TISSU LIBÉRIEN
Le tissu libérien ou tissu criblé comprend divers éléments dont l'ensemble constitue ce qu'on a coutume d’appeler le liber de la plante.
Il y a lieu de distinguer dans le liber, les éléments essentiels et les éléments accessoires. Les éléments essentiels comprennent les tubes criblés et les cellules-compagnes; les éléments accessoires comprennent le parenchyme libérien et les fibres libériennes.
Les tubes criblés sont incontestablement les éléments les plus importants du liber; ils sont caractérisés par ce fait que les faces transverses sont perforées à la manière d’un crible; en outre, leur membrane demeure toujours cellulosique.
On distingue en général deux types de tubes criblés : 1° le type de la Courge (fig. 11G, A et B), où les cloisons qui séparent deux tubes superposés sont transervales et ne renferment qu'un seul crible; 2° le type de la Vigne fig. 116. D), où les cloisons qui séparent deux tubes sont obliques et peuvent présenter plusieurs cribles. Les tubes criblés renferment du protoplasme et un noyau; ce sont donc des éléments parfaitement vivants.
A l’automne, les ouvertures des cribles se ferment à la suite d’un dépôt considérable de callose ; ce dépôt obturateur a reçu le nom de cal ( c , c, fig. 117). Nous savons que le cal a la
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propriété de se colorer en bleu par le bleu d’aniline. On pourra observer facilement cette formation en faisant des coupes longitudinales dans des fragments de tige de Vigne, récoltés au commencement de l’hiver et conservés dans l’alcool. Les coupes seront traitées par le bleu d’aniline ou la rosaniline.
Les cellules-compagnes (ec, fig. J 17, D) sont toujours accolées aux tubes criblés, chacune d’elles s’étant en effet entaillée dans un tube criblé par une cloison longitudinale.
Les cellules compagnes se distinguent des cellules du parenchyme libérien aux caractères suivants : 1° les cellules-compagnes ont un contenu beaucoup plus riche en matières albuminoïdes que les cellules du parenchyme libérien; 2° elles se colorent plus facilement par le bleu d’aniline;
3° elles ne renferment jamais d’amidon; 4° elles sont toujours accolées à un tube criblé dont elles sont séparées par une cloison longitudinale finement ponctuée.
Les cellules de parenchyme libérien proviennent de la division de cellules cambiales qui ne sont pas destinées à former des tubes criblés; elles perdent peu à peu leur contenu protoplasmique et ne conservent bientôt plus qu’un revêtement pariétal de faible épaisseur, entourant de toute part une grande vacuole centrale qui renferme quelquefois des cristaux. Dans le protoplasme pariétal, il n’est pas rare de rencontrer des grains d’amidon. Ces grains sont toujours notablement plus grands que ceux des tubes criblés et présentent sous l’action de
Fig. 110. — Tubes criblés du liber; eu A et en D, la cloison ne renferme qu’un seul crible {cl. g); en D, la cloison qui est oblique renferme plusieurs cribles {cl. g.)
HISTOLOGIE GÉNÉRALE
l’iode la coloration caractéristique de l'amidon. Quand le parenchyme cortical est bien développé, comme c’est le cas dans la plupart des jeunes tiges, l’amidon manque ou ne se trouve qu’en faible quantité dans le parenchyme libérien ; au contraire, dans les arbres dont l’écorce s’exfolie, le parenchyme libérien contient beaucoup d’amidon.
En ce qui concerne les fibres, il y a lieu de distinguer les
ce , matière calleuse; rc, réseau cellulosique du crible; pr, protoplasme; ce , cellules-compagnes.
fibres libériennes proprement dites, qui se trouvent à l’intérieur du liber même, et les fibres qui se trouvent dans le péricycle, à l’extérieur du liber primaire ; on donne à ces dernières le nom de fibres extra-libériennes. Ces deux sortes de fibres se distinguent non seulement parleur position, mais encore par leurs caractères histologiques. Les fibres libériennes sont de plus faible diamètre que les fibres extra-libériennes et présentent les réactions de la cellulose, tandis que les fibres extra-libériennes sont en général lignifiées.
Dans le liber primaire, les fibres libériennes sont rares; on en trouve cependant dans le liber primaire des racines des
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Légumineuses et des Malvacées. Dans le liber secondaire, au contraire, les fibres sont très nombreuses et disposées en général par faisceaux ou par couches concentriques.
B. — Tissus morts.