs ; mais il faut éviter le contact de l'eau soit en dedans, soit en dehors» Ce lut ne peut supporter une chaleur au-dessus de 300**. Lorsqu'il est fait avec du lait, de l'eau de chaux , de la colle-forte légère , il s'affermit plus promptement , et forme une substance plus xiure que lorsqu'il est fait simplement avec de l'eau.

1032» Caoatchome /gaous avons déjà parlai des tubes de cette substance, et de la manière de les adapter; nous renverrons donc aux % 416. et autres, dans les* quels ce sujet a éi4 traité d'une manière fort étendue* 1033. Ciment pour les garnitures métalliques. Ce ciment, ainsi qu'un grand nombre d'autres, sert à fixer les ajutages et à clore les joints qui ne doivent être exposés qu'à la température ordinaire. On l'emr ploie principalement avec les appareils. pneumatiques , tels que la machine pneumatique, les cuves à eau et à mercure , etc. Nous avons déjà décrit (780) la manière de l'appliquer pour. &,j.w les garnitures à robinet sur les clocjies à gax* Il consiste en cinq. parties en poids de résine, une partie de cire jaune, et une partie d'ocre rou^e^ ou de rouge de Venise rédoit en poudre fine èiffrh% evmr. divisé ka substances terreuses dans une capanle depotcebiiie plaoée sur le bain de aaUe à «we

température au-dessus de 100^, on fiaiit fondre ensemble la cire et la résine , on y introduit les premières sub* stances en poudre > par petites portions > et on laisseï pendant quelques instans la température s'éleyer à qud» ques degrés au-dessus de 100"*, jusqu'à ce que le mé* lange ne donne plus d'écume et n'éprouTe plus d'agî« tation. On le laisse ensuite refroidir, en continuant dk remuer, jusqu'à ce qu'il soit devenu assez épais pour que les matières terreuses ne puissent se séparer par lerepos.

1034. La cire jaune peut souvent servir de lut : elle résiste à la plupart des vapeurs acides, à la teçapé^ rature ordinaire ; c'est pourquoi on l'applique souvent, non-seulement pour recouvrir les joints des appareils serrant aux opérations sur les acides, mais encore, pour enduire les vaisseaux destinés à retenir certains gaz et certains liquides , tels que les composés d'acide fluorique ; mais elle ne résiste pas long*temps à leur action. On la rend moins cassante (mais en même temps plus fusible) en la mêlant avec un huitième en poids de térébenthine commune. 11 faut alors la mouler en forme de bâtons cylindriques que l'on tient prêta pour s'en servir au besoin.

1035. Le mastic ou ciment mou consiste en cire jaune fondue avec la moitié de son poids de térében* * thine et un peu de rouge de Yenbe pour lui donner de la couleur. Lorsque ce mélange est froid il a la con^» sistance du savon $ mais la chaleur des doigts et une. légère pression suffisent pour le rendre souple et lui, communiquer la forme que l'on désire. 11 est fort utile dans les circonstances qui exigent de la promptitude , pour affermir un tube ou un bouchon dans le col d'un, flaoon (448)* On ne peut le fisire adhérer an boia ou^

116 XAlUPOLiTlOnS. CBIMIQUBS.

aotres substances poreuses , lesquelles sont humides; mais dans les cas de nécessité. on peut le faire adhérer au métal et au verre mouillés. Il faut alors l'appliquer avec un peu plus de soin , et lui donner une forme sphélîque , afin que lorsqu'il rencontre la surface humide il puisse, en s'étendant sur Jç métal , chasser l'eau

devant lui.

1036. Le mastic ou ciment mou est préférable aux' autres pour les jointures des appareils qui sont sujets à être transportés pendant les opérations; car il se prête à des mouvemens qui détacheraient les luts plus

durs.

1037. On recouvre fréquemment de ciment mou les bouchons de liège ou de verre des flacons et des bou* teilles qui contiennent des gaz , des eaux minérales ou des acides. Dans ce cas , le mastic ou ciment mou est bien supérieur au ciàient dur ou à la cire à cacheter , parce qu'il conserve beaucoup mieux son adhérence lorsqu'on le transporte. On s'assure d'abord que le bouchon dé liège ou de verre est parfaitement sec-, puis on étend dessus une grande épaisseur de mastic» et l'on recouvre ensuite le tout d'un morceau de vessie humide que l'on assujettit fortement avec de la ficelle. Si le liquide contenu dans la bouteille n'a aucune action sur le ciment y il faut en faire fondre une petite portion, et y plonger le bouchon de liège avant de l'enfoncer à sa place. Par ce moyen , ^n peut envoyer au loin des bouteilles contenant des eaux imprégnées de gaz acide carbonique, sans craindre qu'il puisse s'échapper.

103^. Le ciment mou est encore fort utile pour enlever de petites parcelles de substances , comme des çjisimx pu d^s fraj^meps de corps solides i que l'on

LUTSy MàSfliRS m RBCOUYKlli LEt FENTES. 117

veut soumettre à un examen attentif. U est facile d'en former un cône pointu y dont on met la pointe en contact avec le corps , qui alors y adhère assez fortement pout* qu'on puisse l'examiner dans toutes les positions.

1039 et lOéO. Lorsqu'un joint luté ou toute autre partie d'un appareil vient à fuir^ on découvre facilement l'endroit par où les vapeurs se dégagent , en approchant du vase un papier humecté d'ammoniaque si les gaz sont acides, et imprégné d'acide mnriatique s'il s'agit de gaz ammoniacal. Si les vapeurs sont aqueuses , on peut faire usage d'une plaque de verre froid ou de la surface d\ine bouteille : la condensation de l'humidité qui s'attache à la surface froide indique l'endroit où est l'ouverture; d'autres' fois on approche du vase la flamme d'une petite bougie : la direction imprimée à la flamme , lorsqu'elle rencontre le courant c|ui s'échappe, ou même l'inflainmation des vapeurs , feront découvrir l'issue par où elles s'échappent. On peut encore, lorsque la chaleur n'est pas trop élevée , et que l'enduit n'a rien à craindre du contact de l'eau , couvrir l'endroit que l'on soupçonne avec une dissolution épaisse de savon , de gomme ou de colle , et alors il se forme une bulle sur l'ouverture d'où s'échappe le contenu gazeux ^de l'appareil.

1041. Lorsqu'on a ainsi découvert l'ouverture on peut la boucher en y appliquant un peu de ciment mou (1085), de lut gras(iOi7), de chaux et de blanc d'œuf (1021), ou de papier collé (1029), selon la nature du lut précédemment employé. En y appliquant un morceau de caoutchouc en feuille (416), on parvient souvent à boucher un grand nombre d'ouvertures que l'on ne pourrait fermer autrement.

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