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SUBSTANCES ACCESSOIRES

Les substances accessoires qui existent dans la membrane par une sorte d’imprégnation, sont surtout la lignine et la subérine ; il faut y ajouter la cire, les matières minérales et les matières colorantes .

a. Lignine.

La lignine se rencontre fréquemment associée à la cellulose dans la membrane cellulaire qui est dite alors lignifiée. Ce phénomène de lignification de la membrane se produit sur les éléments du bois et plus particulièrement sur les vaisseaux, sur certaines fibres libériennes, et sur les cellules sclérenchymateuses. En cet état, la membrane présente des réactions microchimiques très caractéristiques ; elle fixe certaines couleurs d’aniline (fuchsine, vert d’iode, brun Bismarck, etc.); elle se colore en jaune par le sulfate d’aniline, en rouge violet par la phloroglucine et l’acide chlorhydrique, en vert bleu par le phénol et l’acide chlorhydrique, en rouge cerise par une solution d’indol à 1 p. 100 et l’acide sulfurique au 1/4, en violet ou en rouge par la résorcine et l’acide sulfurique. Ces diverses réactions et notamment celle de la phloroglucine, sont tout à fait caractéristiques des membranes lignifiées. Enfin, il faut dire qu’elles sont insolubles dans le réactif de Schweizer et qu’elles se colorent en jaune par les réactifs iodés de la cellulose, ainsi que par l'acide picrique.

LA CELLULE

b. Subérine.

Dans les organes exposés à l’action des agents extérieurs, la membrane s’incruste de l’extérieur vers l’intérieur, en tout ou en partie, d’une substance particulière appelée cutine ou subérine. La membrane ainsi modifiée est fortement élastique, imperméable à l’eau et à l’air, et elle forme ainsi à la surface des organes une couche protectrice qui a reçu le nom de cuticule. La subérine imprègne aussi certains tissus protecteurs, que nous étudierons plus loin sous le nom de liège ou suber. Les membranes subérifiées sont insolubles dans le réactif de Schweizer et se colorent en jaune par les réactifs iodés; elles se dissolvent dans l’acide azotique bouillant ; elles fixent les couleurs d’aniline dont il a été question pour la lignine. Elles sont insolubles ou très difficilement solubles dans l’acide ehromique concentré, qui dissout facilement la cellulose et les membranes lignifiées.

c. Cire.

Des matières cireuses imprègnent très fréquemment la membrane, et s’ajoutent très souvent à la subérine pour augmenter la protection. Pour constater la présence de la cire, on fera des coupes dans la feuille de Cycas , et on les montera dans l’eau que l’on chauffera légèrement. La cire s'apercevra alors à l’état de gouttelettes huileuses, qui se dissoudront dans l’alcool chaud. Du reste, ce n’est pas seulement dans la membrane même que l’on trouve de la cire, mais encore à la surface de la membrane où elle forme des dépôts parfois assez abondants pour être exploités. Ces dépôts sont tantôt formés de grains amorphes réunis en une couche plus ou moins épaisse ( Copernicia cerifera , Ceroxylon andicola , feuilles d’ Eucalyptus, de Séné, de Chou, etc.), tantôt de bâtonnets étroitement serrés les uns contre les autres (tige de la Canne à sucre).

cl. Matières minérales.

Les matières minérales peuvent se déposer à l'intérieur de

la membrane et en modifier plus ou moins l'aspect et les propriétés. Ces dépôts peuvent être formés par de la silice, du carbonate de chaux ou de l’oxalatede=chaux.

La silice se rencontre parfois en quantité considérable dans la membrane; elle est le plus souvent amorphe, mais elle peut être cependant cristallisée. La membrane des Prèles, des Graminées, des Diatomées en renferme des quantités énormes, jusqu’à 99 p. 100. Pour constater sa présence, on fait des coupes de tige de Prèle ou de feuille de Roseau que l’on chauffe fortement dans une goutte d’acide sulfurique. La silice seule résistant à l’action des acides et de la chaleur, on obtient un squelette de la coupe, entièrement formé de silice.

Le carbonate de chaux incruste à l’état amorphe les membranes de certaines espèces d’ Algues du groupe des Corallinées qui ressemblent alors bien plus à des Polypiers qu’à des végétaux. On pourra constater ce phénomène dans la Coralline officinale : on placera des fragments de rameaux dans l’acide acétique et on constatera que la matière incrustante se dissout avec effervescence.

L'oxalate de chaux se trouve aussi dans la membrane, mais à l’état cristallin. On en trouvera dans les cellules épidermiques des Sempervivum , des Dracæna , du Dammara , dans l’écorce des Cupressinées, les fibres libériennes de l’If, les téguments séminaux de la Chélidoine, etc.

e. Matières colorantes.

La membrane est aussi susceptible de s’imprégner de matières colorantes, d’ailleurs assez mal connues jusqu’ici. Ges matières colorantes s’accumulent en très grande quantité dans le bois des arbres des régions chaudes et surtout dans cette partie du bois que l’on désigne sous le nom de cœur. Mais on les rencontre aussi dans les membranes de certaines cellules entrant dans la constitution des graines, et donnant à celles-ci leur coloration propre : rouge ( Erythrina ), jaune ( Entada ), verte ( Ulex , Cytisus ), etc. Parmiles bois exotiques qui sont industriellement employés pour les matières coloran tes qu’ renferment, nous pouvons citer : le bois de Fernambouc

LA CELLULE

( Cæsalpinia echinato ), le bois de Campèche ( Hæmatoxylon campechianum), le Santal ( Sterocarpus santalinus ), le Quercitron ( Quercus tinctorio ), le Mûrier jaune [Maclura aarantiaca ), etc. Il suffira de faire une coupe transversale de l’un quelconque de ces bois et de l’observer dans la glycérine, pour constater que c’est bien dans la membrane, et non dans la cavité cellulaire, que réside la matière colorante.

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