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TUBES, PRECAUTIONS A PRENDRE EN LES CHAUFFANT

qu'il faudra conserver au verre toute Tépaisseur qui lui sera nécessaire lorsque Tc^éralion sera terminée (1076), afin que le tube capillaire soit suffisamment épais, tout en conservant dans le milijBU une ouverture pour Tair, pendant tout le temps de lopëration. La figure ci-jointe indique la forme qu'il faut alors

donner au tube. On pourra /* ^^---'^ ensuite enlever facilement rextrémité, et fermer le tube en dirigeant la pointe de la flamme en a , car le verre se réunira de lui-même aussitôt que les- deux morceaux seront séparés. La seule difficulté sera de donner à cette extrémité une force égale à celle des autPjes parties du tube >. et une forme sembkble à celle de Tautrc extrémité.

1086. Supposons la portion supérieure séparée et l'extrémité fermée; le verre est alors tellement amolli par la chaleur, que pour peu que la température d'une partie quelconque du tube se trouvât augmentée par le contact accidentel de la flamme, l'air de l'intérieur, se dilatant , exercerait une pression qui tuméfierait considérablement le verre , au point d'y former une bouk dont les parois excessivement minces se briseraient après le refroidissement ^ sous la seule pression atmosphérique, et laisseraient au tube une grande ouverture : il deviendrait alors beaucoup plus difficile à fermer qu'auparavant.

On peut éviter cet inconvénient en chaufBuitia partie supérieure du tube avant de le sceller hermétiquement , de manière à dilater l'air intérieur et à en chasser une portion; replaçant ensuite Textrémité capillaire du tube dans la flamme , à mesure que la tem-

pérature générale de celui-ci ^'abaisse , on le bouchera pendant que la pression s'exercera de dehors en dedans , ce qui refoulera les particules du verre sur ellesmêmes. Cette méthode est , sans contredit , la meilleure pour fermer un tube d'une manière solide , et pour lui donner une forme convenable; mais elle est sujette à un accident que nous devons faire connaître, afin qu'on puisse l'éviter. Si on a laissé le verre trop mince à l'extrémité, et qu'il soit très-amolli parla chaleur, la pression de l'air extérieur le rendra concave et irrégulier dans sa forme et dans son épaisseur, et il arrivera très-fréquemment qu'il se brisera par le refroidissement.

Pour éviter ces divers accidens, il faut donner à l'extrémité et au col capillaire une épaisseur plus considérable , en refoulant le verre sur lui-même lorsqu'il est en fusion (1076, 1081), ou bien ne chauffer que modérément le tube lorsqu'on veut chasser une por* tion de Tair intérieur. Lorsqu'on voudra ensuite boucher l'extrémité , il faudra chauffer toute cette partie du tube, de façon à la ramollir, en ayant soin toutefois que le bout soit plus échauffé que le reste. Il sera ainsi facile , avec un peu d'habitude , de se servir de la pression extérieure pour fermer hermétiquement le tube, de manière à ce qu'il soit tout à la fois plus épais et plus résistant à cette extrémité. Il peut cependant arriver que par une application trop longtemps soutenue de la chaleur, l'air intérieur vienne à se dilater ; mais comme le verre est également malléable dans, toutes les parties qui avoisinent l'extrémité , la totalité du tube s'élargira graduellement, et dès que' cet effet se manifestera, il suffira , pour l'arrêter, de suspendre sur-le-champ l'action de la chaleur.

TUBES, PKÉCAVTIONS A PRENDRE EN LES BOUCHANT. l41

1087. Lorsque le contenudu tube est à Tétatliquide, il faut appqrter beaucoup plus de précaution , surtout si la substance est volatile. Si le tube contient un liquide fixe, il suffira de le retenir dans la partie la plus basse et la plus froide, aussi loin que possible de Textrémité qui est en contact avec la flamme. Il faut éviter tout mouvement brusque , car le moindre contact du liquide avec la partie chaude briserait le tube. Cette précaution, est surtout nécessaire avec les liquides provenant de la condensation des gac(892). Il faut, pour renfermer des produits de cette eq>ice, que les tubes soient toujours d'une force considérable, et très -égale dans toute leur étendue. Pendant le refroidissement le tube doit être placé de manière que l'extrémité échauffée se trouve en haut (864).

1088. Si Ton veut renfermer dans un tube des substances volatiles qui , comme l'alcohol ,. Téther , le chlorure de soufre , etc. , n'entrent ea ebullition qu'à 100* ou iSO^ Fahrenheit (1), ^e nouvelles précautions deviennent nécessaires , surtout à l'instant où l'on bouche l'extrémité capillaire. L'effet de la chaleur sur les tubes contenant des substances volatiles n'est pas seulement de dilater l'air intérieur, mais encore d'accroître le. volume de la matière gazeuse par le mélange des vapeurs qui se dégagent de la substance. La quantité de vapeur formée^ et par conséquent l'effort qu'elle fait pour s'échapper , dépendent non-seulement de la température de l'extrémité que l'on bouche, mais encore de la chaleur à laquelle se trouve soumis le liquide luimême. Cet effet est beaucoup plus lent à se produire que le premier, et il faut prendre garde de les con-

(i) 38 ou 65" centigrade.

142 HANIPULATroHS CHIMIQOES.

fondre. En effet , supposons que la température baisse sensiblement ài'estrëmiié du tube, on s'attendra peut-* être à yoir dimintrer le volume des ^z ou des vapeurs, et par suite à voir la pression extérieure l'emporter sur la pression intérieure, tandis que dans le même mojnem la température do contenu peut s'élever par son (fordaci avec les autres particis chaudes du verre , efe augmenter la quamtké de vapeur, ainfii que la tendance de la ifiAtîàre gazeuse à s'écliapper ; si ceâ efikts n'étaient mjcoimus ni prévus, ils pourraient faire manquer total^Bient l'expérience (864). I) faut donc alors , après avoir chauffé la partie supérieure du verre (1086) de manière à dilater un peu les matières gazeuses, appli* cpœr autour de la partie du tube qui contient la sub«* stance , et même un peu plus bant si la substance est vdalile , un morceau de papier à filtrer humecté , avant d'édrer^ le <xA capillaire et de fermer le tube. II est évident qu'il fié ftmdt^a jamais que le papier humide atteigne la partie échauffée. Cette précaution suffira " pour empêcher la température de la substance de s'élerer davantage , et l'on pourra alors , en toute sûreté ^ diauffer et épaissir le tube , ainsi que nous l'avons dit plus haut (1086) en parlant des contenus solides.

1089. Pour fermer la petite ouverture qui se trouve à Textrémité des tubes capillaires , comme on Ta vu (ftSS) , il suffit de l'exposer à la fiamme d'une lampe on d'une chandelle : le verre entre bientôt en fusion , et les bords se réunissent. Si l'extrémité est cassée ou l'ouverture un peu trop grande, il faut, à l'aide d'uu firagment de verre , étirer la partie amollie , et la sceller suivant la méthode indiquée plus haut. Dès que le tube est fermé, il faut sur-le-champ le retirer de la flamme

TUBES CAPILLAIKES y MANIÈRE Dfi l.Eâ BOUCHER. 1 43

pour éviter que le verre ne coule et ne forme un petii bouton, qui casserait aussitôt après le refroidiâsement, ou peut-être même trois ou quatre jours après Vopa* ration.

1090. Qu«nd les substsmoea que Ton veut enfermer sont tellement volatiles qu'elles entrent en ébulUtkm à la température cMrdinaire ou à peu près , il &U€ refroidir le tube avec des mélanges réËrigérans. Le pro« G^dé à suivre est le même que celui que nou$ avons indiqué en parlant de Tacide sulfureux (&€4)!l La seulo remarque que nous ayons à ajouter est que, si Ton veut y conserver les sub^ances volatiles , le col capiUair^ devra être épais, et quand il aura été «(^idement scellé pendant que le tube plongeait dans le mélange réfri*' gérant y il i^e faudra plus y toijbcber» ni essajHN? en aucune manière de l'épaissir ou de lui doimer une iE(eiI« leure forme. Avec les tubes capillaires ^ il vaut mieiMS se servir d'une lampe à esprit de vin et du chalugien» à bouche , que de la lampe d'émailleur .

1091. Lorsqu'on n'a à boucher qu'une très'jpetile auverture cs^iUaire (863), on peut le faire facilemen% pendant que le tube est soumia à l'action du mélange réfrigérant. S'il s'agit de substances, qui ne soient pas extrêmement volatiles, et qu'il ne se dégage qu'un Ëiible courant de vapeur par l'ouverture du vaisseau; ( tel est le cas^ pour la plupart des substances teme» à l'état de vapeur dans le gaz de l'huile], la force de cohésion du verre sera suffisante pour le faire se réunir de lui-même et fermer l'orifice , lors même qu'il y aurait une légère pression intérieure. 11 s'agira simplement de mettre le tube capillaire en contact avec la fla^nme, d'y appliquer un autre morceau de verre, d'étirer l'extrémité, et de la fermer à l'instant même. Cette

opération terminée , il faut se hâter de retirer le tube de la flamme y afin que le verre puisse refroidir et se solidifier ; sans quoi la chaleur de la lampe ou même celle de la main augmenterait tellement la tension des vapeurs, que la pression intérieure serait suffisante pour dilater le verre amolli.

1092. Pour fermer hermétiquement les tubes dans lesquels on a fait le vide, il faut prendre certaines précautions pour empêcher les effets de la pression de Tair atmosphérique , qui tend à pénétrer dans le tube 6u du moins à faire rentrer le verre en dedans. Supposons qu'il s'agisse de renfermer hermétiquement du camphre dans un tube purgé d'air, afin de pouvoir observer de cette manière certains phénomènes de vaporisation et de cristallisation, on choisira d'abord un tube d'une longueur suffisante , on fermera l'une des extrémités , et l'on introduira le camphre ; on chauffera le tube à environ un pouce de l'ouverture , de manière à ce que le verre s'épaississe et se ramasse (1076, 1085), et que la partie effilée ait envijron un demi-pouce de longueur, un douzième de pouce de diamètre'intérieur, et un tiers de pouce de diamètre extérieur. On lutera ensuite sur l'orifice une garniture à robinet , puis on fera communiquer le tube avec une machine pneumatique , et après avoir fait le vide on fermera aussitôt le robinet , et l'on retirera le tube de la machine. On appliquera alors au milieu de la portion effilée la flamme d'une petite lampe à esprit de vin , de manière à chauffer graduell^nent toute la circonférence du tube ; à mesure que le verre s'amollira , il se rapprochera, se soudera par la pression de l'atmosphère , et cette partie du tube sera changée en une espèce de tube plein. Cette opération terminée^ il

MANIÈRE DB SOUFFLER LE VERRE. 14â

faudra appliquer la chaleur plus fortement et plus immédiatement au milieu de la partie solidifiée ^ et aussitôt qu'elle sera ramollie on opérera la séparation. Il est facile de terminer l'opération sans laisser entrer la moindre portion d'air; si Ton veut une preuve de l'exactitude du procédé, on peut l'obtenir en plongeant dans l'eau la partie fixée au robinet , et la brisant sous ce liquide : si cette portion du tube se remplit entièrement d'eau, ce sera une preuve bien évidente que l'air n'aura pu rentrer dans Tap* pareil.

: 1093. Uneopérationbeaucoupplusdifficilequ'aucunè dC' celles dont nous ayons parlé justju'ici | et que l'on ne saurait exécuter , même passablement , sans beaucoup de pratique , est celle qui consiste à soufQer dés boules au milieu ou à l'extrémité des tubes. Poui* acquérir l'ba* bitude nécessaire , le meilleur moybn est de s'essayer sur un morceau de tube d'énvironneaf ou dix pouces de longueur, d'un dixième de pouce de diamètre intérieur, et un tiers de pouce de diatuètre extérieur. L'on commence par faire chauffer sur* une longueur kl'environ deux tiers de pouce l'extrémité fermée du tube, jusqu'à ce que le vei're soit assez ramolli pour se courber de tous côtés par son propre poids; appliquant alors la bouche à l'autre extrémité, l'on souffle (202 et suiv.) de manière à produire la dilatation de la partie ramollie. Cette opératioti doit se faire rapidement, mais avec la plus grande attention; et aussitôt que l'on aperçoit la dilatation s'opérer, il faut diminuer peu à peu la force de l'insufflation et se tenir prêt à la suspendre tout-à-fait; car sans cela l'on n'obtien« drait qu'une boule volumineuse très -mince et trè»^ irrégulière , qui ne pour^t être d'aucun usage; 2. 10

146 MAtVIPITLATIONS CHIMIQUES.

ee qui n'eet qu'une conséquence inévitable de la nà- ' ture de Topération ; en effet , à ixiesure que la boule s*a^^andît, son épaisseur et sa résistance diminuent, tandis que Faccroissement de la surface intérieure augmente la' pression qu'elle a à supporter , et si l'impulsion est trop rapide pour que le verre n'ait pas le temps de se refroidir, il est impossible que la boule n'arrive pas tout à coup à un diamètre considérable. Pour éviter cet inconvénient il faut ne chasser dans le tube que l'air contenu dans la bouche (203), sans avoir re< cours aux poumons , et diminuer la force de l'impulsion à mesure que le verre se dilate. 11 ne faut pas chercher à terminer la boule en une seule opération ; mais dès qu'elle est dilatée à un diamètre intérieur égal à cinq ou six fois l'épaisseur du verre, il faut la chauffer de nouveau , et recommencer comme la première fois.

1094. Il faut toujours soufïler le verre hors de la {tomme , car il serait impossible de l'y maintenir à une température uniforme; à mesure qu'il se dilate, il faut le- tourner continuellement de manière à ce que les parties les plus minces se trouvent en dessous. On . les reconnaît aisément à leur dilatation subite , à leur transparence plus grande, et à la manière particulière dont elles réfléchissent la lumière. En les plaçant en dessous, elles se refi^oidissentplus rapidement, et par conséquent se dilatent moins. Pour réussir parfaitement il faut opérer avec rapidité , à cause des obstacles qu'apporterait le prompt refroidissement du verre mince. Lorsque la boule est terminée, elle doit être ronde, d'une épaisseur uniforme dans toutes ses parties , sans nœuds on irrégularités à sa surface , et doit avoir son eentre placé précisément sur l'axe du tube.

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