‹ Manipulations de botanique médicale et pharmaceutiqueChapitre 28 sur 206 · Les inclusions , comprenant · texte numérisé non relu

Les inclusions , comprenant

a) . Les cristalloïdes protéiques (û),

b) . Les globoïdes (c),

c) . Les cristaux.

1. Membrane. — Chaque grain d’aleurone est entouré par une membrane hyaline (a), très mince, que l’on ne peut apercevoir facilement qu’en s’aidant de certains réactifs. On peut la mettre en évidence par l’eau de chaux, qui, dans les premiers moments, ne dissout que la substance fondamentale. La membrane se dissout assez rapidement dans la solution de phosphate de soude et dans la potasse étendue; elle est insoluble dans les acides étendus.

Fig. 30. — Grain d’aleurone du Ricin.

Fig. 31. — Grain d’aleurone du Lin.

2. Substance fondamentale . — La substance fondamentale ( d ) est opaque, homogène et jaunâtre. Elle est très soluble dans la potasse étendue, dans l’ammoniaque, et le phosphate de soude. L’eau pure la dissout aussi dans la plupart des cas ; au contraire, l’alcool absolu la durcit et facilite ainsi l’étude de l’aleurone. La substance fondamentale se colore en jaune par l’iode, en bleu par le bleu d’aniline, en rouge par le carmin aluné et le réactif de Millon ; elle présente, en un mot, les réactions du protoplasme.

3. Inclusions. — a). Cristalloïdes protéiques. — Les cristalloïdes ne sont jamais seuls à l’intérieur des grains d’aleurone ;

HISTOLOGIE GÉNÉRALE

ils sont toujours accompagnés de globoïdes. On admet qu'ils sont formés par des matières albuminoïdes qui ont pris des formes cristallines plus ou moins définies; on les distinguera toujours des cristaux de matières minérales, par l’inconstance des angles et leur solubilité dans certains réactifs. Les cristalloïdes sont toujours pourvus d’une fine membrane. Ils ne se dissolvent pas dans le phosphate de soude, mais sont tous solubles dans les alcalis étendus. Ces deux réactions sont tout à fait

caractéristiques, car les globoïdes sont solubles dans le phosphate de soude et insolubles dans les alcalis étendus. Ils se colorent par les mêmes réactifs et de la même manière que substance fondamentale.

Bien que les cristalloïdes se trouvent le plus souvent à l’intérieur des grains d'ale urone, on en connaît cependant qui

se trouvent isolés à Fig. 32. - Coupe du tubercule de la Pomme de rintépieur de ia Celterre.

Iule. Tels sont ceux

Uègc:/’’ Pare°chyœf ““Re font lespre- 1Vm trouve dans

le sporange des Mucorinées et dans les portions périphériques du tubercule de la Pomme de terre, dans les cellules situées immédiatement au-dessous de la couche de liège f p, fig. 32).

b). Globoïdes. — Les globoïdes sont des masses généralement arrondies (c, fig. 30 et 31), de volume très variable, et formées de glycéro-phospliate de chaux et de magnésie. Ils sont insolubles dans l’eau de chaux et les alcalis étendus, solubles dans le phosphate de soude et dans les acides étendus, notamment

LA CELLULE

dans l’acide acétique. Ils ne se colorent, ni par l’iode, ni par le carmin aluné.

c). Cristaux. — Les cristaux que l’on trouve comme inclusions dans les grains d’aleurone (cr, fîg. 36, C) sont formés d’oxalate de chaux; ils affectent des formes cristallines variables. Ils se distinguent des autres inclusions par leur insolubilité dans les alcalis étendus et dans l’acide acétique ; ils se dissolvent par l’acide chlorhydrique.

Au point de vue de la constitution des grains d’aleurone, on peut les diviser en quatre groupes ou types.

1° Dans les Graminées, les grains d’aleurone sont très petits, tantôt sans inclusions, tantôt pourvus de nombreux globoïdes.

Fig. 33. — Cellule de l’écusson du Blé.

Fig. 34. — Cellule de l’albumen du Blé.

On trouvera les premiers dans les cellules périphériques de l’aibumen du Blé (fig. 34), de l’Orge, etc; et les seconds dans les cellules de 1 écusson du Blé (fig. 33) ou du Seigle. Les coupes seront montées dans la solution iodo-iodurée.

2° Dans les Légumineuses, les grains d’aleurone sont sphériques, et renferment seulement des globoïdes, nombreux et très petits, ou en petit nombre et assez gros. On les rencontre, en dehors des Légumineuses, dans les Crucifères (Sinapis alba ), les Liliacées, les Iridées ( Crocus ), les Tiliacées ( Tilia ), les Renonculacées ( Nigella damciscenà), les Borraginées, etc.

3° Dans la plupart des Ombellifères, les grains d’aleurone renferment soit des globoïdes, soit des cristaux, et les deux sortes de grains sont toujours dans des cellules différentes (fig. 36, C) ; dans certaines cellules de l’albumen, on trouve des

HISTOLOGIE GENERALE

grains avec globoïdes (g, 2), dans d'autres, des grains avec cristaux (cr, 1). Les deux sortes de cellules peuvent être à peu près en même nombre, ou bien l’une des deux sortes peut prédominer sur l’autre. Aux Ombellifères, se rattachent la Vigne, plusieurs Composées, et quelques Renonculacées.

4° Dans les Euphorbiacées, les grains d’aleurone contiennent toujours des cristalloïdes et des globoïdes (fig. 3o), plus rarement des cris- Vome del’aïhu- taux en même temps (. Myristica surinamensis). men du Ricin. Qnt |a même constitution, les grains d'aleurone des Cupressinées, des Palmiers, des Linées (fig. 31), des So-

d'aleu-

Fig. 36.

A. Tragopogon majus; B. Æthusa Cynapium ; C. SHybum marianum ; D. Lupinus luteus; E. Vitis vinifera; F. Ricinus communia.

lanées, des Labiées, des Cucurbitacées, etc. On pourra les étudier sur l’albumen du Ricin.

La substance fondamentale des grains d'aleurone étant le plus souvent soluble dans l'eau, les coupes devront être montées dans la glycérine iodée ou dans l’huile. On pourra encore

LA CELLULE

les monter dans l’eau après macération des objets d’étude dans une solution alcoolique de sublimé corrosif à 2 p. 100. Mais le meilleur mode opératoire est de faire des coupes de graines ayant macéré préalablement dans l’alcool absolu; les coupes seront elles-mêmes plongéespendant quelque temps dans l’alcool absolu, puis montées dans les réactifs appropriés dont il a été question.

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