DESSICCATION A CHAI I). ID
L’iiislrument par excellence de la dessiccation à chaud est réluve. On a indiqué plus haut (§ 127 à § loO) les divers systèmes d’étuve les plus usités. On dépose les vases contenant le corps à dessécher sur une tablette de l’étuve, on chanllé celle-ci et on y établit un léger courant d’air.
La température à laquelle on chauffe étant variable avec la nature du corps, nous n’avons pas à y insister ici. Il faut dire cependant que dans beancouj» de cas, cette température doit être réglée avec soin ; elle peut faire varier la composition du produit desséché. C’est ainsi que les sels hydratés, avant de devenir anhydres, passent fréquemment par des états d’hydratation intermédiaires, leur composition provisoire étant déterminée par la température à laquelle on les a soumis. On est dès lors conduil à faire fonctionner les étuves avec des régulateurs de température 105 à § 109).
26i. Lorsque la quanlité du corps à dessécher est faible, s’il s’agil de ina- . tières à analyser par exemple, on peut encore les introduire dans un tube qui traverse d’outre en outre une étuve portant des tubulures latérales disposées à cet effet, et chauffée à la température voulue. Pendant toute la durée de la dessiccation, on fait passer dans le tube un courant d’air parfaitement sec ; pour cela, on établit par Tune des extrémités une légère as[)iration, tandis (|ue l’autre extrémité est reliée à un système de tubes, ouvert dans l’atmosphère et contenant des matières desséchantes telles que la pierre ponce imbibée d’acide sulfurique ou le cblorure de calcium sec. Quelquefois on recourbe deux fois le tube contenant la substance, de manière à faire plonger la partie médiane dans un bain-marie ou dans un bain d’huile, tandis que les branches verticales émergent du liquide; on préfère généralement lui donner la forme d’une ampoule (lig. 157) dans laquelle s’étale la matière qui présente ainsi à l’air une plus grande surface d’action. La même disposition est avantageuse pour dessécher à chaud, dans un courant de gaz inerte, les corps que l’air peut altérer.
'205. DESStccATiON DANS LE VIDE. — A toutc température, la dessiccation des solides et des liquides s’opère mieux sous [)ression réduite. A froid, on place la substance dans une cloche à dessécher semblable à celle indi(iuée plus haut, mais portant à sa partie supérieure une douille à laquelle s’ailapte un bouchon que traverse un robinet de verre (lig. 158). On fait communiquer celui-ci par un tube de caoutchouc épais, avec un appareil à rarélier l’air ; puis, le vide étant suffisant, on ferme le robinet et on abandonne l’appareil à
Fk;. 157.
Ampoule à dcsséclicr.
VAPORISATION
lui-même. La dessiccation s’effectue peu à peu. La pression dans la cloche au moment où on ferme le robinet est indi(]uée par le manomètre de la machine aspirante, mais plus tard une rentrée d’air peut se produire par une fuite sans (ju’on en soit prévenu. En introduisant sous la cloche un petit baromètre tronqué, celui-ci indique constamment la pression intérieure; le niveau du mercure (pPil renferme reste immobile quand la fermeture est bien étanche. Enfin, en plaçant dans la cloche une plaque mé(alli(iue j)ercéede trous (fig. I06), celle-ci peut servir de su|)port pour des objets multiples à dessécher simultanément.
Un point important est de n’employer comme glace rodée iju’un verre d’une épaisseur suffisante, une dalle de glace préférablement. 11 arrive, surtout
pour les cloches larges, que les glaces ordinaires se brisent sous la pression atmos|)héri()ue, ce qui est dangereux pour l’opérateur.
On fait encore assez fréquemment usage dans le même but d’une cloche ordinaire à boulon (fig. 156) (jue l’on dispose sur une platine rodée semblable à celles des machines pneumaliques. Le conduit (|ui traverse les platines de ce genre, porte extérieurement un robinet à ajutage par lequel on fait le vide dans la cloche. Ces appareils sont coûteux et dépour- Fig. 15S vus d’avantages particuliers.
Cloclic à dessécher dans le vide.
:266. Pour les très petits objets, les creusets d’analyse par exemple, on trouve avantage à remplacer la cloche par un petit vase à dessécher plus facilement mobile. Celui-ci consiste (fig. 159) en un vase à dessécher ordinaire, dont le couvercle rodé MN est coni(jue à sa partie centrale et se termine par une douille portant le tube à robinet RRA, au moyen duquel on fait le vide. Les objets tels (}ue C, s’y placent sur une lame métallique perforée l‘l*', qui supporte également un petit manomètre 11.
'207. Lorsque, après avoir maintenu une sulistance dans l’atmosphère sèche des appareils pi'écédents, on laisse rentrer l’air extérieur, celui-ci prend une vitesse considérable et peut entraîner des parcelles de la substance au dehors du vase qui la contient; de plus, cet air peut introduire des poussières extérieures qui souillent le produit; enfin, se dilatant brus([uement au moment où il pénètre dans l’intérieur, il se refroidit et laisse déposer à l’état condensé une partie de la vapeur d’eau qu’il ren/erme.
Le dernier accident est facile à éviter en forçant l’air qui rentre à traverser au préalable un tube contenant une matière desséchante; on relie ce tube au rol)inet par un joint de caoutchouc.
Le premier ne présente un inconvénient réel que si on ouvre trop fortement