LAVAGE PAU DÉCANTATION
cation avancée en employant peu de liquide. Ils indiquent aussi comment interviennent les propriétés des corps traités, pour limiter et varier les conditions d’application.
373. Les considérations qui précèdent supposent que la masse a été suffisamment agitée avant chaque dépôt, pour que les parties solubles se soient réparties exactement dans le dissolvant. Le contact doit être prolongé et les agitations répétées plus fréquemment, quand on opère sur des matières poreuses ou organisées qui, par leur texture, s’opposent tà faction du liquide. Certains composés gélatineux retiennent énergiquement aussi, les substances solubles qui les accompagnent; avec le sesquioxyde de fer ou l’alumine hydratés, par exemple, la diffusion des sels solubles dans la masse d’eau, ne se fait qu’avec lenteur et il convient de maintenir quelque temps le mélange à l’ébullition avant de laisser déposer.
Le lavage à chaud, quand la chaleur n’entraîne pas une augmentation sensible dans la solubilité de la matière à laver, présente en effet plusieurs avantages. Tout d’abord, le corps à éliminer étant plus soluble à chaud qu’à froid, se répartit plus exactement dans toute la masse. En même temps, les liquides étant plus mobiles à chaud, le dépôt se fait plus vite et fopération se trouve considérablement abrégée. Entin, l’élévation de la température chasse les gaz tenus en dissolution dans l’eau; or ces gaz, au contact d’un grand nombre de corps solides, se dégagent lentement, forment des bulles qui s’attachent au précipité et soulèvent celuici dans la masse liquide, ce qui empêche le dépôt d’être complet.
374. Lavage j)ar décantation avec filtration. — Si le produit lavé est précieux ou s’il doit servir à un dosage, la nécessité de n’en rien perdre, entrave beaucoup le lavage par décantation opéré comme il vient d’être dit; en outre, il faut attendre fort longtemps pour que la solution surnageant le dépôt, soit parfaitement limpide. En analyse, on écarte toujours ces difficultés en réunissant la filtration à la décantation. On verse alors sur un filtre chaque solution décantée et on n’ajoute l’une d’elles qu’après que celle qui l’a précédée, a filtré entièrement ; les petites portions du précipité arrêtées par le filtre, se trouvent ainsi lavées par les liqueurs de plus en plus pures qui se succèdent. Le lavage étant jugé suffisant, on entraîne exactement la totalité du dépôt
JUNGFLEiscu. — Maiiip. de chimie. 18
SEI’AUATJON des coups non .miscibles.
(§ 362) sui* le filtre où il s’égoutte; on termine en plaçant avec précaution le filtre et son contenu, entre des doubles de papier qui l’essorent, puis en le desséchant à l’abri des poussières atmosphériques. On peut encore sécher le tout sans enlever le filtre de l’entonnoir.
375. L’exactitude du lavage peut toujours être appréciée par l’état de la dernière liqueur décantée. 11 est évident que l’élimination de la siilistance ou des substances solubles, sera d’autant plus parfaite qu’on en retrouvera une moindre quantité dans cette dernière liqueur. Si le corps lavé est tout à fait insoluble et si le produit éliminé est fixe, il suffira de constater que la liqueur finale est volatile sans résidu, pour être certain de la perfection du lavage ; quelques gouttes de liqueur chaulfées sur une lame de platine brillante, permettent de faire très rapidement cette constatation. La coloration disparue, l’action sur le papier de tournesol, les réactions caractéristiques des matières cà éliminer, etc., peuvent encore fournir des renseignements utiles. C’est ainsi que l’impureté étant un chlorure, la liqueur dernière ne doit pas se troubler parle nitrate d’argent; dans le cas d’un sulfate, elle ne doit pas louchir par le chlorure de baryum ; un reste d’acide rougit le tournesol, etc.
Il est encore plus exact de se rendre compte de l’efficacité d’un lavage en notant les volumes des liquides décantés et de ceux qui ont été laissés avec le dépôt. On opère pour cela dans un vase cylindrique et on y mesure les hauteurs des niveaux avant et après chaque décantation. Dans les analyses (piantitatives précises, il convient de continuer le lavage jusqu’à ce que le liquide resté sur le précipité lors de la première décantation, ait été dilué de 10000 fois son volume (M. Bunsen).
376. Fioles a laver. — Pour verser le corps solide et le faire passer tout entier du vase sur le filtre, on se sert du liquide em- ])loyépour les lavages, en le projetant avec force sur la paroi du vase ; en s’écoulant, il entraîne avec lui les parcelles du corps qu’il a d’abord détachées par frottement. Ou sc sert surtout pour cela de la fiole à laver de L. Gmelin. Cet instrument, appelé aussi fiole à jet ou pissette (lîg. lOl), est une modification d’un autre du même genre, mais assez imparfait, dû à Berzelius. Il consiste