W. — SUBLIMATION
une cornue, on délaye de la terre à four, ou un mélange d’argile plastique et de sable fin, dans de l’eau rendue légèrement alcaline par un peu de carbonate de soude ou de borate de soude, et on en fait une bouillie fluide, bien homogène. On enfonce la panse de la cornue dans cette bouillie jusqu’à la hauteur à laquelle on veut la garnir, .et on la relève doucement. Une couche de matière molle adhère à la cornue. Après dessiccation complète, on plonge de nouveau et de la même manière, la cornue dans le mélange fluide; une deu.\ième couche de matière, plus épaisse que la première, se superpose à celle-ci, et on sèche de nouveau. En répétant cette opération deu.x ou trois fois, on dépose à la surface du verre quelques millimètres de matière argileuse qui suffisent à protéger le verre contre les déformations. On lute un ballon de la même manière.
L’usage des vases de verre lutés,très répandu autrefois, est un peu délaissé aujourd’hui.
250. Pour les substances qui ne se subliment qu’à très haute température, et qui dès lors sont aisément condensées, on place la matière dans une capsule de porcelaine sans bec, que l’on recouvre avec une capsule semblable et renversée. On chauffe le vase inférieur, et la condensation se fait sur le second qui, placé au-dessus, ne se trouve pas exposé à l’action directe du foyer.
251. On a conseillé, pour rendre la condensation plus parfaite, d’enrouler un tube de plomb en hélice dont les spires sont entre elles en contact immédiat, d’appliquer exactement le disque ainsi formé sur la capsule supérieure en lui donnant une forme concave, et de faire passer dans le tube un courant continu d’eau froide.
Des têts à rôtir peuvent remplir le même office que les capsules. Quelquefois aussi on emploie deux creusets de terre.
Une modification de ce dispositif consiste à n’employer qu’une seule capsule ou qu’un seul tôt, et à superposer un entonnoir de verre dont les bords entrent légèrement dans la capsule ou dans le têt.
“252. Enfin, pour les matières les moins volatiles et ayant des vapeurs très denses, on les chauffe dans un tube de grès ou de porcelaine dont elles occupent l’une des extrémités, et par un courant de gaz inerte, on entraîne leurs vapeurs vers la partie libre du tube que l’on a soin de chauffer moins fortement ou même de laisser froide.
253. Quant aux substances organiques qu’on se propose de sublimer par quantités un peu importantes, on les place dans une marmite de fonte (fig. 15.3) ou mieux dans un vase de terre dit camion; on recouvre l’ouverture par une feuille de papier à filtrer, tendue et maintenue collée sur les bords du vase, et on surmonte le tout d’un cône en carton mince ou en papier fort. Ce
VAPORISATION
cône, ouvert à sa pointe, est maintenu roulé par quelques bandes de papier collées sur le joint à sa surl'ace; il est coupé vers sa base normalement à son axe. On l’ajjplique sur les bords du vase qu’il recouvre complètement, et on l’y maintient par une bande de papier, collée simultanément sur le cône et sur le vase. On chauiïe ce dernier; les vapeius émises par la substance traversent
le papier à filtrer et se répandent dans le cône sur les parois froides duquel elles se condensent. On règle la distillation en cliaulfant de manière à ju’ovoquer le départ d’une petite quantité de vapeurs par ta pointe du cône, sans que cette quantité soit cependant assez forte pour constituer une perte notable de produit. La feuille de })apier à filtrer empêche les projections de souiller les cristaux ; elle empêche aussi ces derniers, lorsqu’ils se détachent du cône, de retomber sur le résidu. Après refroidissement, on recueille facilement le sublimé en détachant la bande de papier qui maintient le cône de carton.
E. — lki!!)filla(i»n «èolio.
.Ainsi qu’il a déjà été dit, la distillation sèche n’a de commun avec la distillation proprement dite que la forme des appareils à l’aide desquels on l’exécute : elle a })Our but de provoquei’, j)ar l’action d’une température élevée, des décompositions dont on recueille les produits condensables. Mlle $’aj)plique surtout aux substances organiques.
Un la pratique quelquefois dans des cornues de verre peu fusible. I/appareil employé est alors analogue à celui représenté plus haut (lig. 1 AO, § On chaulfe la cornue, soit au bain
d’builc (§ 1^0), soit au bain de sable 1 1 A), soit même à feu nu, en la protégeant par une toile métallique. Les vapeurs se condensent dans le ballon tubulé, et les gaz s’échappent par le tube dj'oit. On fait aussi usage de modes de réfrigération plus perfectionnés, de réfrigérants à tubes, par exemple.
Fig. 153. — Sublimation.