JI1. — CUISTALLISATIOX PAR FUSION
laisse la cristallisation se continuer, ils deviennent bientôt assez abondants pour s’enchevêtrer les uns dans les autres et le produit se change linalement en une masse confuse; on n’obtient d’ailleurs ainsi aucune sé[)aration de liquide et par suite, aucune purilication. Mais si, au moment où une quantité convenable de cristaux s’est déposée, on décante la matière restée liquide, on obtient des cristaux nets, bien dégagés, et la séparation d’une grande partie des impuretés.
Quelquefois, si on laisse libre accès à l’air froid, la cristallisation se fait d’abord à la surface du bain fondu ; il est alors nécessaire, pour pouvoii’ décanter le liquide, de percer la ci'oùte superficielle, au moyen d’nne tige cbande et en deux points diamétralement opposés.
Cette méthode est surtout usitée pour les métaux ainsi que pour quelques autres substances, le soufre notamment.
3H. Cristallisation par surlimation. — Le passage de l’état de vapeur à l’état solide peut servir également à la production des cristaux. H en est ainsi pour les corps dont le point de fusion est peu éloigné de la température à laquelle ils se volatilisent notablement.
Tous les modes de sublimation (§ 247 et suivants) sont applicables à la production des cristaux, chacun d’eux devant être préféré aux autres dans des cas particuliers.
313. On ulilise fréquemment une méthode de production de corps cristallisés qui se rapproche du procédé par sublimation, bien qn’elle en diffère par le point de départ. Au lieu de partir du corps tout formé et de le volatiliser, on lui donne naissance dans la vapeur elle-même, autrement dit on opère par réaction. On fait arriver dans une même enceinte deux ou plusieurs vapeurs, capables d’engendrer par réaction un corps solide ; ce dernier se dépose alors en cristaux qui s’accroissent peu à peu. C’est ainsi qu’en produisant simultanément, à haute température et dans un creuset, d’une part des vapeurs de fluorure d’aluminium et d’autre part des vapeurs d’acide borique, il se forme du fluorure de bore qui s’échappe et de l’alumine qui cristallise ; en pratique, on place dans le fond du creuset le fluorure d’aluminium, on superpose à ce composé un creuset de platine, suspendu dans le premier et contenant de l’acide borique, puis on chauffe le tout: les cristaux d’alumine se déposent à la partie supérieure du grand creuset QI. Sainte-Claire Deville et M. Caron). On conçoit qu’un semblable procédé soit susceptible d’être varié à l’infini.
SOLIDIFICATION
DUÉCIIMTATIOX
814. Phécipitation et précipité. — La .séparation d’un corps, ellectuée rapidement et sous forme très divisée, au sein d’un liqui de renfermant ce corps ou des substances capables de le produire, constitue, la précipitation. Cette opération présente des relations étroites avec la cristallisation troublée, étant faites ces restrictions que le nom de précipitation s’applique aussi bien à la séparation des substances amorphes ou même liquides, qu’à celle des substances cristallisées, et (ju’on le réserve à peu près exclusivement à celles de ces substances dont la solubilité est faible dans le liquide employé. On nomme prêcipilé la matière séparée par précipitation, et précipitant le réactif (jui détermine la précipitation. .
La précipitation se produit de deux manières difféi’entes : i" en mettant en présence au sein du liquide et à l’état dissous, des réactifs susceptibles de donner naissance au précipité, soit par déplacement, soit par double décomposition; 2" en diminuant de diverses manières la solubilité du corps dans son dissolvant.
Le but que l’on se propose d’atteindre en précipitant une substance, est de la préparer ou de la puritier. En chimie analytique, la précipitation est surtout pratiquée dans les cas où elle est aussi complète que possilile ; on l’applique alors au dosage de l’un des éléments renfermés dans le précijiité.
315. Précipitation par réaction. — Dans le premiei- mode de précipitation cité plus haut, le réactif ajouté à la dissolution peut être solide, liquide ou gazeux.
Les réactifs solides doivent être introduits dans la liqueur sous la forme qui leur donne la plus grande surface d’action ; de plus on doit, par l’agitation, renouveler les surfaces de contact, line lame de zinc, par exemple, étant introduite dans une dissolution de sulfate de cuivre, forme du sulfate de zinc et précipite le cuivre sous la forme d’une masse noire et spongieuse : la pré-