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CUVE A EAU

les instruments qu’on y plonge et les opérations qu’on y exécute; leurs tablettes sont formées également par des lames de glace perforées.

404. Recueillement d’un gaz sur l’eau. — Si on plonge dans la cuve à eauunlïacon, un col droit, une éprouvette à gaz(lig. 112, §157), ou tout autre récipient analogue, tenu verticalement avec son orifice tourné vers le bas, l’air qu’il renferme se comprime peu à peu à mesure qu’on enfonce davantage, mais reste dans le vase; si on retourne progressivement celui-ci, l’air s’échappe bulle à bulle en gagnant la partie supérieure du liquide, et ce dernier prend sa place dans le récipient. Si on retourne alors le vase, puis qu’on le soulève en maintenant son ouverture dirigée vers le fond de la cuve, on peut le sortir de l’eau presque en entier sans que l’air pénètre à l’intérieur. Tant que le bord de l’oriüce reste en contact avec l’eau de la cuve, la pression atmosphérique maintient le vase rempli d’eau; mais si, par un nouveau soulèvement, on vient à faire cesser ce contact, l’air rentre dans le vase et le liquide intérieur retombe dans la cuve.

Qu’au lieu d’effectuer ce dernier mouvement, on introduise dans la cuve, sous l’orifice du vase soulevé et rempli d’eau, l’extrémité d’un tube de verre, et qu’on souffle doucement par l’autre extrémité, les bulles d’air qui s’échappent du tube monteront dans l’intérieur du récipient, et déplaceront l’eau que celui-ci renfermait ; le vase pourra ainsi être rempli d’air. Tel est précisément le fait que l’on utilise pour recueillir les gaz.

Soit B un appareil producteur d’un gaz quelconque (fig. 201). Son tube à dégagement mpq a été recourbé de telle manière qu’après s’être abaissé dans la direction pq, il vient s’engager dans une des fentes de la tablette tt' ; plus bas que celle-ci, il est encore recourbé et son extrémité se présente sous un orifice circulaire pratiqué sur le prolongement de la fente. L’appareil étant mis en fonctionnement, il s’établit à son intérieur une pression indiquée par l’élévation du liquide dans le tube de sûreté et, lorsque cette pression est égale à la hauteur de la colonne liquide qui sépare le niveau dans la cuve à eau, de l’orifice du tube de dégagement, le gaz s’échappe, traverse l’eau et se répand dans l’atmosphère. Si on dépose alors sur la tablette et au-dessus du trou par lequel s’opère le dégagement, un récipient E rempli d’eau

MANIPULATION DES GAZ

el reloiuTié, le gaz s’élève dans ce récipient et le remplit peu à peu. En déplaçant le récipient, sans sortir de l’eau son orifice, })uis en le remplaçant par d’autres semblablement garnis d’eau et renversés, on recueille peu à jieu la totalité du gaz Ibrmé.

405. En adaptant sous la tablette une sorte d’entonnoir en forme de calotte sphérique percée au sommet, et en faisant coïncider son ouverture avec celle par laquelle se fait le dégagement, on' facilite beaucoup la disposition de rap|)areil ; l’orifice du tube n’a

plus ljesoin,en eifet, d’être lixé exactement sous le trou de la tablette; il suffit qu’il soit placé sous l’entonnoir, qui est plus large.

Les avantages que l’on trouve à laisser libre la position des appareils sur les tablettes de la cuve à eau, conduit souvent à supprimer dans celle-ci les fentes et les ouvertures. On fait alors usage du têt à (/n:;(lig. '202). Celui-ci est fabriqué le plus souvent en terre cuite. 11 a la forme d’une Fig. !2ü2. — Têt à gaz. calottc sphéi'ique, portant au som- , met une ouverture circulaire et, sur le côté, une fente de 1 centimètre de largeur, s’élevant sur une partie seulement de la hauteur. On dépose sur la tablette le têt à gaz immergé dans l’eau et, par la fente, on introduit à son intérieur l’extrémité recourbée du tube à dégagement : le gaz en s’élevant dans l’eau suit les parois du têt et s’échappe par l’ouverture située au point le plus élevé. Il suffit dès lors de déposer sur le têt les vases retournés et remplis d’eau, jiour recueillir le gaz dégagé. Toutefois, la sortie du liquide du l’écipient devant s’opérer simultanément avec la rentrée du gaz, les ouvertures du têt doivent présenter une largeur suflisante. Il est indispensable jiour rendre facile le changement des récipients, que le niveau de l’eau dans la cuve s’élève de 2 ou 3 centimètres au moins, au-dessus du tôt à gaz.

400. La cuve à eau, par son volume et sa surface considérables, ofl’re toute facilité aux mouvements de l’opérateur. Elle est d’autre

40G. — UEGUEll.LEMENT D’UN GAZ SUD L’EAU.

part peu mobile. Lorsqu’on veut préparer un gaz dans un endroit où elle ne peut être transportée, on la remplace par iin récipient c|uelconque, largement ouvert, rempli d’eau, et sur le fond plat duquel on dépose un têt à gaz. Une terrine ou un cristallisoir de grandes dimensions, conviennent pour cet usage. La principale incommodité résultant de cette substitution porte sur le remplissage par l’eau des vases destinés à recevoir le gaz, lorsque leurs dimensions ne permettent pas de les plonger complètement dans la cuve à eau improvisée. On tourne la difliculté, en y versant de l’eau jusqu’à ce qu’ils soient entièrement remplis, en les fermant avec la paume de la main sans y laisser aucune bulle d’air, en les retournant, en plongeant leur orifice dans l’eau de la cuve, et en retirant enfin la main qui les bouche, sans que cet orifice cesse d’être immergé.

407. Dans la cuve à eau les éprouvettes ou llacons successivement remplis de gaz, peuvent être déposés sur l’une des tablettes, ce qui ne gêne pas pour opérer sur l’autre tablette. En se servant d’une terrine ou d’un cristallisoir, il faut enlever chacun d’eux aussitôt après qu’il a été rempli. Pour cela, on plonge une soucoupe dans l’eau, on applique sur son fond tenu horizontal, l’ouverture de l’éprouvette ou du flacon et on enlève le tout : l’eau restée dans la soucoupe, empêche toute communication entre le gaz et l’atmosphère. La soucoupe peut ensuite être déposée, avec le vase qu’elle supporte, sur un plan horizontal.

L’eau des récipients s’ajoutant constamment à celle placée à l’origine dans la terrine ou le cristallisoir, il est nécessaire d’enlever du liquide de temps en temps.

408. Cuve a mercure. — Une cuve à mercure doit satisfaire à des besoins multiples; elle sert, non seulement à recueillir et à transvaser les gaz, mais aussi à les analyser. Si on ajoute que le mercure est un liquide coûteux dont on clierclie à employer le plus faible volume possible, on voit que la forme de la cuve à mercure ne saurait être indilTérente.

On construit d’ordinaire les cuves à mercure en creusant une pierre de liais à grain lin. Le récipient monolithe ainsi obtenu, présente assez d’épaisseur pour supporter le poids du métal dont la densité est considérable, et être parfaitement étanche. 11 est rectangulaire extérieurement (lig. 203), mais sa forme intérieure est moins simple. Vers le haut, le bain de mercure garnit sur une épaisseur de 4 à 5 centimètres toute la superlicie de la cuve. Plus bas, la pierre taillée horizontalement, forme sur le pourtour une tablette

MANIPULATION DES GAZ

dans laquelle on a creusé quehjues canaux a, b et c, à section carrée de 15 niilliinèti-es de côté, destinés à loger les tubes à dégagement, tandis que les vases à remplir de gaz reposeront sur la tablette. Une cavité plus profonde mn, creusée vers le milieu de la cuve sert au maniement des appareils, au remplissage des vases par le mercure, au transvasement des gaz, etc. ; son fond est taillé on pente alin de faciliter l’extraction du métal lors des nettoyages. En o un trou cylindrique, vertical, de 0'^,0‘iô de diamètre, pénètre jusqu’à 5 ou G centimètres du fond du bloc ; il est destiné à enfoncer dans le mercure lesclocbes étroites et graduées, lors du mesurage des gaz en analyse. Afin de faciliter la lecture des graduations dans la même circonstance, on pratique sur le bord de la cuve, une fente f de G ou 8 centimètres de largeur, qui pénètre un peu au-dessous du niveau du li(|uide, et on la ferme en mastiquant dans une rainure une lame de glace; cette dernière permet à l’œil placé dans le plan du métal, de lire exactement sur le tube gradué la division située dans ce même plan.

La cuve à mercure, en raison de son poids et de celui, plus grand encore, du métal (lu’elle contient, est supportée par un pied en bois très solide et sur un sol parfaitement stable. Pour éviter les |)ertcs de métal, on l’entoure d’ordinaire vers sa base, d’une sorte de collerette en forme de cuvette, sur laquelle on dépose, pendant les opérations, les objets qui entraînent du métal. Il est nécessaire que l’emplacement qu’on lui donne soit bien éclairé, alin de rendre facile la lecture des volumes dans les analyses. Enlin, en laissant la cuve isolée sur son pied au milieu d’un espace libre, on peut en approcher de tous côtés des tables mobiles, sur lesquelles on dispose les divers appareils qu’on doit mettre en relation avec elle.

40!). Quoique, lorsqu’elle ne sert pas, la cuve à mercure soit tenue garnie d’un couvercle en bois, elle se couvre de poussière et d’oxyde. On la débarrasse le plus simplement de ces impuretés au moyen d’un tube en verre de 2 centimètres de diamètre environ, que l’on a coupé suivant la largeur de la cuve et boucbé à scs deux extrémités; en appliquant ce tube contre un des petits côtés de la cuve et en le déplaçant parallèlement à lui-mème vers le côté opposé, il entraîne les matières étrangères qui adhèrent à sa surface; on répète plusieurs fois la même manœuvre, en essuyant le tube, après chacune d’elles, avec du papier à filtrer.

Il arrive que des réactifs liquides sont, dans le courant des opérations,

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