LOUPES
Les loupes les plus simples consistent en une lentille con-
LA TECHNIQUE MICROSCOPIQUE
vergente, soit plan-convexe, soit bi-convexe; elles ne peuvent donner que de faibles grossissements.-
La ligure 3 nous fera comprendre la marche des rayons lumineux et le mode d’amplification. Soit un objet ab , placé entre la loupe L L' et son foyer principal f, et près de ce foyer. Ce petit objet envoie par chacun de ses points des rayons divergents de lumière vers la lentille. Considérons seulement le point a et supposons deux rayons ( al et «0) partis de ce point; fun de ces rayons a I, parallèle à l’axe principal, émergera
suivant IS', puisquil doit couper l’axe principal au point f\ l’autre rayon «0, continuera sa route en ligne droite, suivant OS, puisque, passant par le centre optique de la lentille, il ne doit pas éprouver de déviation. Ces deux rayons IS' et OS sont divergents après la réfraction, de sorte qu’il n’y aura pas d’image réelle (f ). Mais si l’on prolonge les deux rayons réfractés de l’autre côté de la lentille, ils iront concourir en a! , et l’on aura en ce point une image virtuelle du point a ; et si l’œil est placé de manière à recevoir les deux rayons réfractés, il apercevra cette image virtuelle du point a . De même, on aura
(I) Lorsque les deux rayons réfractés sont convergents après leur passage dans la lentille, le point de croisement devient lumineux comme le point d’où ils sont partis. On dit alors qu'il en est l’image réelle (ûg. 4), et on peut la recevoir sur un écran. Mais, si les rayons réfractés sont divergents, il n’y a point de réunion au delà de la lentille et, par suite, pas d’image réelle. Cependant on peut apercevoir une image qui résulte simplement du prolongement virtuel des rayons réfractés; cette image, qui est toujours du même côté de l’objet, est dite virtuelle (fig. 3). On aura une image virtuelle toutes les fois que l’objet sera placé en deçà du foyer principal de la lentille, et une image réelle lorsque l’objet sera placé au delà du foyer principal, mais pas au delà du double de la distance focale.
HISTOLOGIE GÉNÉRALE
une image virtuelle du point b en b\ et l’image ab sera vue en a'b'.
On voit donc que la loupe donne une image virtuelle , droite et agrandie de tout objet qui sera placé en deçà et très près de son foyer. Par le fait, son action réelle n’est autre que de
permettre de voir distinctement à une très faible distance, 2 à 3 centimètres par exemple, un objet qu’il faudrait placer sans elle à 22 centimètres environ (distance de la vision distincte) ; elle accroît ainsi beaucoup l’angle visuel sous lequel
l’objet est aperçu, et, par suite, augmente sa grandeur apparente.
Ainsi, si l’on examine l’objet ab (fig. 5) à la distance de la vision distincte, il fera, sans le secours de la loupe, une image très petite rr sur la rétine ; au contraire, si on le reporte en fd pour être examiné avec cet instrument, il donne sur j la rétine une image beaucoup plus grande g h , qui est du reste reportée en a!b\ distance de la vision distincte.
La loupe a encore un second avantage. Comme elle est en général plus grande que la pupille, et quelle rassemble suffisamment les rayons qui tombent sur elle'pour les faire pénétrer dans l’œil, celui-ci reçoit
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un plus grand nombre de rayons sur la rétine, et l’objet se trouve plus éclairé que dans la vision normale.
L’image donnée par la loupe est d’autant plus grande que la distance focale de la lentille est plus courte. Il y aurait donc avantage à diminuer cette distance focale; mais, lorsqu'on donne à la lentille un foyer très court, le champ de la vision devient très restreint, en même temps que l’image se déforme et perd de sa netteté. Le grossissement de la loupe est donc nécessairement limité de ce fait.
Il l’est encore par suite de X aberration de sphéricité qui est très considérable dès que les lentilles ont un pouvoir grossissant trop puissant. L’aberration de sphéricité est un phénomène qui provient de ce que les rayons parallèles à l’axe principal ne passent pas tous, après la réfraction, au foyer f
Fig. G. — Pied porte-loupe de Nachet.
(fig. 1). Les rayons éloignés de l’axe principal coupent cet axe entre le foyer normal et la lentille, et d’autant plus près de la lentille qu’ils sont plus éloignés de l’axe. Il en résulte que l image d’un point lumineux, au lieu d’être réduite à un point,, se trouve représentée par un petit cercle de diffusion. Le moyen de corriger cet inconvénient est de supprimer les rayons qui traversent le bord de la lentille et de ne laisser passer que les rayons centraux ; on y parvient en noircissant les bords de la lentille, ou bien en se servant d’un diaphragme.
8 HISTOLOGIE GÉNÉRALE
Les loupes que Ton emploie en histoire naturelle sont généralement montées, c’est-à-dire enchâssées dans des cercles
de corne ou de laiton noirci ; on peut les adapter à des supports ou pieds porteloupes dont les différents constructeurs font de nombreux modèles (fig. 6 et 7). Certaines loupes sont formées de plusieurs lentilles séparément enchâssées dans des cercles de corne, et dont on peut se servir isolément ou en les accouplant. Ce sont des loupes de poche.
Il faut encore citer les loupes de Coddington et de Brücke.
La loupe de Coddington (fig. 8) consiste en un cylindre de verre, convexe à ses deux extrémités, et échancré en son mi-
lieu de manière à prendre la forme d’un sablier (c). La partie échancrée est noircie, et joue alors le rôle d’un diaphragme qui supprime les rayons de la circonférence; l’aberration de sphéricité est ainsi à peu près nulle.
La loupe de Brücke (fig. 9) est surtout recommandable à cause de la longueur de son foyer. Elle est formée d’un objectif achromatique convexe et d’un oculaire concave; le grossissement peut être augmenté par l'allongement du tube de la loupe, et il peut varier entre trois et huit fois.
LA TECHNIQUE 3IICR0SC0P1QUE