Sijnonijmes : Gaz ammoniac, alcali volatil
Gaz incolore, à odeur suffocante, découvert par Kunckcl eu 1612.
Densité à 0“ et sous la pression 0“,760 : 0,5895 par rapport à l’air; 8,5 par rapport a l’hydrogène. Poids du litre à 0“ et sous la pression 0“,760 : 0^',7655.
Sotuhililé dans l’eau très considérable : 1270 volumes à — 16“ sous la pression 0'",760 ;
1049,6 volumes à 0“ ; 727,2 volumes à + 15“.
Indice de réfraction: 1,000585.
Chaleur spécifique en poids et sous pression constante : 0,5082.
Liquéfiable en un liquide incolore, très mobile, très dilatable, bouillant à — d5“,7.
580. Par le ciiloriiyor.vte d’ammoniaque et la chaux. — I.’apparcil sc compose d’une cornue en verre peu fusible ou
mieux en grès, de 300 centimèlres cubes environ. Au moyen d’un bouchon percé d’nn trou, on adapte à son col un tube à dégagement recourbé deux fois, puis on la dispose sur un fourneau, en faisant plonger l’extrémité inférieur du tube à dégagement dans une cuve à mercure.
On pulvérise séparément 50 grammes de chlorhydrate d’ammoniaque et 120 grammes de chaux vive, puis on mélange avec soin les deux poudres. On doit opérer le mélange aussi ra])i dément que possible, les deux substances réagissant dès la température ordinaire. On introduit immédiatement la matière dans la cornue qu’on achève de remplir jusqu’à la naissance du col par de la chaux vive grossièrement concassée. On chauffe doucement. La chaux décompose le chlorhydrate d’ammoniaque en formant du chlorure de calcium et du gaz ammoniac;
AzIPGl -pCaO = CaCl HO -(- AzIP.
En réalité, le mélange pulvérulent contenant un excès de chaux. Use produit une combinaison de chaux et de chlorure de calcium, l’oxychlorure de calcium CaTdO ou GaCl,CaO. L’eau formée est arrêtée par la chaux vive qui garnit la partie supérieure de la cornue. Cependant, si on veut avoir du gaz ammoniac sec, il est bon d’interposer entre la cornue et le tube à dégagement, un tube en U contenant de la chaux vive ou mieux de la potasse caustique fondue ; on arrête ainsi d’une manière plus certaine la vapeur d’eau entraînée. Dans le casactuel, le chlorure de calcium desséché ne peut être employé comme agent de dessiccation : il absorbe à froid l’ammoniaque et forme avec elle une combinaison solide, CaCl-(- iAzlP.
Si l’on porte rapidement la cornue à une température élevée, le chlorhydrate d’ammoniaque se volatilise sans se décomposer; il vient se condenser dans le col de la cornue et même dans le tube à dégagement qu’il obstrue. Ce dernier accident pouvant entraîner l’explosion de la cornue, on doit, pour l’éviter, chauffer avec modération.
Le gaz qui se dégage est recueilli sur le mercure à la manière ordinaire (§ 4M). Sa densité étant faible (0,.580), on peut encore le recueillir par déplacement de haut en bas à la façon de l’hydrogène (§ 413).
m AMMONIAQUE.
581. Par la solution d’ammoniaque du commerce. — La solution aqueuse d’ammoniaque, telle que l’industrie la fournit, permet de préparer facilement l’ammoniaque.
On se sert d’un ballon de 5ü0 centimètres cubes, muni d’un bouchon à deux ouvertures : l’une de ces ouvertures porte un tube desûreté droit, effilé à sa partie inférieure et pénétrant jusqu’au fond du ballon; l’autre, recourbé une fois, est relié par un joint do caoutchouc, à un tube en U rempli de chaux vive en fragments et porté sur un support. A la suite du tube en U est un tube à dégagement disposé comme il a été dit (§ 580), soit pour recueillir le gaz sur le mercure, soit pour l’introduire dans des vases renversés, dont il déplace l’air.
Le ballon ayant été installé sur un fourneau, on y verse 250 centimètres cubes de solution d’ammoniaque du commerce, quelques grammes de chaux éteinte et deux ou trois petits IVagments de charbon de bois ou de charbon des cornues à gaz, de la grosseur d’un pois, puis on ferme l’a])pareil et on cliaulTe. La solubilité de l’ammoniaque dans l’eau, diminuant à mesure que la température s’élève, le gaz se dégage peu à peu ; la présence du charbon, corps poreux, a pour but de régulariser ce dégagement. Quant à la chaux éteinte, elle est ajoutée pour s’emparer de l’acide carbonique du carbonate d’ammoniaque qui existe d’ordinaire dans l’ammoniaque du commerce.
La quantité de vapeur d’eau entraînée dans cette jiréparation, étant toujours considérable, la dessiccation du gaz présente quelque difliculté. Si on emploie la chaux, le tube en U doit être choisi assez large et garni de morceaux non mélangés de poudre : la chaux en s’hydratant se gonfle, foisonne^ et détermine jiarfois l’obturation du tube. L’interposition d’un flacon laveur contenant une solution concentrée de potasse, laquelle dissout peu l’ammoniaque, permet d’arrêter la plus grande partie de l’eau entraînée et facilite la dessiccation du gaz.
Ce procédé, peu avantageux lorsqu’il s’agit de produire du gaz sec, convient très liien pour la préparation de la dissolution aqueuse d’ammoniaque pure (§ 587).
58“2. Pau l’acide azotique et l’hydrogène. — Ou prend 5 grammes d’azotate de potasse que l’on dissout dans “20 centimètres cubes d’eau. On mélange cette liqueur dans un petit matras cà fond plat, avec 10 centimètres cubes de lessive de soude causli<iue, on projette dans le liquide quelques fragments de
zinc coupé en lames, puis on chauffe. Le zinc se dissout dans l’alcali caustique en dégageant de l’hydrogène et en formant une combinaison d’oxyde de zinc et de sodium, le zincate de soude, NaZnO^ ou NaO,ZnO :
NaO,lIO -L Zn = NaO,ZnO + IL
Cet hydrogène réduit l’acide azotique de l’azotate de potasse et le change en ammoniaque :
AzIiO«-f8II=AzIP + 6HO.
Ilsuflit de présenter un papier de tournesol rouge, imbibé d’eau, à l’orifice du inatras, pour que ce papier, en bleuissant énergiquement, décèle la formation de l’ammoniaque.