APPAREII.S A FONXTIüNNEMENT CONTINU
ment ; c’est ce qui se fait d’ordinaire pour la préparation de l’oxygène (voy. ce mot).
Les tubes à dégagement sont en verre (J 157) et de petit diamètre. On les recourbe (§ 107) pour leur donner une forme appropriée à la disposition adoptée pour recueillir le gaz (§ 412).
Le gaz qui se dégage pendant les premiers temps, est toujours impur; il est mélangé à l’air de l’appareil. On laisse perdre d’ordinaire les premières portions qui déplacent et entraînent cet air. Pour avoir un gaz sensiblement pur, il est nécessaire d’attendre qu’un volume gazeux cinq ou six fois plus grand que celui de l’air à entraîner ait été dégagé. Alin de diminuer la perte, on doit donc faire usage d’appareils dont le volume n’excède pas celui qui est indispensable. Pour certains gaz rares, on évite la déperdition d’une aussi grande quantité de produit, en garnissant préalablement l’appareil, d’un gaz facilement absorbable par un réactif sans action sur le corps à préparer. Le gaz carbonique est souvent utilisé en pareil cas; en l’absorbant ensuite par la potasse, on obtient à l’état de pureté le composé gazeux avec lequel il s’est dégagé.
392. Tubes de sûreté. — Dans tout appareil producteur de gaz, il peut arriver que le tube à dégagement soit obstrué par suite d’un incident quelconque, tel que l’entraînement mécanique d’un réactif solide ou la cristallisation d’un sel. Le gaz continuant cependant à se former, la pression intérieure augmente et il arrive bientôt un moment où les parois ne présentant pas une résistance suflisante à cette pression, l’appareil se brise avec explosion. La même chose arrive encore, sans obstruction du tube à dégagement, lorsque la réaction se produit avec une trop grande rapidité et que l’orifice d’écoulement cesse de suffire à la sortie du gaz produit. Non seulement ta rupture de l’appareil entraîne la perte de l’opération, mais elle occasionne des projections de verre ou de réactifs, dangereuses pour l’opérateur. Les tubes de sûreté ont pour elïet de limiter la pression qui peut exister dans les appareils et de livrer passage au contenu de ceux-ci, lorsque la limite pour laquelle ils ont été disposés, se trouve atteinte.
Ils remplissent en même temps un autre office non moins important; ils empêchent le vide de se faire dans les appareils, ce qui peut causer des accidents du même ordre qu’un excès de la
MANIPULATION DES GAZ
pression intérieure. 11 ari ive, en ellet, que la réaction étant terminée ou ralentie, la pression diminue dans le vase, soit par cessation du dégagement de chaleur qu’engendrait la réaction, soit par condensation de vapeurs liquéliables, etc. ; cette raréfaction du gaz intérieur n’est presque jamais suffisante pour que l’appareil ne résiste pas à la pression de l’air et se brise, mais fort souvent il y a absorption : le tube à dégagement aboutissant dans un liquide, livre passage à ce dernier, qui, refoulé par la pression extérieure, vient se déverser dans l’appareil sur le résidu de l’opération; dans ces circonstances, le vase chaud se brise au contact du liquide froid, ou bien encore la chaleur conservée par le résidu, détermine la vaporisation brusque du liquide rentrant et par suite l’explosion de l’appareil, celui-ci étant incapable de résister à la pression des vapeurs ainsi formées instantanément.
Les tubes de sûreté constituent, à proprement parler, des fermetures hydrauliques.
393. Tube droit. — Le plus simple, mais non l’un des moins parfaits des tubes de sûreté, consiste en un tube droit ab (lig. 194, A) qui pénètre verticalement dans l’ajipareil en traversant le bouchon; il plonge par son extrémité inférieure b dans le réactif liquide. La pression vient-elle à augmenter dans le vase M par obstruction du tube à dégagement cd ou autrement? on en est averti par l’ascension du liquide de b vers u, et la dénivellation observée permet d’apprécier l’augmentation. Dans ces conditions, l’excès delà pression intérieure sur la pression extérieure, ne peut dépasser celle qui fait équilibre à une colonne liquide s’élevant du niveau à l’intérieur de M, jusqu’à l’extrémité a du tube de sûreté; une dilïérence plus considérable entre les pressions, déterminerait d’abord la sortie du liquide par a, et ensuite celle du gaz, après que le niveau intérieur se serait abaissé jusqu’en b. L’absorption est également impossible ; une diminution de pression dans l’appareil est annoncée par l’abaissement de niveau du liquide dans le tul)è ab; aussitôt que cette diminution dépasse une colonne du liquide égale à la distance verticale qui sépare b du niveau dans le vase M, l’air pénètre dans l’appareil et la raréfaction du gaz se trouve dès lors limitée. En pratique, la hauteur du tube ab sera donc proportionnée à la pression sous laquelle fonctionnera l’appareil ; en outre, le même tube plongera