J . ÉPIDERME
L’épiderme est un tissu formé, le plus souvent, par une seule couche de cellules, extérieures dès leur formation, et toujours protectrices, cette protection s’exerçant d’ailleurs d’une façon très variable suivant les espèces, et surtout suivant le milieu où vit la plante.
Malgré la définition que nous venons d'en donner, l'épiderme n’est pas nécessairement formé d'une seule assise de cellules.
Parfois, en effet, les cellules épidermiques subissent des cloisonnements très hâtifs, de sorte qu’au bout d'un certain temps, l’épiderme est formé de plusieurs rangées de cellules superposées [Ficus elastica , fig. 65). C’est là un tissu de renforcement d’origine réellement épidermique, que l’on ne doit pas confondre avec un tissu d’aspect semblable qui a une origine toute différente, et qui provient du cloisonnement des cellules sousjacentes ; ce dernier tissu a reçu le nom d7f ypoderme (feuilles des Pipéracées). Dans les organes aériens, l’épiderme porte souvent des formations spéciales, les stomates et les poils ; de sorte, que nous avons à considérer successivement : les cellules épidermiques , les stomates et les poils.
a. Cellules épidermiques.
Les cellules épidermiques sont des cellules fortement aplaties, tabulaires par conséquent (fig. 69), s’appliquant étroitement par leurs faces latérales sans laisser d’intervalle entre elles. Ces faces latérales peuvent être rectilignes [Tradescan-
Fig. 87. — Lambeau d’épiderme de la Fig. 88. — Morceau d’épiderme de feuille de Tradescantia. la feuille de Sedum Telephiutn,
montrant ses cellules à contour sinueux.
tia, fig. 87), ou fortement ondulées (fig. 88). Ces ondulations permettent aux cellules épidermiques de s’engrener dune façon encore plus étroite. Dans la majorité des cas, leur longueur égale leur largeur; cependant dans les organes allongés,
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comme par exemple les feuilles des Graminées, de Jacinthe, etc. , elles sont beaucoup plus longues que larges fig. 89).
La membrane extérieure est toujours transformée en cutine, mais à des degrés très divers. Si nous prenons le cas extrême qui nous sera fourni par une feuille de Cycas ou de Piper , nous pourrons distinguer, après action des réactifs, trois régions dans la membrane extérieure des cellules épidermiques (fig. 90) : tout à fait à l’extérieur, on observe une couche de cutine qui constitue la cuticule (et)] tout en dedans, on trouve une couche de cellulose pure ( cl ), et, entre les deux
Fig. 89. — Lambeau d’épiderme d’une feuille de Jacinthe.
Fig. 90. — Coupe transversale de l’épiderme de la face supérieure de la feuille du Piper rubricaule.
lames, une région où J’imprégnation de la cellulose par la cutine est très légère, et que l’on nomme les couches cuticulaires (cct). Cette région intermédiaire peut manquer, et alors la cuticule recouvre directement la portion de la membrane qui est demeurée à l’état de cellulose pure.
La cuticule, par sa nature même, est entièrement imperméable aux liquides. Mais cette imperméabilité est encore augmentée par la présence de la cire qui peut s’accumuler en quantité considérable dans la cuticule. Nous avons, du reste, déjà parlé des revêtements cireux de l’épiderme, à propos des substances accessoires de la membrane, et nous savons aussi qu'il peut se déposer dans la membrane externe des cellules épidermiques, de la silice et de l’oxalate de chaux.
HISTOLOGIE GÉNÉRALE
Le contenu des cellules épidermiques est constitué par une mince couche de protoplasme à peu près entièrement pariétal ; on y trouve aussi de la chlorophylle et de l’amidon, mais cependant assez rarement (plantes aquatiques, Fougères). Elles contiennent assez souvent un suc coloré (feuilles de Coleus , pétales de certaines fleurs).
b. Stomates.
Les stomates constituent les formations les plus importantes de l’épiderme; ce sont des orifices percés dans l’épaisseur de l’assise épidermique, et dont la fonction est de permettre
l’échange des gaz entre le milieu intérieur de la plante et le milieu extérieur.
Un stomate, vu de face sur un lambeau d’épiderme détaché à l’aiguille (fig. 91, A), se montre formé de deux cellules symétriques, réniformes (c), se touchant par leurs deux extrémités saillantes, et portant le nom de cellules stomatiques. Il résulte de la forme de ces deux cellules et de leur disposition, quelles
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DT
laissent entre elles une ouverture (0), qui a reçu le nom d’ostiolc.
Si maintenant l'on examine le stomate en coupe, on remarquera que l’ostiole communique avec une lacune sous-jacente qui est la chambre sous-stomatiqae ( es , B,C,D, fig. 91). On verra aussi que la fente n’est pas homogène, mais qu’elle présente deux crêtes extérieures et deux crêtes intérieures, délimitant une antichambre (a, fig. 91, B) et une arrière-chambre (a!).
Les cellules stomatiques, à l’encontre des cellules épidermiques, renferment toujours de la chlorophylle et de l’amidon (cc, fig. 91). Elles sont entourées par des cellules qui peuvent être en tout semblables aux autres cellules épidermiques ou bien être tout à fait différentes. Celles-ci prennent alors le nom de cellules annexes ; on en trouve 2 ou 3 à l’entour du stomate (fig. 88), ou bien elles forment un cadre complet autour de lui (fig. 87). Les cellules stomatiques sont, tantôt placées au niveau des autres cellules épidermiques, tantôt au-dessus (c,c, fig. 91, C), ou bien encore au-dessous (c, fig. 91, D).
c. Poils.
Les poils ne sont autre chose que des cellules épidermiques qui se développent d’une façon exagérée suivant une direction
Fig. 92. — Poil d ' Anchusa sempervirens .
Fig. 93. — Poil d 'Alyssum saxatile.
perpendiculaire à la surface de l’épiderme. La forme des poils est excessivement variée et un même épiderme peut en porter de plusieurs sortes.
Hérail. — Plantes méd. 7
HISTOLOGIE GÉNÉRALE
On peut classer les poils en deux groupes. Si pendant le développement, il ne se produit aucun cloisonnement transversal, le poil sera unicellidaire ; s'il se cloisonne, il sera pluricellulaire.
Parmi les poils unicellulaires, on trouvera : des poils coniques
Fig. 94. — Poil Fig. 95. — Poil de Conyze Fig. 96. — Poil de Bouillon blanc de Digitale. ( lnula Conyza). ( Verbascum Thapsus].
[Anchusa sempervirens1 fig. 92), en navette ( Cheiranthus ), rameux , lorsque la cellule se ramifie sans se cloisonner [Arabis, Alyssum, fig. 93).
Les poils pluricellulaires peuvent être droits : Digitale fig. 94), lnula Conyza (fig. 93), ou terminés par une cellule en navette (Absinthe), ou rameux ( Verbascum Thapsus , fig. 96). On peut encore placer dans ce groupe, les poils en écusson (Olivier, fig. 97) et les poils scarieux des Fougères quisontde véritables
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écailles appliquées sur l’épiderme par une seule cellule centrale ( Ceterach officinarum , fi g. 98).