FIOLES A LAVER
en un vase quelconque à ouverture étroite, un matras à fond plat le plus souvent, que l’on ferme au moyen d’un bouchon percé de deux trous ; par l’im de ces trous, pénètre jusqu’au fond du vase, un tube de verre recourbé de plus de 90“ à quelques centimètres au-dessus du bouchon, et eflilé à son extrémité extérieure; par l’autre, passe un second tube ouvert intérieurement un peu audessous du bouchon et recourbé au dehors, sa branche libre se trouvant sensiblement sur le prolongement de la branche extérieure du premier tube. Le vase contenant de l’eau distillée, si on souille avec la bouche par le second tube, l’air se comprime dans le matras, chasse le liquide dans le premier tube et le fait sortir par l’orifice effilé ; l’eau s’échappe sous la forme d’un jet mince, animé d’une vitesse d’autant plus grande que l’on souftle plus fort. Ce jet peut être dirigé sur toutes les surfaces auxquelles adhère la matière solide à entraîner; pour changer plus facilement sa direction, on coupe quelquefois le premier tube à 3 ou 4 centimètres de son extrémité effilée, puis on réunit les deux portions coupées et bordées à la lampe, par un tube de caoutchouc, en maintenant un léger écart entre les sections : la flexibilité du caoutchouc permet ainsi de donner au jet telle direction que l’on veut, sans qu’il soit nécessaire d’incliner la fiole à laver. Cette dernière condition présente un certain intérêt en analyse quantitative, lorsque le niveau du liquide est bas dans le matras : l’air que les mouvements d’inclinaison amènent au voisinage du tube de sortie, s’échappe en projetant le liquide d’une façon irrégulière qui peut entraîner des pertes de la matière lavée.
377. On dispose encore quelquefois le tube par lequel s’échappe le liquide, de manière à fui communiquer une inclinaison que l’on peut changer à volonté. Un peu au delà de sa première courbure, on le recourbe deux fois (fig. 192, B) de façon à le terminer par une branche horizontale dans une direction perpendiculaire à la sienne. On adapte à son extrémité un second tube de même forme, mais plus court et portant, soudée à sa branche horizontale, une partie un peu plus large. Le boni du premier
27() SÉPARATION DES CORPS NON MISCIRf.ES,
lul)e vient pénétrer dans cette partie large; l’espace compris étant garni exactement par un tube de caoutchouc d’épaisseur convenable et produisant l'ermeture étanche, le second tube qui est mobile, peut tourner autour du premier formant axe dans le joint ainsi disposé, et recevoir toute inclinaison voulue.
378. Dès que les lèvres quittent l’appareil, l’air comprimé s’échappe de la liole et le mouvement de l’eau s’arrête. On a indii|ué divers arrangements qui permettent de maintenir la fiole en pression. Le plus simple consiste à adapter à l’orilice d’arrivée de l’air dans l’appareil, une soupape (fig. 19:2, A)
s’opposant au retour du gaz en arriére. Une telle soupape se consti uit aisément (.M. Runsen) en terminant le tube de verre par un tube de caoutchouc un peu épais, long de quelques centimètres, fermé à son extrémité par une baguette de verre plein et portant vers son milieu, parallèlement à son axe, une fente de 1 centimètre de longueur, nettement
pratiquée avec une lame bien aiguisée; lorsqu’en
f lolo a lavcr(tlelads). * . „ . , , , ,
souillant, on comprime 1 air dans le tube d arrivée,
cet air tend à dilater la paroi flexible, écarte les lèvres de la fente et s’échappe dans la fiole; lorsqu’au contraire on cesse de souffler, la pression à l’intérieur du vase se trouvant plus grande que celle de l’atmosphère, tend à chasser l’air au dehors, mais les deux lèvres de la fente sont alors appuyées fortement Tune sur l’autre par cet excès de })ression, et le gaz ne peut s’échapper entre elles.
Avec un robinet de verre placé sur le tube de sortie, on maintient le vase en pression tout en supprimant l’écoulement du liquide; un second robinet adapté à un troisième tube (]ui traverse le bouchon de la fiole, permet de laisser échapper dans l’atmosphère Tair comprimé dans le vase et d’arrêer le fonctionnement de celui-ci, etc. Enfin on peut éviter de souffler avec la bouche, en adaptant à Tap[)areil une soufflerie quelconque, une poire en caoutchouc à soupape, par exemple.
En l’ésumé, la fiole à laver de Gmelin peut être modifiée de beaucoup de manières et ou Ta pourvue de dispositions parfois très ingénieuses, mais la plus simplement disposée (§ 376j est toujours la plus usitée.
Comme vase, on préfère, avons-nous dit, la fiole on malras à fond pial, qui peiil aller au feu el servir aussi* Lien à chaud qu’à froid. Afin de manier sans inconvénient la liole à laver lorsqu’elle est chaude, on garnit son col d’une substance peu conductrice de la chaleur; tantôt on rentoure d’une feuille de liège ou d’une poignée de bois fendue et évidée, qu’on fixe au moyen de fils de cuivre lins; tantôt encore on enroule sur lui une corde, en serrant les spires de manière à recouvrir complètement le verre sur une hauteur suflisanle;