DISTILLATION SÈCHE
555. Comme dans la sublimation, la température à laquelle on opère rend avantageux l’emploi des vases lûtes (§ 2i9). Toutefois, la fragilité du verre, môme quand il est protégé par un lut argileux, fait employer de préférence, pour les opérations en petit, les cornues de grès 179), et pour les distillations sèches de quantités importantes de matières, les cornues de fonte ou de cuivre. On perd alors la facilité que donne la transparence du verre pour la surveillance de l’opération. D’autre part, on construit les cornues métalliques (ui deux pièces que l’on lixe l’une sur l’autre au moyen de boulons ; le chargement et le nettoyage se font ainsi très aisément.
ÉVAPORATION
250. Évaporation. — L’évaporation qui, au point de vue physique, est identique à la distillation, se pratique surtout lorsqu’on se propose d’extraire une matière en dissolution dans un liquide, par l’expulsion de ce dernier sous forme de vapeurs que l’on abandonne dans l’atmosphère.
Poussée jusqu’à un certain degré seulement et non jusqu’à élimination complète du dissolvant, l’évaporation est nommée concentration. Elle est dite à siccité ou à sec, lorsqu’elle a chassé la totalité du dissolvant et laissé le corps dissous sous la forme d’un résidu sec.
La vaporisation du liquide à chasser s’effectue forcément à des températures variables avec sa nature.
L’évaporation est spontanée lorsqu’on place la solution dans un vase à large surface, un cristallisoir par exemple, qu’on abandonne à la tempéi’ature ordinaire. Les vapeurs émises sont entraînées dans l’atmosphère. H est nécessaire, lorsqu’on évapore spontanément des liquides peu volatils et que, par suite, l’opération doit durer longtemps, de fermer le vase par une feuille de papier à fdtrer fixée sur ses bords : cette fermeture que les vapeurs traversent, arrête les poussières atmosphériques qui souilleraient le produit.
Si faction d’une légère élévation de température est sans inconvénient, on peut placer le vase dans une étuve plus ou moins chaude, ce qui accélère beaucoup l’évaporation.
On arrive plus vite encore au même résultat en chauffant le mélange sur un bain-marie (§ 116), sur un bain de sable (,^ I l -4)
VAPOniSATION.
OU même à feu nu. On le ])lace alors dans une capsule de porcelaine (pii, largement ouverte, facilite le renouvellement de l’air à la surface du liipiide et rend plus rapide sa vaporisation. On peut
à évaporer un jet d’air fourni par une soufllerie.
Enfin, si l’on n’a à craindre aucune altération du produit par la chaleur, on porte directement le mélange à l’ébullition. Cette méthode est évidemment la j)lus prompte.
On est guidé dans le choix à faire de rime des méthodes précédentes par les propriétés du dissolvant et du corj)S dissous, notamment |)ar les actions qu’exercent sur eux la chaleur et l’oxygène de l’air.
Quand ces actions, ou seulement l’une d’entre elles, rendent inapplicables les procédés indiqués, on pratique l’évajmration dans le vide. On fait usage pour cela des appareils à distiller dans le vide (§ 241 et suivants) ou de ceux dont il sera question plus loin à propos de la dessiccation dans le vide (,§ 2(i5 et suivants).
“2.57. Cheminées et cages a tirage artificiel. — Les vapeurs qui se répandent dans l’atmosphère pendant l’évaporation, ne sont pas sans présenter des inconvénients pour les opérateurs. La vapeur d’eau est relativement peu incommode, mais presque toutes les autres vapeurs ne peuvent être sup|)ortées dès qu’elles sont en quantité notable. On s’en débarrasse d’ordinaire en pratiquant l’évaporation sous la botte d’une cheminée à tirage énergique. Le plus souvent, si aucun foyer important ne se trouve en activité sous la botte d’une cheminée, elle ne livre passage qu’à un courant gazeux très faible ou nul, parfois môme elle sert à une introduction d’air dans la pièce. On augmente beaucoup son efficacité, tout en assurant la régularité de son fonctionnement, en disposant à l’entrée du tuyau, dans la jiarlie où celui-ci prend sa largeur la plus faible, un brûleur à gaz dit papillon (§ 83); ce dernier échauffe la colonne gazeuse pénétrant dans le tuyau, diminue sa densité et par suite accélère d’autant plus le mouvement ascensionnel que le conduit vertical est plus long. Une môme (juantité de chaleur dégagée en tout autre endroit, agirait beaucoup moins efficacement. Si la botte est de forme allongée, on la divise par des cloisons verticales, en autant de sections qu’il existe d’oritices d’évacuations : on évite ainsi (|ue les vapeurs et les gaz à entraîner se répandent dans les parties latérales, d’où ils rctomlicnt à l’intérieur du laboratoire après s’ètre refroidis.
Pour les vapeurs très incommodes qui, répandues môme en petite proportion dans l’atmosphère, rendent celle-ci pénible ou dangereuse à respirer, cette pratique est insuffisante; elle n’empôcbe pas les contre-courants qui se produisent toujours un peu dans la largeur de la botte.de ramener des traces de vapeur dans le laboratoire; il faut alors avoir recours aux en (/es fennecs.