SUBSTANCES FONDAMENTALES
Les substances fondamentales sont, avec la cellulose , les composés pectiques et la callose.
a. Cellulose.
La cellulose est un hydrate de carbone, de même formule que l’amidon, mais ayant une polymérisation plus grande. Elle offre des réactions chimiques qui permettent de la caractériser nettement. Elle ne bleuit pas par l’iode, mais elle bleuit par
(1) C’est aux longues et minutieuses recherches de M. L. Mangin que nous devons ces connaissances nouvelles sur la nature chimique de la membrane. C’est d’après les intéressantes et nombreuses communications de ce savant que nous rédigeons ce paragraphe.
H ISTO LOG1E GÉN ÉltALE.
l’action de certains réactifs iodés : acide sulfurique et iode, ehloroiodure de zinc, acide phosphorique iodé, bichlorure d’étain iodé, chlorure de calcium iodé. Un certain nombre de substances colorantes sont susceptibles de colorer la cellulose : l’orseilline BB, l’azorubine, les crocéines, le congo brillant, la benzoazurine, etc. Enfin, la cellulose est insoluble dans les dissolvants ordinaires; mais elle se dissout dans le réactif de Schweizer ou solution d’oxyde de cuivre ammoniacal. La cellulose forme rarement à elle seule la membrane cellulaire (fibres textiles) ; le plus souvent, elle est associée à l’une ou à l'autre des deux autres substances fondamentales. Pour étudier les diverses réactions de la cellulose, on se servira de fibres de Lin, de Chanvre, etc., ou encore des poils de Coton.
La cellulose dont nous venons de parler est la cellulose normale, et il y a lieu d’en distinguer la cellulose de réserve qui forme les épaississements que l’on trouve dans les cellules des cotylédons ou de l’albumen de certaines graines (Phytelephas macro ccn\ pa .Dattier , Loganiacées, diverses Liliacées, etc.). Des réactions particulières ont montré que ces deux sortes de cellulose étaient deux principes chimiquement différents; elles se comportent cependant de la même façon avec les réactifs micro-chimiques dont il a été question plus haut.
Il convient aussi de signaler une substance particulière résultant sans doute d’une modification de la cellulose, et à laquelle on a donné le nom d 'amyloïde. L'amyloïde est un principe diretement colorable en bleu par l'iode sans l'action de l’acide sulfurique ou de l'acide phosphorique. On le rencontre comme substance de réserve, dans un certain nombre de graines, soit dans les cotylédons (Hymenæa Cour baril, Tamarindus indica , etc.), soit dans l'albumen ( Pœonia , Tropœolum ma jus, etc.)
b. Composés pectiques.
Certains composés pectiques sont très fréquemment associés à la cellulose qui forme la membrane ; ce sont la pectose et l' acide pectique. On peut les caractériser à l’aide de certaines réactions tout à fait spéciales. Les composés pectiques ne se
LA CELLULE
colorent pas en bleu par les réactifs iodés de la cellulose ; ils se colorent en jaune orangé par la phénosafranine, et en bleu violacé , par le bleu de méthylène. Ils sont en outre susceptibles de se colorer par le brun Bismarck, la chrysoïdine, le violet de Paris, le violet Hoffmann , le rouge de Magdala, etc. , si le liquide est neutre ou àpeine acidulé par l’acide acétique. Ces colorations disparaissent en faisant agir l’alcool, la glycérine ou les acides; on distingue ainsi des composés pectiques, les matières azotées, la cutine et la lignine qui se colorent aussi par les réactifs ci-dessus, mais ne se décolorent pas par l’alcool ou la glycérine.
Pour exécuter les réactions des composés pectiques, on fera des coupes minces dans un organe quelconque de plante phanérogame, et on les immergera pendant vingt-quatre heures dans la liqueur de Schweizerqui dissoudra la cellulose. Sur les coupes lavées à l’eau, puis dans l’acide acétique à 2 p. 100, on fera agir quelques-uns des réactifs ci-dessus, et notamment le bleu de méthylène et la phénosafranine; on constatera en outre qu’il n’y a pas de coloration bleue dans la trame cellulaire par le chloroiodure de zinc.
c. Callose,
La callose n’avait été signalée que dans les dépôts qui ferment les pores des vaisseaux grillagés pendant la période du repos végétatif: elle existe cependant dans un très grand nombre de tissus. C’est une substance incolore, amorphe, insoluble dans l’eau, l’alcool et le réactif de Schweizer; très soluble dans la soude et la potasse à 1 p. 100, soluble à froid dans l’acide sulfurique, le chlorure de calcium et le bichlorure d’étain concentré ; insoluble à froid dans les carbonates alcalins et l’ammoniaque. Les réactifs colorants sont : le bleu d’aniline, l’acide rosolique, certaines couleurs azoïques du groupe des benzidines, toluidines, etc. Les réactifs iodés colorent la callose en jaune, et non en bleu, ce qui la distingue de la cellulose ; il n’y a pas de réaction par la phénosafranine ou le bleu de méthylène, ce qui, avec son insolubilité dans l’ammoniaque et les carbonates alcalins, distingue la callose des composés pectiques.
IIébail. — Plantes méd.
La callose se rencontre dans le cal des tubes criblés, dans les anthères en voie de développement et surtout chez les Thallophytes. Elle peut être à l’état de pureté dans la membrane (cellules-mères du pollen), ou bien associée à la cellulose sans composés pectiques (mycélium des Péronosporées), ou bien encore associée aux composés pectiques, à l’exclusion de la cellulose (tubes mycéliens des Polypores).