MICROSCOPES SIMPLES OU DOUBLETS
Nous avons vu que les loupes ne pouvaient donner que des grossissements faibles et parfois insuffisants. C’est pour obvier à cet inconvénient qu’on se sert fréquemment des microscopes simples ou doublets, dont la construction repose sur le principe suivant. On sait que pour des lentilles de même longueur focale, l’aberration de sphérité est plus grande pour une lentille bi-convexe que pour une lentille plan-convexe, si cette dernière reçoit les rayons par sa face plane. On a en outre reconnu, que deux lentilles superposées produisaient une aberration de sphéricité beaucoup moindre qu’une seule lentille dont la longueur focale serait égale à celle de l’assemblage.
Les doublets sont donc composés de deux lentilles plan-convexes superposées [kg et ql , fig. 10) et dont les faces planes sont tournées du côté de l’objet ou en bas; l’inférieure est plus large que la supérieure, et elles sont séparées l’une de l'autre par un diaphragme (dd).
Le tout est monté dans une garniture en corne ou en cuivre noirci, qui maintient fixe l’écartement des pièces. Le pouvoir amplifiant et la formation de l’image sont donnés comme si on employait une loupe formée d’une seule lentille dont la longueur focale serait égale à celle du système de ces lentilles agissant toutes ensemble.
Ces doublets sont montés sur des pieds de modèles divers. Ils sont généralement formés d’un pied stable, sur lequel se visse une tige verticale qu’une crémaillère fait monter et descendre; elle porte vers le haut une platine pour placer l’objet, avec un trou pour laisser passer la lumière que lui envoie un miroir placé au-dessous. Au sommet de la tige verticale, est placée, à angle droit, une branche mobile qui porte à son extrémité un anneau dans lequel se place le doublet. En outre
HISTOLOGIE GÉNÉRALE
la tige horizontale est munie d’une crémaillère qui permet de faire avancer ou reculer la lentille. Très souvent, on place de
Fig. 11. — Microscope à dissection de Vérick.
chaque côté de la platine deux plans inclinés sur lesquels on peut appuyer les mains pendant les dissections (fig. 11).
B. — Microscopes composés.
Un microscope composé, réduit à sa plus simple expression et considéré schématiquement pour ainsi dire, est formé de deux lentilles convergentes : une première lentille ; tournée vers l’objet et qu’on nomme pour cela objectif donne une première image amplifiée et réelle de l’objet, qui est à son tour grossie par la deuxième lentille ou oculaire fonctionnant comme loupe. La figure 12 nous fera comprendre facilement la marche des rayons lumineux.
Soit un objet ab (fig. 12) placé un peu au delà du foyer de la lentille bi-convexe M, qui est l’objectif. Nous savons, par ce qui a été déjà dit (voir note, page 5), qu’il va se former une image réelle que la construction nous donnera en a! b' ; on voit que cette image est en outre agrandie et renversée. Cette image sera reçue par l’oculaire N, mais en un point tel qu’elle se trouvera entre la lentille et son foyer f ; l’oculaire fonctionnera donc comme loupe et nous donnera une image virtuelle, droite , et agrandie, qui viendra se former en a" b ", et que l'œil
LA TECHNIQUE MICROSCOPIQUE
placé en A' apercevra facilement. On voit donc que le microscope composé n’est pas autre chose en somme qu’une simple loupe appliquée, non pas à l’observation directe des objets,
mais à celle de leurs images déjà amplifiées par une première réfraction.
Tout microscope composé présente à étudier : 1° une partie mécanique; 2° une partie optique; 3° les pièces accessoires.