DESSICCATION EN ANALYSE
lyser jusqu’à ce que son poids reste invariable dans les conditions adoptées pour la dessiccation. On opère dans l’air sec ou dans le vide, à Iroid ou à chaud, en un mot, une quelconque des méthodes indiquées plus haut j)eut être choisie, mais il est indispensable d’appliquer cette méthode exactement et sans modilication, jusc|u’à élimination totale de l’eau qui peut être enlevée dans les circonstances de température et de pression réalisées. Ces dernières seront toujours indiquées avec le résultat de l’analyse.
Pour les matières inaltérables par la chaleur, on les dessèche grossièrement, puis on achève de chasser l’eau en les portani jusc|u’au rouge et en les calcinant (§ 203 et suivants). C’est là un procédé de dessiccation très usité en analyse minérale.
CIIAIMTKI^ IV
DISSOLUTION
^70. Dissolution, solubilité, saturation. — (Jiiaiid un corj)s liquide est mis en contact avec un autre corps, solide ou liquide, il arrive souvent que tous deux s’unissent |)Our former un système liquide homogène. On donne les noms de dissolution ou de sohUiofi, <mss\ bien à l’action qui s’est accomi)lie qu’au produit qui en est résulté.
Parfois cependant, le liquide formé renferme les composants en proportions définies, et ne peut s’unir avec une nouvelle quantité de l’un d’eux; on a alors allaire à une véritable combinaison. Mais, le plus fréquemment, le produit peut se mêler avec des proportions quelconques de l’un des composants, et donner une inlinité de systèmes liquides boniogènes, de compositions variées; ces dernières circonstances caractérisent la dissolution. Le phénomène acconijili est à la fois d’ordre physique et d’ordi'c chimique : il comporte, en effet, la production de combinaisons souvent très nombreuses entre le dissolvant ou véhicule et le coi’])s dissous, en même temps que la dilVusion de ces combinaisons dans la masse liquide tout entière. Tantôt l’action chimique domine et la dissolution est acconqiagnée d’un dégagement de chaleur; tantôt, au contraire, l’action jibysiquc est prépondérante, et c’est une absorjition de chaleur qui se manifeste.
Dans des conditions physiques données, un dissolvant ne se charge que d’une quantité limitée du corps dissous. La limite étant atteinte, la dissolution est dite saturée; cette limite caractérise la solubilité du corps dans le dissolvant. On nomme coefficient de solubilité d’un corps dans un dissolvant pour des circonstances physiques données, le poids de ce corps qui forme, avec 100 parties du dissolvant, une solution saturée. D’ordinaire le phénomène de la dissolution s’accompagne d’une contraction, lia densité des liqueurs formées par les mêmes composants, varie
"270.— DISSOLUTION, SOLUniLlTÉ, SATURATION.
avec les proportions de ces derniers; aussi cette densité est-elle souvent utilisée pour apprécier la concentration des dissolutions. Les phénomènes de dissolution modifient d’ailleurs la plupart des constantes physiques des corps en présence : points do solidification, points d’ébullition, tensions de vapeur, couleurs, indices de rélraction, pouvoirs rotatoires, actions capillaires, etc.
271. Parmi les circonstances qui inlluent sur la dissolution, on doit citer spécialement la nalure des deux corps en présence, leur température, l’intervention d’une ou plusieurs substances étrangères dans la dissolution, et enfin celle d’un second dissolvanl non miscible au premier.
Relativement à la nature des corps, on ne peut Ibrmuler aucun principe précis. D’une manière générale, mais en relevant de nombreuses exceptions, on constate que les composés analogues chimiquement, se dissolvent en abondance. Les alchimistes disaient : « Le semblable dissout son semblable. »
Le plus souvent la quantité d’un corps qui se dissout dans un poids constant d’un même dissolvant, augmente avec la température, suivant une loi propre aux deux substances en présence. Toutefois, certains sels sont plus solul)les dans l’eau à froid qu’à chaud. Quelques-uns présentent une solubilité croissante avec la température jusqu’à une certaine limite au delà de laquelle leur solubilité va en diminuant; le sulfate et le carbonate de soude, dans leurs dissolutions aqueuses, présentent des faits de ce genre.
Si à une dissolution saturée d’un corps, on ajoute un autre corps soluble dans le dissolvant employé, le second corps se dissout; de plus, la dissolution cesse le plus souvent d’être saturée par rapport au premier, dont elle peut prendre une nouvelle proportion. Cette règle, basée sur l’observation des dissolutions des sels dans l’eau, comporte néanmoins des exceptions nombreuses.
Enfin, étant donnés deux dissolvants non miscibles l’un à l’autre, et un corps soluble dans chacun d’eux, si l’on agite une dissolution faite dans le premier dissolvant avec une certaine quantité du second, le corps dissous se partage entre les deux liquides. Les quantités dissoutes par un même volume de ces deux liqueurs sont entre elles dans un rap})orl constant {coefficient de partage)^ lequel dépend seulement de la nalure des
inSSOLL’TION.
corps, de la concenlralion cl de la température (MM. Berihelol ei .liingileisch).
''21^. SuRSATUUATJON. — Lorsqu’à température fixe, on mainlient un corps en contact avec un dissolvant, ce corps étant en excès, la quantité dissoute ne dépasse jamais celle qui correspond au coefficient de solubilité. Mais si on laisse refroidir hors de la présence d’un excès du corps dissous, une solution saturée à chaud, il arrive souvent (ju’ellc ne laisse déposer aucune quantité de ce corps; elle en renferme cependant une proportion plus grande que celle qui correspond à la saturation produite comme nous venons de le dire. Une semhlahle dissolution est dite surxaturée.
Des dissolutions de ce genre jieuvent encore être obtenues en concentrant par évaporation les dissolutions saturées.
Les dissolutions sursaturées sont en quelque sorte en équilibre instable; le contact d’un frngment du corps dissous ou d’une substance isomorphe avec lui, suflit pour rompre cet équilibre et provoquer le dépôt de la matière dissoute en excès, la liqueur reprenant les condilions d’une solution saturée normalement.
Ou trouvera plus loin, à propos du sulfate de soude, de l’byposulfile de soude, de l’acétate de soude, etc., diverses expériences de sursaturation.
21^. Dissolvants. — Tous les liquides peuvent être employés comme dissolvants, mais il en est quelques-uns dont l’usage s’est plus généralement répandu dans les laboratoires.
L’eau est le dissolvant par excellence, aussi bien des substances organiques que des substances minérales; mais, pour ces dernières, aucun liquide ne les dissout en plus grand nombre. L’alcool, l’étlier, le sulfure de carbone, l’acétone, le chloroforme, les bydi'ocarbures divers, sont également fort employés, surtout pour la dissolution des composés organiques.
21Ï. Dissolution simple. — Le corps à dissoudre peut être isolé, ce qui est le cas le pins favorable; il peut, au contraire, être mélangé à d’autres substances insolubles qui le protègent contre l’action du dissolvant. Dans le premier cas, la dissolution qui s’clTeclue sans résidu, est dite simple.
<m. — DISSOLUTION SIMPLE.
La dissolulion d’un liquide dans nn autre liquide, conslitue le cas le plus l'acile à réaliser. D’ordinaire, il suflil de verser successivement les deux liquides dans un même vase et d’agiter. Si les deux corps sont miscibles en toutes proportions, ou si les quantités mises en présence permettent qu’ils se dissolvent complètement, l’opération est terminée; sinon, il suffit de laisser reposer pour que la portion de l’un des liipiides, restée insoluble, se sépare de la dissolution.
Toutefois, il est certains corps pour lesquels la dissolution comporte des phénomènes chimiques énergiques et des dégagements de chaleur susceptibles de rendre l’opération dangereuse, en provoquant des formations brusques de vapeurs. Telle est la dissolution de l’acide sulfurique dans l’eau ou dans l’alcool, qu’on ne doit faire qu’en employant des précautions spéciales, notamment en versant lentement l’acide dans le second liquide maintenu agité.
'ilb. La dissolution d’un solide est un peu moins simple à effectuer. Elle s’opère spontanément au contact du solide et du dissolvant, mais elle peut être fort lente et les moyens pratiques mis en œuvre, ont surtout pour but de l’abréger.
L’une des causes (jui retardent le plus la dissolution est le changement de densité qu’éprouve le dissolvant en se chargeant du corps dissous. La substance étant plus dense que le liquide et formant une solution également plus dense que lui, les fragments solides placés au fond du vase se recouvrent d’une couche de dissolution saturée; celle-ci ne se mélange que fort lentement avec les autres portions de la masse liquide qu’elle empêche d’entrer en contact avec la substance. L’agitation, en rendant la liqueur liomogène, met le solide en relation avec un liquide non saturé et provoque, par suite, une nouvelle dissolution partielle. Si la substance est moins dense que le liquide, des faits du môme genre se produisent en sens inverse. On conçoit donc qu’une uf/ftation répétée favorise le phénomène dans les deux cas.
En outre, lorsque la surface de contact du corps avec le liquide est considérable, la dissolulion s’effectue plus rapidement. On est ainsi conduit à. pulvériser les matières à dissoudre.
Les principes précédents sont mis en œuvre dans deux modes O])ératoires très usités. On place le corps dans un mortier de por-
DISSOLUTION
celaine ou de verre, on le pulvérise, on ajoute le liquide et on agile avec le pilon jusqu’à dissolution. Plus simplement, on introduit la substance pulvérisée dans un fiacon avec le dissolvant, on houclie le llacon et on agite.
470. On peul, pour faire les dissolutions, tirer un parti avantageux des cliangenients de densité tpii les accompagnent. On suspend le corps }dus dense que le liquide, à la surface de celui-ci, en le déposant dans une capsule de porcelaine percée de trous ou même en l’enfermant dans un iiouet de toile. Le liquide en contact avec lui le dissout et, par suite, augmente de densité; il tombe aussitôt au fond du vase et se trouve remplacé à la surface du corps )>ar du dissolvant nouveau. I.e renouvellement des masses en contact, s’opère ainsi automatiquement et continuellement.
Loi’S(ju’il s’agit d’un corps moins dense que le liquide, on le maintient au contraire au fond du vase.
277. La chaleur, par cela seul qti’elle augmente les solubilités, favorise la dissolution. On rtililise en chaull'ant à feu nti ou dans un bain à température convenable, au bain-marie par exemple, le vase dans lequel on a mis le corps pulvérisé et le dissolvant; on agite constamment. Lorsqu’on vêtit faire intervenir le dissolvant à l'ébullition, on cbauffe le mélange dans une capsule de porcelaine ou dans un ballon. Ce dernier seul doit être employé si on veut éviter la déperdition d’un dissolvant volatil ; on dis|)Ose alors, à roriüce du col, un réfrigérant incliné à reflux (§ loO, p. flS), dont le ttibe traverse un bouchon formant un joint étanche, puis on porte à l’ébtillilion ; l’agitation que celle-ci produit concourt au même résultat que l’élévation de la température.
Il est cependant nécessaire de ne pas perdre de vue que l’action prolongée de la chaleur peul provoquer des réactions profondes entre le corps dissous et le dissolvant.
Les procédés de dissolution dont nous allons parler maintenant, sont surtout apjdicables aux cas où la substance à dissoudre est mélangée de matières insolubles. On est guidé dans le choix à faire de l’un d’eux par les propriétés des {)roduits traités.
278. Macéuatiox. — Celte opération consiste en un contact prolongé pendant longtenqis et à la température ordinaire, de la masse solide et du dissolvant. Elle doit être préférée aux suivantes lorsqu’il s’agit de séparer des corps solubles à froid d’autres corps insolubles ou peu solubles à froid mais solubles à
“27S. — MACÉÜATION.
chaud, ou bien encore lorsque les produits étant altérables, l’intervention de la chaleur doit être écartée.
On l’active en agitant rréqueininent les vases fermés qui contiennent le mélange.
'279. Digestion. — La digestion est une macération faite à chaud, mais à une tem])éralure inférieure à celle de l’ébullition du véhicule. On la pratique en plaçant le vase qui renferme le mélange, dans une enceinte maintenue à la température voulue, dans une étuve ou dans un bain-marie, par exemple : lorsque le liquide employé est très volatil, on maintient le mélange en digestion dans l’appareil à réfrigérant disposé à reflux, qui a été indiqué ci-dessus pour ojiérer à l’ébullition la dissolution simple (§ 277).
2SU. Décoction. — La décoction ne diffère de la digestion que parce qu’elle s’opère à la température de l’ébullition du dissolvant. Plus encore que pour la digestion, lorsque le véhicule ne doit pas être perdu par évaporation, on se sert d’un ballon muni d’un réfrigérant disposé à rellux.
281. Lixiviation. — Comme son nom l’indique, la lixiviation se rapproche beaucoup d’une opération de l’économie domestique, le coulage de la lessive. Perfectionnée dans ses moyens, elle constitue un des procédés les plus parfaits et les plus méthodiques dont on dispose, pour enlever complètement à un mélange les principes solubles qu’il renferme, en n’employant cependant (ju’une quantité minimum de dissolvant.
La matière à priver de principes solubles, à épuiser, est préalablement réduite en })0udre, puis introduite, régulièrement tassée, dans une allonge droite (hg. 100) dont on a obstrué le col par quelques fragments de verre cassé sur lesquels repose un tampon de coton ou d’amiante. L’allonge étant lixée verticalement au-dessus d’un col droit, au moyen d’un papier replié plusieurs fois et formant tampon, on verse le dissolvant sur la matière, par l’orifice supérieur. Le liquide })énètre dans la masse, la traverse peu à peu, et tombe finalement dans le col droit. Les premières portions se chargent de plus en plus de substance soluble, et elles arrivent saturées au col de l’allonge; celles qui les suivent, fu’essent sur elles, déterminent leur écoulement plus rapide, et
1)ISS01>LT10X.
SC cliargcnl égalenienl de principes solubles. Les diftei’eiUes parties de liquide qui se succèdent ainsi, ne peuvent se mélanger dans l’allonge, imniobilisées qu’elles sont, en quelque sorte, pour tout autre inouveincnt que leur transport de haut en bas; elles se déplacent successivement, d’où le nom d\ipj>areils à déplacement donné aux appareils de lixiviation. Chacune des portions du li(iuide traversant toujours, avant de s’échapper, de> couches de poudre de moins en moins épuisées, se sature complètement,au moins tant que la lixiviation n’est pas trop avancée.
L’opération est donc méthodique. Il est bien entendu (pie, pour jiermettre à l’air de rentrer et de sortir, les orilices de l’allonge et du col droit ne doivent pas être complètement fermés.
Un appareil analogue, constitué par un cylindre métallique allongé et fermé vers le bas au moyen d’un diaphragme percé de trous, peut être employé de la même, manière pour le traitement de ({liant ités importantes de matière.
Ces dispositions sont évidemment moins parfaites au point de vue de la saturation du dissolvant, que celles qui sont adoptés dans l’industrie pour des traitements analogues, et qui consistent en une série de vases traversés successivement pai le liquide, le vase qui contient la masse presque épuisée recevant le dissolvant nouveau, tandis que celui qui renferme le mélange non encore , traité et riche en parties solubles, est traversé en dernier lieu par la solution presque saturée. Toutefois elles rachètent ces désavantages par leur grande simplicité.
Fig. 160.
Appareil à (Icplaccmciit.
La marche des appareils de lixivalion dépend de l’état de division de la matière traitée, de son tassement, et aussi des modifications d’étal physique que peut lui faire subir le dissolvant. On ne devra jamais perdre de vue, en garnissant l’apiiareil, qu’une finesse trop grande ou un tassement trop considérahh‘ de la poudre, peuvent arrêter comjdètement le mouvement du
— UMVIATION.
liquide. En outre, en versant sans précaution la matière (lan^ l’allonge, les Iragnienls les plus lourds et par conséquent les [dus gros, vont frapper le verre au point le plus éloigné où ils s’accumulent; ils peuvent y former un ])assage facile pour le liquide, et rendre ainsi imparfait l’épuisement de la poudre line c{ui s’esl réunie dans les autres [)arties de l’allonge. Certaines substances organisées et desséchées, les poudres végétales notamment, en sc gonllant beaucoiq) au contact du véhicule, se lassent spontanément au commencement de la lixiviation ; cette dernière se trouve alors arrêtée. On doit, en pareil cas, indjiber la poudre de liquide, laisser en contact pendant quelques heures, puis dis[)Oser dans l’allonge la pâte obtenue.
On accélère quelquefois le mouvement du liquide en fermant hermétiquement le joint de l’allonge et du col droit, et en faisant un vide plus ou moins parfait dans ce dernier, par l’intermédiaire d’un tube en verre qui traverse, à côté de l’allonge, le bouchon du col droit. Toutefois, cette pratique augmente souvent le tassement de la masse et arrête alors brusquement l’opération.
Lorsque le dissolvant est volatil, on fait usage d’appareils complètement clos, atin d’éviter la déperdition du dissolvant. A cet effet, le Oacon inférieur est muni d’une tubulure à laquelle on adapte un tube recourbé qui fait communiquer le flacon avec le haut de l’allonge; sans celte précaution, l’air se comprimerait dans le flacon et arrêterait l’écoulement du liquide.
283. Digesteurs. — La lixiviation peut être faite avec un liquide chaud. Dans ces conditions on l’applique surtout à l’extraction des matières peu solubles dans le véhicule employé.
Le plus souvent on dispose les appareils de manière à épuiser la substance avec un très faible volume de dissolvant, celui-ci étant choisi volatil et sc trouvant constamment régénéré par distillation de la dissolution. Le plus connu des appareils de ce genre est le digesteur de Pagen (fig. 161). Il consiste en un ballon lî, tubulé en g dans le voisinage de son col et surmonté d’une allonge cylindrique A, supportant elle-même un ballon à deux tubulures II'. Les trois pièces de l’appareil sont exactement jointes par des bouchons percés. Un tube deux fois recourbé T, réunit la tubulure g du ballon inférieur à l’une de celles du ballon supérieur, en m. Enlin, la troisième ouverture de ce dernier porte un bouchon que traverse un tube t recourbé d’un tour entier et muni de boules, lequel constituera une fermeture hydraulique. On garnit l’allonge de la matière à épuiser et, [>ar le tube t, on verse le dissolvant dans le ballon supérieur; il s’écoule alors dans l’allonge, se sature et gagne le ballon inférieur qu’il garnit. On cbaulfe le ballon IL Le
DlSSOlAITlüN.
ïiOS
liquide entrant en éhullilion, sa vapeur j)asse par le tube latéral T et va se condenser dans le ballon supérieur H', ijue l’air refroidit; le produit condensé s’écoule de nouveau sur la matière et l’épuise. On continue ainsi tant (jue le liquide sortant de l’allonge se trouve chargé de principes solubles. Oet appareil n’est pas d’un usage très avantageux; la réfrigération de la vapeur par l’air est insuffisante, ce ((ui entraîne des sorties de vapeur par t et }iroduit des
pertes en dissolvant; de plus, une ébullition rapi(le de la li(|ueur agite parfois le contenu de l’allonge.
!2H4. On remédie au ))remier de ces inconvénienis en remplaçant le ballon supérieur par un réfrigérant de Liebig ou mieux par un serpentin (!; 137).
Oelui-ci est adapté sur l’allonge, dont son extrémité inférieure traverse le bouchon, à coté d'un tube à boules formant fermeture hydraulique; il reçoit à son extrémité supérieure, les vapeurs arrivant du ballon parmi tube latéral, et le li(juide condensé s’écoule directement sur la matière.
On remplace l’allonge de verre par un cylindre métallique lors((u’on veut opérer sur des (|uanlités un ])eu notables de substance. Ce dispositif convient surtout lorsque l’épuisement doit être opéré avec le liquide froid.
En refroidissant incomplètement le serpentin, le liquide condensé ]>eut au contraire se déverser encore chaud sur la matière, ce (|ui, dans beaucoup de cas, favorise la dissolution. Toutefois lorsqu’il s’agit de lessiver à chaud, il vaut )uieux adopter d’autres arrangements à l’aide des(juels on peut, non seulement obtenir que le liquide (|ui retombe sur la substance se trouve porté par la vapeur à une température voisine de l’ébullition, mais encore maintenir chaude la masse à lessiver elle-même. 1,’apparcil suivant convient très bien en pareil (*as.
Un cylindre métallique MN (fig. 16“2, 11) se termine inférieurement par une douille K engagée au moyen d’un bouchon percé, dans le col du ballon b. Il porte vers le bas un diaphragme 1), percé de trous, sur lequel repose la matière pulvérulente, soit directement', soit avec interposition d’un tampon de coton. A sa partie supérieure, un ajutage assez large pour rendre facile la disposition de la substance à l’intérieur, se trouve fermé par un bouchon que traverse le tube recoui'bé T mettant en relation le cylindre MN et le réfrigérant MIT, que l’on maintient à une température un peu inférieure à celle de
Fig. loi. — Digcstcur de l’ayeii.
m. - LIXIVIATION.
l’ébullition du véhicule. Enfin, un tube droit FG, fixé au diaphragme D et occupant toute la longueur de l’axe du cylindre, livre passage aux vapeurs qui, du vase inférieur, gagnent le réfrigérant; un tube G bouché par un bout et formant cloche, ferme ce tube central au liquide descendant sans empêcher l’ascension de la vapeur. On maintient d’ailleurs la chaleur dans le cylindre en entourant celui-ci d’une matière isolante, d’un épais tissu de laine par exemple.
Dans tous les appareils de ce genre, le tube du réfrigérant ou du serpentin doit être assez large pour permettre aux mouvements opposés en direction, de la vapeur et du liquide, de coexister. Pour la même raison, ces tubes doivent être coupés en sifflet.
285. Un autre appareil à extraction, très simple et s’appliquant spécialement aux opérations faites à chaud sur peu de matière, se dispose de la manière suivante (.M. Damoiseau).
On choisit un matras de verre à col aussi large que possible, ainsi (|u’un tube de verre de largeur un peu iTloindre et pénétrant librement dans le col; on étire le tube par un bout et on le coupe en lui donnant une longueur inférieure de quelques ceiilimètres à la hauteur totale du malras. Ce tube joue le rôle de l’allonge dans les appareils précédents; on le garnit de matière avec les précautions indiquées pour assurer un écoulement facile du liquide, et après l’avoir attaché par son extrémité effilée au bout d’une corde ou d’un fil métallique, on l’introduit dans le malras, où on le suspend au moyen du lien passé dans une ouverture du bouchon. Celui-ci est traversé par le tube large d’un réfrigérant disposé à reflux, lequel s’ouvre e.xactement au-dessus de l’orifice de l’allonge. Le fonctionnement de 1 appareil se comprend aisément : la vapeur s’élève dans l’espace annulaire compris entre le tube et le col du ballon, tandis que le liquide condensé tombe sur la matière à traiter. Celle dernière se trouve ainsi forcément maintenue à la température d’ébullition du liquide.
On peut, lorsqu il s agit de quantités qu’on tiendrait difficilement logées dans un tube moins large que le col du matras, prendre un tube plus large f(j (fig. 162, A), le placer dans un autre tube effilé mn, en interposant un anneau de liège à ouvertures multiples d, et disposer ce second tube entre le ballon b' et le réfrigérant rr'.
-86. A la dissolution se rattache encore le lavage des précipités à purifier JCNGFLEISCH. — Maiiip. de chimie. I
DISSOLUTION
(les matières solubles ([u’ils renferment; mais ce traitement ayant pour but d’éloigner les substances solubles en tenant compte surtout du résidu insoluble, et en mettant en œuvre des moyens un peu spéciaux, on traitera à part de cette opération (voy. Lavuye).
287. DÉTEUMlN.XTlON DE LA SOLUBILITÉ. — Oii mesure la solubilité d’un corps dans un dissolvant en produisant une dissolution saturée à la température considérée, imis en prélevant une certaine ({uantité de cette dissolution et en dosant les proportions respectives du dissolvant et du corps dissous qu’elle renferme,
La production de la solution saturée présente iiuebjue difliculté au point de vue de l’obtention d’une saturation complète, sans que la sursaluralion puisse intervenir. Cette difliculté ne se rencontre d’ailleurs que pour les solides, les liquides non miscibles pouvant être mis en contact intime par agitation à température lixe, puis séparés par le repos.
Lorsqu’il s’agit d’un solide, on peut mettre le corps et le dissolvant dans un môme vase fermé, puis maintenir le tout dans une enceinte à la température voulue, dans une étuve ou dans un bain chaulfés à l’aide d’un régulateur de température. 11 est nécessaire d’agiter fréquemment 275). Dans ces conditions, la saturation n’est atteinte qu’après un temps fort long. 11 vaut mieux introduire dans le liquide une masse du coi’|)S solide assez considérable pour qu’elle atteigne le niveau supérieur. Si l’on ne dispose pas d’un poids suflisaiit de la matière, on suspendra celle-ci à la surface du dissolvant dans un nouet ou dans un vase percé de trous : les variations de la densité favoriseront alors la dissolution (jii 276). Malgré ces précautions, la saturation est toujours lente à se produire à une température invariable.
288. Un procédé plus rapide consiste à saturer approximativement la dissolution à une température supérieure à celle pour la(|uelle on veut cbercher la solubilité, et à porter le vase qui la contient avec un excès du corps à dissoudre, dans l’enceinte à température lixe. La présence du corps en excès empêche la sursaluralion de s’établir pendant le refroidissement. En agitant à plusieurs reprises, on attend que l’équilibre de température entre le vase et l’enceinte soit établi, puis on le maintient pendant un teni|)s suftisamment prolongé; la liqueur est alors saturée. Dette seconde méthode est |dus sûre que la précédente.
Toutefois, on n’est certain de s’être mis à l’abri de toute erreur due à la sursaturation que lorsque plusieurs prises d’essai, pratiquées sur la dissolution après des intervalles de temps suflisamment éloignés et pendant lesquels les agitations ont été fréquemment répétées, ont fourni des résultats constants dans les analyses dont il va être parlé.
289. La liqueur préparée, on en prélève une uantité ipielconque ipie l’on pèse et dans laquelle on procède au dosage des composants par la méthode la plus ap[iropriée à chacun d’eux. Si le corps est lixe et inaltérable, le dissolvant étant volatil, après avoir pesé la prise d’essai, on évapore au bain-marie, au bain d’huile ou à l’étuve, en évitant déporter le mélange à rébullition pour