ÉTAT GAZEUX
valent on 1 gramme d’hydrogène, quadruple de celui occupé par I équivalent ou 8 grammes d’oxygène. Cette relation conduit à dire que les formules des composés chimiques correspondent à 2 volumes de vapeur, si on prend pour unité de volume l’espace occupé par 1 équivalent d’hydrogène, ou bien à 4 volumes de vapeur, si on adopte pour unité le volume de 1 équivalent d’oxygène. Dumas a donné une grande importance à cet oi’di'e de faits pour la détermination des poids moléculaires, aussi la mesure des densités des gaz et des vapeurs considérées comme gaz, s’impose-t-elle très fréquemment au chimiste. Toutefois comme cette mesure est purement d’ordre physique, nous ne nous y arrêterons pas ici.
380. Modes odérâtoires. — Les premières indications relatives aux moyens de recueillir les gaz, de les transvaser et de les mesurer, ont été données en 1710 par xMoitrel d’Elémenl. Elles ont été le point de départ des recherches sur les corps gazeux, recherches qui ont joué vers la fm du siècle dernier, un rôle considérable dans le développement de la chimie.
Si perfectionnées que soient les méthodes actuelles, elles ont peu varié quant au principe depuis plus d’un siècle et demi; elles sont toujours basées sur l’emploi de liquides dépourvus de la propriété de dissoudre le Iluide aériforme sur lequel on opère. Elles consistent à agir sur les gaz au sein de ces liquides, à peu près comme on le fait sur les liquides eux-mêmes qu’on manipule dans l’atmosphère; toutefois, comme les gaz sont moins denses que les liquides, ils gagnent la partie supérieure des vases qui les renferment avec ces derniers ; c’est là sui'lout ce qui donne un caractère particulier aux procédés appliqués aux gaz.
Les mélhodes en question s’appuient aussi sur ce fait que les gaz sont des fluides élastiques, diminuant de volume par la compression, en augmentant dès que la pression qu’ils supportent vient à diminuer, transmettant aux solides et aux fluides qui les touchent la force qu’ils ont emmagasinée par la compression, etc.
Nous nous occuperons successivement des appareils et des moyens à l’aide desquels les gaz sont proiiuits, recueillis, transvasés, lavés, dissous, desséchés, conservés et mesurés.
MANIPULATION DES GAZ
A. — Prodiiclioii dos gaz.
300. Quoique les réactions permettant de produire les gaz soient très variées, les appareils dans lesquels on effectue ces réactions sont, au contraire, peu nombreux, au moins quant au principe. Ils consistent généralement en un vase l'ernié de toutes parts, sauf en un point qui est l’orifice de dégagement. Le gaz engendré dans l’appareil, s’y accumule, s’y comprime lui-même, puis s’échappe dès qu’il a acquis une pression plus considéi'able que celle exercée sur l’orifice de dégagement par le milieu extérieur.
Ces appareils sont de deux sortes ; les uns fonctionnent d’une manière continue et donnent en une seule fois tout le gaz que peuvent produire les réactifs mis en œuvre. Les autres sont, au contraire, intermittents dans leur fonctionnement; la ])roduction du gaz qu’ils fournissent peut être arrêtée ou provoquée, soit par la fermeture ou l’ouverture d’un robinet, soit par tout autre mouvement peu compliqué.
391. Appareils a fonctionnement continu. — Leur disposition est toujours des plus simples. Ils consistent en un vase où s’accomplit la réaction et à l’ouverture duquel s’adapte exactement un bouchon percé d’un trou; celui-ci est traversé jiar un tube de verre étroit qui servira au dégagement du gaz. Si la réaction s’opère à la température ordinaire et sans chauffage, le vase est un flacon (§ 154, fig. 89), un col droit (§ 154, lig. 90) ou même une fiole à fond plat (§ 155, lig. 103). S’il est nécessaire de chauffer, on se sert d’un ballon 155, fig. 10:^), d’une cornue (§ 155, fig. 105) ou d’une fiole à fond plat, quand la température ne doit pas dépasser celle à laquelle le verre se ramollit et se déforme ; après avoir été lutés (§ 249), les vases de veri’e peuvent être utilisés jusqu’au rouge. A parlirdu rouge sombre, les cornues de grès (1^179, lig. 1 19) vernissées à l’intéi’ieur, et mieux encore les cornues de jiorcelaine Qi 178) doivent être préférées. Enfin, pour la pi-é)iaialion de certains gaz que l’on consomme [ar grandes quantités, on trouve avantageux d’opérer dans des cornues métalliques démontables qui, ne jirésentant pas la fragilité du verre ou de la poterie, })cuvent servi i‘ à peu jirès indéfini-