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FIOLES A LAVER

tantôt enfin on tresse à sa surface une poignée en vannerie de jonc.

380. On fait encore usage de fioles à laver qui, si elles ne fournissent pas un jet liquide animé d’une vitesse considérable, dispensent du moins l’opérateur de soufller. Elles ne diffèrent de la pissette que par la disposition de leurs tubes. Le tube d’écoulement du liquide est le plus court; il est droit et effilé à sa partie extérieure et ne pénètre pas beaucoup au delà du bouchon. Le second tube sert à l’afflux de l’air; il est disposé comme dans la fiole à laver ordinaire, mais il s’enfonce jusqu’au fond du vase. Il suffit de retourner l’apjtareil pour que le liquide s’écoule par le premier tube, une (juantité d’air correspondante rentrant par le second.

Un vase florentin (§ 3:27, lig. 1G7, U), dont le tube latéral a été effilé à son extrémité et qu’on incline dans le sens de ce tube, peut également servir de fiole à laver lorsqu’on n’a pas besoin d’un écoulement rapide du liquide.

381. Lwage sur les filtres en p.vpier. — Quand la inalière solide ne se dépose pas ou se dépose trop lentement, on est forcé de renoncer à son lavage par décantation; on la lave alors sur un liltre.

Le lavage sur les filtres en papier est très souvent pratiqué. A moins qu’on ne fasse intervenir une aspiration énergique, il es peu recommandable. Lorsqu’on opère sur de très faibles quantités de matière, telles que celles sur lesquelles on agit en analyse' quantitative, on peut à défaut d’une méthode meilleure, l’appliquer avec exactitude, mais non sans un travail toujours long. Dès qu’on lave des poids un peu importants, il cesse d’être praticable : la substance s’agglomérant sur le filtre et se fendillant ensuite quand on la laisse s’égoutter, des canaux se forment dans sa masse et livrent en certains endroits un passage facile au liquide, tandis que les parties plus serrées ne sont pas pénétrées et échappent à l’action du dissolvanl. Celte irrégularité dans le lavage est surtout marquée avec les filtres à plis qui offrent, en certains points, des chemins plus largement ouverts à l’écoulement du liquide, tandis qu’ils enveloppent et protègent d’autres points. En somme, le lavage sur les filtres en papier ne fournit aucune garantie de la pureté du produit lavé; la liqueur de lavage peut, en eflet, présenter tous les caractères de pureté indiqués plus haut (§ 375), alors (pie certaines portions de la masse ont échappé à son action et restent souillées de produits solubles.

SÉPARATION DES CORPS NON MISCIBLES

Le seul moyen de laver moins incomplètement un poids notable de matière, consiste cà détacher la masse du filtre, à la délaver dans une nouvelle quantité d’eau et à verser le tout sur un second filtre, puis à répéter cette manœuvre autant de lois qu’il est nécessaire. Dans ce but, après avoir suspendu l’entonnoii' audessus du vase destiné au lavage, avec une baguette de verre on perce la pointe du filtre, puis, au moyen du jet d’une fiole à laver, on lait tomber le contenu dans le vase par l’ouverture ainsi pratiquée. Ce procédé est fort imparfait et assez pénible; mais, pour certaines substances gélatineuses, on est contraint d’y recourir.

Quand c’est le liquide que l’on se propose de recueillir, et qu’il importe peu de laisser des débris de papier dans le solide, on délaye dans l’eau le filtre avec son contenu, on agite énergiquement et on verse sur un second filtre. En répétant plusieurs fois cette manœuvre, on arrive à entraîner la matière soluble.

382, Avec peu de substance et un filtre sans plis, le lavage se fait au moyen de la pissette. On verse d’abord le mélange sur le filtre disposé comme il a été dit plus haut (§ 345); la filtration terminée et la matière solide égouttée, à l’aide du jet de la fiole à laver, on détache les particules restées dans le vase qui contenait le mélange, et on les entraîne dans le filtre. Ceci fait, on projette 1 eau un peu au-dessous du bord supérieur de l’entonnoir, mais en inclinant la veine liquide vers le fond du filtre, où on réunit ainsi la masse solide. On laisse égoutter, on ajoute de nouveau liquide, on laisse égoutter de nouveau, et ainsi de suite jusqu’à ce que la liqueur de lavage présente les caractères de pureté nécessaires. A chaque addition d’eau, qui ne doit être faite que sur le produit égoutté, on agite soigneusement la masse avec le jet de la pissette, pour éviter qu’elle n’échappe en quelqu’une de ses parties à l’action du dissolvant.

Les lavages sur filtre peuvent être pratiqués dans ces conditions. En analyse quantitative cependant, il est bien préférable de laver sur un filtre sans plis, placé dans un entonnoir muni d’un petit cône de platine (§ 354), en faisant intervenir une aspiration énergique. C’est là, en effet, une méthode qu’on ne saurait trop recommander; ses avantages pour le lavage ne sont pas inférieurs à ceux que nous avons indiqués pour la filtration. Elle donne une séparation du liquide aussi parfaite que possible

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