MODIFICATIONS CHIMIQUES DE LA MEMBRANE
Les modifications de la membrane que nous avons étudiées jusqu’ici consistent simplement en une imprégnation de la substance fondamentale par des substances accessoires; il suffit de dissoudre ces dernières par des réactifs appropriés pour rendre à la paroi cellulaire tous ses caractères et toutes ses propriétés. Les modifications que nous avons à étudier sont beaucoup plus profondes, puisqu’elles consisteraient en un véritable changement dans la constitution chimique de la membrane elle-même. Ainsi modifiée, la membrane possède la propriété de se transformer en une substance gélatineuse plus ou moins épaisse, susceptible de se gonfler considérablement sous l’inlluence de l’eau, de la potasse et des acides, et même de se dissoudre d’une façon complète dans ces divers réactifs. Les parois cellulaires ainsi gélifiées ne se colorent plus par les réactifs iodés de la cellulose ; elles se colorent par la coralline, l'iiématoxyline et le violet de Hanstein. C’est à ces formations que se rattachent les mucilages et les gommes.
La transformation mucilagineuse des parois cellulaires se rencontre dans un certain nombre de graines ; elle poTte tantôt sur les cellules extérieures du tégument (graines de Moutarde blanche, de Moutarde noire, de Lin, de Coing, de Plantago Psyllium, etc.), tantôt sur les cellules de l’albumen (certaines Légumineuses : Fénu-Grec, Caroubier, Cassia fistula, Gleditschia, etc.). Les cellules sous-épidermiques de la feuille de Buccu ont aussi la propriété de se transformer en mucilage. Il en est de même de certaines cellules isolées ou réunies en groupes que l'on rencontre dans les divers organes des Malvacées, des Tiliacées, des Sterculiacées et de certaines Rhamnées.
HISTOLOGIE GÉNÉRALE
De même que les mucilages, les gommes résultent de la transformation directe des parois cellulaires; les cellules ainsi transformées se trouvent, soit dans l’écorce (gommes des Acacia ), soit dans l’écorce et le bois (gomme des Cerisiers et des Amandiers), soit dans la moelle et les rayons médullaires (gomme adragante).
On pourra étudier le phénomène de la gélification sur le tégument de la graine de Lin : les coupes seront d’abord montées dans la glycérine pure, que l’on remplacera peu à peu par de l’eau distillée. On verra alors la couche de cellules externe se gonfler peu à peu, augmenter considérablement de volume, puis se transformer finalement en un mucilage incolore, qu’une goutte de solution de coralline colorera en rose.
Dans certains cas, ce n’est pas la membrane proprement dite qui se gélifie, c’est la substance inter cellulaire seule : il en est ainsi dans la pseudo-tige de la Laminaire. On fera des coupes de la substance desséchée, et on les observera d'abord dans la glycérine, puis dans l’eau portée à l’ébullition (pl. XXXVI, fig. 7). On constatera une augmentation considérable dans l’épaisseur des parois, et les réactifs indiqueront que cette augmentation de volume a été exclusivement produite par la gélification de la substance intercellulaire.