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LAVAGE SUR LES FILTRES EN PAPIER

et permet d’effectuer en quelques instants un très grand nombre de lavages successifs, avec une quantité de liquide relativement très faible. L’aspiration doit être supprimée au moment de chaque addition de ce dernier.

Dans tous les cas, qu’on opère ou non avec aspiration, un point important est que le bord du ültre laisse celui de l’entonnoir libre sur une hauteur de 5 à 10 millimètres. Il est nécessaire, en effet, de ne pas négliger le lavage du haut du papier; pour cela, on dirige, à plusieurs reprises, le jet de la fiole à laver sur le pourtour de l’entonnoir, un peu au-dessus du lillre.

383. Lavage automatique. — Si le lillre est volumineux et la quantité de produit considérable, on n’arrive pas à soulever les portions inférieures de la masse. On opère alors le lavage automatiquement, ce qui permet de suppléer partiellement à l’imperfection de la méthode, par une prolongation suffisante de l’opération. A cet effet, on remplace constamment l’eau de lavage, dans le filtre, à mesure qu’elle s’écoule, et on maintient ainsi l’appareil toujours rempli. Cette méthode imparfaite, si elle exige des volumes énormes de liquide, présente du moins l’avantage de ne pas laisser le précipité se tasser sur le papier sous l’inlluence des égouttages. Plusieurs dispositions permettent de l’appliquer.

La plus simple consiste à suspendre au-dessus de fentonnoir, un ilacon plein d’eau et renversé; celui-ci est placé à une hauteur telle que son goulot se trouve en contact par ses bords avec la surface du liquide de l’entonnoir, lorsque celle-ci est au niveau à maintenir constant : si, parla filtration, la hauteur du liquide baisse dans l’entonnoir, les bords du goulot cessent d’être en contact avec le liquide extérieur, une bulle d’air pénètre dans le flacon et détermine la sortie d’une quantité d’eau correspondante, laquelle rétablit le niveau primitif et arrête la rentrée d’air. Et les choses continuent ainsi tant que le flacon contient du liquide. Pour dispose!' l’appareil, on remplit le flacon, on le bouche, on le retourne, et on le suspend dans la position convenable, puis, garnissant le filtre jusqu’à sa partie supérieure, on enlève aussitôt le bouchon. Cette disposition fonctionne sûrement; elle présente cependant l’inconvénient de procéder au remplissage par mouvements brus(iues qui déterminent parfois le passage du li(iuide par-dessus les bords du filtre : il est par suite nécessaire de fi.xer le niveau à une distance suffisante de ces bords.

384. Un autre arrangement consiste à alimenter le filtre avec un vase de Mariolte modifié d’après l’indication de Gay-Lussac (fig. 193). Soit M un flacon plein d’eau. Son bouchon est traversé par deux tubes : l’un ab est droit et ouvert aux deux bouts; l’autre cdef est un siphon (§ 328).

Ce dernier étant amorcé et le vase garni de liquide jus(|u’en nin, l’écoulement commence sous la pression n'f, mais aussitôt, le niveau s’abaissant, un vide partiel se fait dans le flacon et l’air extérieur tend à y pénétrer par

SEPARATION DES CORPS NON MISCIBLES

le tube ah. Jusqu’à l’arrivée de la première bulle d’air en b, la pression intérieure a diminué progressivement, et en même temps l’écoulement s’est ralenti; à partir de ce moment, l’air rentrant dans le vase par 6, l’écoulement devient constant, car la tranche bb' est évidemment à

la pression atmosphérique. La pression sous laquelle se fait l’écoulement est donc mesurée par la hauteur qui sépare bb' de f, et cela quel que soit le niveau mn dans le ilacon. Supposons maintenant que le bas du siphon /' soit plongé dans un liquide jusqu’en bb', l’écoulement s’arrêtera; il reprendra dès que ce liquide s’abaissera de bb' vers /'. En un mot, l’appareil tendra à maintenir le niveau constant en bb'. En pratique, il suflit de disposer l’appareil de telle manière que c plongeant au fond du Ilacon f, pénètre dans l’entonnoir E où doit se pratiquer le lavage. On enfonce alors aù dans le flacon, jusqu’à ce que l’orifice b soit dans le plan du niveau à maintenir constant dans l’entonnoir. Pour amorcer le siphon, il suffit de souffler un instant par l’orifice a; l’air comprimé dans le flacon chasse le liquide vers edef.

Ce dispositif fonctionne très régulièrement. Cependant, lorsque le liquide tient des gaz en dissolution, ceux-ci, en se dégageant, s’accumulent vers le haut du siphon; les huiles gazeuses font baisser le niveau en b' d’une quantité correspondante à la hauteur qu’elles occupent dans le siphon, et même désamorcent celui-ci.

385. Lavage sur les filtres de coton, d’amiante, etc. — Lorsque la matière à laver livre aisément jtassage au liquide, le procédé de lavage le plus rapide et en môme temps celui qui entraîne la moindre consommation de liquide, consiste à faire agir une as})iration énergique sur des liltres de coton, de fulmicoton, d’amiante ou de verre lilé. On opère, comme il a été dit pour la fillration par aspiration, au moyen des mêmes liltres

340). Lorsque la substance est essorée sur le libre, on détache doucement le tube de caoutchouc qui relie l’appareil à la trompe aspirante et on laisse rentrer l’air dans le Ilacon, en évitant un mouvement brusque qui secouerait le précipité e! le diviserait. On verse dans l’entonnoir du liquide de lavage, en ayant soin de laver les bords supérieurs du verre et de rassembler au fond les particules solides qui y adhèrent, puis on fait de nouveau le vide. On ne doit pas verser le liquide laveur pendant que l’aspiration fonctionne; il traverse alors trop rapidement cer-

Fig. 103. — Lavage continu.

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