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TUBES SCELLES

lalion de lension des vapeurs émises. Poui- les autres, la compression est produite mécaniquement, en refoulant un gaz dans un espace inextensible. Dans le premier cas, on fait surtout usage de vases clos en verre, et principalement de tubes de verre, fei'més par fusion à la lampe d’émailleur, dits tubes scellés à la lampe.

Après avoir été employés, d’abord par Cagniard de Latour en 1822, puis par Faraday pour la liquéfaction de certains gaz, les tubes scellés ne sont devenus d’un usage général qu’après les applications nombreuses qu’en a faites M. Berlhelot; ils constituent un mode d’expérimentation très précieux. Les vases de verre ordinaires sont, en effet, trop minces pour résister à une pression intérieure un peu élevée; en outre, leurs formes irrégulières entraînent une inégale répartition de l’action mécanique exercée sur leur paroi parle gaz comprimé, et par suite facilitent leur rupture; enfin les bouchons qui les ferment, se trouvent soulevés. Les tubes cylindriques sont au contraire réguliers et supportent également sur toute leur surface, la pression des gaz qu’ils renferment; de plus, comme la résistance qu’ils présentent est en raison inverse du carré de leur laiyon, il est toujours possible de les prendre suflisamment épais et étroits, pour qu’ils supportent des pressions exlrêinement considérables. Quand on les a scellés à la lampe, leur fermeture est hermétique. Ajoutons que, lorsqu’ils se brisent sous l’effort de pressions assez fortes pour qu’ils ne puissent résister, ils se divisent en éclats très petits, à la manière des larmes balaviques, et l’opérateur doit se garantir des actions exercés par les gaz qui se détendent, bien plus encore que de l’action mécanique de leurs débris.

Les tubes scellés s’emploient dans de très nombreuses circonstances : quand il s’agit de chauffer des composés à des températures supérieures à leurs points d’ébullition, de recueillir des gaz formés dans une réaction lente, de faire réagir des gaz ou des vapeurs sous des pressions considérables, etc. On les fait au moyen de tubes en verre, dont le diamètre intérieur dépasse rarement 15 ou 10 millimètres et dont l’épaisseur est d’autant considérable qu’ils doivent résister à une plus forte pression intérieure. Les verres riches en chaux, présentent [)lus de résistance à la rupture (Ds , 8 par millimètre carré) que les verres très siliceux ou très sodiqiies ,0 par millimètre carré et même moins) ; quant au cristal, il est peu résistant et ne doit pas être employé. On leur donne

GAZ UAUÉFIGS OU GüMUKlMÉS.

une longueur dépassant rarement 40 centimètres. Pour les disposer, en se servant de la lampe d’émailleur, on chauiïe lentement un tube de verre à la distance voulue de son extrémité, et on l’étire (§ 170) ; on ramollit de nouveau le verre au sommet du cône étiré et, jiar un mouvement rapide, on détache la section à utiliser: on introduit ensuite toute la partie conique dans la flamme rendue plus large, et on fond le verre qui acquiert en se rétractant une épaisseur suffisante; on laisse enfin refroidir. Si l’on n’a cessé de tourner le tube autour de son axe, il se termine par un cône de verre f, régulier de forme et d’épaisseur (lig. 220). Lorsque la matière à cliauffer esl peu volatile, il suffit de l’introduire dans le tube, et desceller ensuite l’extrémité o. A cet effet, on chaulTe le verre sur une longueur de 3 ou 4 centimètres à partir de l’orifice à sceller, puis on ramollit fortement l’extrémité et, touchant ses bords avec un tube de verre déjà chaud, on accole les deux verres; un mouvement de traction exercé sur le second tube, étire le premier qui a été plus fortement chauffé (§ 171) et le termine par une partie étranglée. Pour que le cône formé soit épais et résistant, il faut que le verre ail été bien ramolli et étiré lentement; il faut aussi que le verre n’ait pas été dévilrifié (§ 1621. Un défaut de régularité dans la forme du cône, un aplatissement local par exemple, entraîne un amoindrissement dans la solidité. Le tube finement étiré qui termine le cône, doit être épais de verre et percé d’un canal capillaire très lin ; s’il est au contraire mince et large, on chauffe de nouveau le sommet du cône jusqu’au ramollissement avancé, puis on étire doucement le verre qui a pris ainsi de l’épaisseur. On termine en coupant la partie étranglée, par un jet dechalumeau, à un ou deux centimètres du sommetdu cône (fig. 220). Quelle que soit la fragilité du tube fin qui subsiste ainsi en e, ce mode de fermeture esl de beaucoup préférable celui qui consiste à opérer en e comme on l’a fait en f; on verra plus loin (§ 462) qu’elle met l’opérateur à l’abri des explosions.

FiG. 2“2t».

Tubes scellés.

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