‹ Manipulations chimiquesChapitre 19 sur 58 · HANIERE DE BOUCHER LES TUBES · texte numérisé non relu

HANIERE DE BOUCHER LES TUBES

défectueuse, et recommencer ropération comme la premièf e fois.

1074. Si rextrémitë bouchée du tube est trop mince j il faut la faire rougir pendant quelque temps , et par refiPet de Taccumulation du verre elle acquerra bientôt une épaisseur égale à celle des parties voisines , ce qu'il est très-facile de reconnaître à la simple inspection. Si au contraire elle est trop épaisse , il fatit la rendre plus mince en la soufflant comme on Ta vu (1072). Nous parlerons ci-après (1093 et '1097) des» précautions qu'exige cette dernière opération. x

1075. Lorsque l'on a terminé l'un, des deux ttibes^ (1070) il faut reprendre celui quva servi d'outil, afin de lui donner la forme convenable , ce quisera.très-facîle à faire en se reportant à ce que Aious venon^i de dire (1070, 1072, et^c). - - , .

1076. Si le tube sur lequel on' opère eat misice, il faut chauffer une plus grande «urface, iet opérer avec beaucoup plus de précaution que lorsqu'ilest d'uïr verre épais; car si l'on ne chauffait qu'un espace pea .étendu et qu'on l'étirât trop vite, le verre deviendrai^ si faible^ que lorsqu'on le porterait à une certaine température il y aurait solution de continuité , et alors même qu'on pourrait éviter ce dernier accident, l'extrémité du tube serait si mince, qu'il n'y aurait aucune sûreté à s'en servir, le moindre choc suffirait pour le briser. Dans ce cas , aussitôt que le tube est étiré en partie et que le diamètre est contracté, il faut élever la température considérablement, mais bien également tout autour de la partie étroite et mince , éviter les moindres secousses, et laisser le verre fondre et s'épaissir. Lorsque cette opération est terminée , et qu'on suppose le verre d'une épaisseur suffisante, il faut l'étirer de nouveau;

134 UilflPVLATIONS CHIMIQUES» /

s'il devient encore trop mince on recommence Topération , jusqu'à ce que rextrémité soit fermée et d'une épaisseur convenable.

1077. Lorsque le tube est trop court pour, pouvoir en former deux de longueur suffisante, il faut le sceller \. une de ses extrémités , opération d'ailleurs nécessaire dans un grand nombre d'autres circonstances. A cet effet on cbauffe avec précautiqn , et comme nous l'avons indiqué ( 1047 ), Textrémité que Ton veut fermer, en inclinant un peu le tube , afin que l'air chaud ne puisse pas circuler dans l'intérieur et brûler la main qui le tient.. Cette disposition a encore pour but d'empêcher q^e.les produits de la combustion n'entrent dans le tube , et n'ag^sent sur les substances qu'on y aurait déjà placées. Lorsque l'extrémité sur laquelle on opère commence à s'amollir, on rapproche les bords du tube avec un morceau de verre, et. après les avoir ainsi rabattus dans trois ou quatre points, on y soude ce morceau de verre lui-même, on le chauffe assez fortement , un peu au-dessus de la jonction, puis on. étire les deux parties, en suivant pour le reste de l'opération les instructions que nous avons données (1071, 1073).

1 078. Ce qui a déjà été dit sur 1^ manière de souffler le verre doit suffire pour mettre les commençans à même de construire la plupart des appareils dont il a été fait mention dans la section des tubes. Pour faire les lubéS'Comues (859), il faut d'abord fermer l'extrémité d'un tube, et séparer ensuite, par une courbure plus ou moins ouverte , les parties qui doivent former l'une le corps et l'autre le col de la cornue. Les tubes nécessaires pour la condensation des gaz (892) se font de la même manière. Pour faire un syphon {622), il suffit de cotgrb^r UQ tube de verre , et s'il est néces-

INSTRCMt'.NS FAITS AVEC DES TUBES. 185

saire de diminuer le diamètre des extrémités, la manière d'opérer est la même que celle indiquée dans la première partie du procédé pourfermer un tube(107 1); il ne s'agit, en effet, que d'étirer le tube, puis de laisser refroidir le verre , et de couper la pointe avec une lime (1060).

1079. Lorsque l'on tire trop vite, et sans user des précautions que nous avons indiquées ; un tube chaufFé également dans toute sa circonférence et parvenu à un grand degré de ramollissement, au lieu de diminuer simplement son diamètre sur une petite étendue, on le voit s'allonger et devenir tout-à-fait capillaire. C'est de cette manière que l'on donne la forme capillaire à l'extrémité des cols des cornues en verre , ou autres appareils semblables (430, 532), et que- l'on obtient la partie effilée des entonnoirs, des seringues, etc. Cette opération doit toujours se faire hors de la flamme , à moins que l'opérateur ne soit très-exei*cé. La longueur et la finesse du tube capillaire dépendent de la longueur de verre que l'on a fait chauffer, de la température à laquelle il a été porté, et de la rapidité avec laquelle on l'étiré; cette dernière doit être calculée à raison d'un pied par seconde. Cette opération ne change point, pour ainsi dire, le rapport qui existait auparavant entre le diamètre et l'épfiisseur du tube.

1080. Si fon a besoin d'un tube étroit, et trop long, pour pouvoir être fait par une seule opération , il faut d'abord en étirer une certaine longueur , puis chauffer de nouveau le tube assez près de la partie déjà étirée pour qu'il n'y ait qu'une légère boursoufflure au point de jonction des deux parties capillaires. U ne serait pas prudent de chauffer le tube précisément tontre l'extrémité de la partie déjà étirée , et d'essayer

13Ç HAM1PULATIONS CHIMIQUES.

ainsi de former un tube sans irrégularité , car la partie capillaire est si mince , qu'elle se fondrait infailliblement. On parvient facilement à faire disparaître ensuite les petites saillies qui existent entre les portions capillaires ^ en les exposant successivement à la flamme d'une petite lampe à esprit de vin (182); bientôt ,1e verre rougit , et avçc un peu d'adresse on les fait aisément se ramollir et disparaître.

1081. En effilant de cette manière des cornues et autres appareils du même genre (430), il faut avoir soin de ne pas les allonger plus qu'il n'est absolument nécessaire , afin de leur laisser une force suifi* santé pour résister aux légers chocs qui peuvent avoir lieu dans le cours ,4fis ^expériences, La même observation doit s'appliquer, aux petits, rçcipien^ .doiit nous avons parlé (863). Si le verre d'un col de cornue ou d'un tube que l'on veut étirer se trouvait trop mince, il serait bon, par la même raison, d'ç^. augmenter l'épaisseur avant de l'allonger (1076); il faut alors ramollir le verre dans la .flamme, le laisser exposé pe^dant un certain temps à une haute température , et le refouler sur lui-même: de cette manière on peut lui donner une épaisseur double , et le tube capillaire qui résultera de son extension linéaire sera par conséquent beaucoup plus fort.

1082. Lorsque Ton destine les tubes capillaires à faire des aéromètres (1254), il est bon d'en faire plusieurs de difierens diamètres , d'épaisseurs et de longueurs différentes, afin de pouvoir choisir ensuite ceux qui conviendront le mieux.

1083. Ce même procédé, avec quelques légères modifications, est applicable dans un grand nombre d'autres cas. Pour faire un tube -entonnoir (869),

TUBBS-ENTONNOIR. 187

OU étire un tube à environ un pouce de Textremite , puis on le divise en deux parties en laissant à la plus courte la longueur que l'on désire pour Uentonnoir. Les tuyaux des diverses seringues dont on se sert pour recueillir des liquides , dessécher les précipités, etc. (518, 532), ainsi que les tubes. destinés à servir de mesures (117, 126), se font avec la même facilité. Après avoir étiré un morceau de tube , il est aisé de donner à l'extrémité une forme plus ou moins déliée , et de la couper pour obtenir .une ouverture de la dimension nécessaire; il ne s'agit ensuite que de la tenir'^un instant sur la lampe, afin d'en arrondir les bords et d'en détruire lès inégalités (1061), pour avoir un très-bon corps de seringue. Le piston se fait avec un fil de fer ou fil de laiton , dont l'extrémité destinée à entrer dans le corps de la seringue est garnie de filasse ; l'on se procure ainsi un instrument complet qui est d'une grande utilité dans beaucoup d'opérations. Si l'on veut une seringue à tuyau courbe , il est on ne peut plus facile de lui donner cette forme lorsque lé vei*re est chaud.

C'est encore de la même n^anière que Ton fait des tubes pour la séparation des liquides • tel que celui représenté plus haut (532); il ne s'agit que d'étirer un morceau de tube de manière à. en former un tube capillaire assez fort , et ensuite de le courber ainsi qu'on le voit dans la figure (532). Les tubes effilés destinés à conduire les gaz dans les tubes récipiens (415 ,,430) , se font en étirant l'extrémité d'un tube ordinaire jusqu'à ce qu'elle soit devenue capillaire , et en la courbant en dessous.

1084. 11 est souvent nécessaire de fermer hermétiquement les deux extrémités d'un tube. Le procédé est à peu près le même que pour fermer l'une dea

]S8 ' MANIPULATIONS CRlftllQUES.

extrémités d'un tube ouvert, c'est-à-dire qu'il faut ligalem'ent amollir le verre, rapprocher les parties l'une de l'autre , resserrer peu à peu l'ouverture, et enfin la fermer; mais il y a ensuite quelques modifications à apporter , suivant les substances que le tube peut renfermer. Dans un tube ouvert le verre est soumis à une même pression intérieurement et extérieu* remem; mais il en est rarement, de même dans un tiibe fermé, l'air intérieur tendant presque toujours à s'échapper, ou l'air atmosphérique à entrer dans Vin** térieur.

1085. Un des cas les plus simples qui puissent se présenter , est de renfermer un corps solide fixe dans un tube, afin de le conserver comme on l'a vu (902). La substance à renfermer ne dégageant aucune vapeur, la seule précaution que l'on ait à prendre est donc d'empêcher la dilatation et la condensation de l'air qui a lieu à l'intérieur,' par suite des changemens de température. Supposons que le tube soit fermé à une extrémité, et que l'on y ait introduit une certaine quantité d'une substance quelconque qui le remplisse à moitié ou aux deux tiers, il faudra d'abord avoir soin que la substance n'arrive pas assez près de la partie supérieure pour être afiectée par la chaleur, surtout si cette substance est facilement volatile ou decomposable. Il faudra également disposer le tube de manière à ce que les produits de la combustion ne puissent pas entrer dans l'intérieur (1077), et que la substance ne puisse glisser sur la partie exposée à l'action de la chaleur. Aussitôt que la partie supérieure aura été suffisamment chaufiee , on retirera et on la resserrera comme s'il ne s'agissait que de fermer une des extrémités d'un tube ouvert, excepté pourtant

Page 1